‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 308 sur 326 · om. o D. lwonp (H) ou add. (TSV · texte numérisé non relu

om. o D. lwonp (H) ou add. (TSV

39. avrov (THV) et non tov Incouv (S); — uyux (ISV) et non exyua (H).

LA

est : cils regarderont vers moi qu’ils ont percé ou transpercé », mais il est

très probable que l'hébreu primitif n'avait pas « vers moi » mais-« vers celui que », c’est-à-dire le texte traduit ici par Jo. Il n’a pas tenu compte des LXX : xai èméMboyror nobs uè &v0” Gv xatwpyfoavro (NT « danser » pour MpT « percer »). Donc Jo. a eu recours à l'original, ce que prouve aussi son allusion de Apoc. 1, 7 xal Oberar aûtoy nds dpBakube xal ofrives aûrbv éfexévrnsav. Supposer que Jo. table ici sur une autre traduction grecque de l’hébreu que les Septante, c'est

préférer l’inconnu à la source très connue de l’Apocalypse, peut-être pour ne

pas admettre l'unité d'auteur. Et cette conjecture gratuite ne peut même pas s'appuyer sur une source commune à Jo. et aux traducteurs postérieurs,

puisque Théodotion à xai Ertékébovrer rod uè els Ov PEsxévrnoav, Aquila … obv

Etextyrnoav, Symmaque … Éurooofev èrstexévrnoav. — xxevreiy est la traduction de 3p7 dans les LXX (Jud. 1x, 54, etc.).

__ Le texte de Zacharie est très mystérieux. D’après Van Hoonacker (Comm.,

p. 683) les vv. 10-14 commencent l'exposé des conditions spirituelles du règne

messianique. Un grand crime a été commis; la nation en deuil reconnaîtra sa faute, et se lamentera sur celui qu'ils ont transpercé comme on se lamente sur un fils unique. L’évocation de cette prophétie, au futur dans Zacharie, est d'autant plus saisissante que Jésus à été vraiment transpercé, lui le vrai Fils unique de Dieu. Si le coup de lance est le fait d’un étranger, c’est bien la nation qui est responsable du crime. Jo. appelle seulement l'attention sur ce fait que les Juifs auront pu constater leur œuvre et y reconnaître une de leurs prophéties. Quels ont été leurs sentiments? Il ne le dit pas. Plus tard, à la parousie, ils se frapperont la poitrine (Apoc. 1, 7).

38-49. La séPuLrURE DE Jésus (Me. xv, 42-46; Mt. xxvnr, 57-60; Le. xxim, 50-5#).

Ici Jo. rejoint les synoptiques. Il ajoute la présence de Nicodème, les épices, deux détails sur le lieu; mais il ne dit pas comme Mt. et Mc. que le tombeau, creusé dans le roc, était fermé par une grosse pierre, ni comme Mec. que Pilate eût été étonné de la rapidité de la mort : nous signalerons d’autres menues variations.

38) Joseph est d’Arimathie (Mc, Mt., Le.), mais il n’est pas nommé sénateur (Me., Le.) ni riche (Mt), et s’il est disciple comme les trois l’indiquent en d'autres termes, c’est un disciple caché, parce qu’il craignait les Juifs (propre à Jo.). Ce trait le diminue un peu, mais explique comment il a pu se présenter chez Pilate sans se compromettre, alléguant un motif d'humanité ou de soli-

ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, XIx, 39-40. 503

#8 Après cela, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate d'enlever le corps de Jésus. Et Pilate [le] permit. Il vint donc et enleva son corps. #Nicodème vint aussi, celui qui tout d'abord était venu auprès de lui pendant la nuit, apportant un mélange de myrrhe et d’aloès pesant environ cent livres. Ils prirent donc le corps de Jésus et

darité nationale. Le but dernier de sa demande est bien d’ensevelir Jésus, mais Jo. emploie aïpeiv, comme au v. 31. Loïisy objecte donc que Pilate n'avait pas à permettre qu'on enlevât, puisqu'il l'avait déjà ordonné. — On conçoit cependant très bien que Pilate ait consenti que les corps fussent enlevés, sauf à permettre à telles personnes de le faire, au lieu des soldats. Cette permission ne se refusait pas (cf. Comm. Mc. p. #41). — xadélwy de Mc. et Le. est un terme plus précis pour « descendre un corps de la croix » (cf. outre Comm. Mc. Jos. vin, 29); mais l’idée est la même dans Jo., car aipsiv ne peut signifier autre chose qu’au v. 31.

39) Il semble que Nicodème ne vint qu'après. Il était d'accord avec Joseph, mais le temps pressait; on se partagea les pieux offices. Le rôle de Nicodème fut d'acheter les épices. Jo. rappelle qu’il a déjà parlé de Nicodème, venu de nuit, comme pour expliquer son intervention un peu tardive. Il ne tenait pas à ‘se montrer, maïs enfin il aimait Jésus et voulait à sa manière plus que discrète protester contre le crime du Sanhédrin. — La myrrhe (cf. sur Mt. x, 11) est une résine odoriférante, l’aloès (Cant. rv, 45) est un bois de senteur (A/oexylon Agal- “ochon). On s’est étonné de cette quantité énorme de cent livres; on a répondu qu'aux funérailles de Gamaliel l’ancien on avait brûlé pour 80 livres d'épices (Aboda zara xt, 1) et qu'aux funérailles d'Hérode le Grand cinq cents esclaves portaient des aromates (Jos. Ant. XVII, vu, 3). On pourrait aussi citer les 20 livres et les 50 livres d’encens dépensées dans des funérailles à Ostie (CIE, xiv, 324 et 413). Mais précisément ce sont de gros chiffres, dans”des circonstances exceptionnelles. Comme Jo., toujours modéré, ne peut avoir égalé une inhumation expéditive et presque furtive à de splendides funérailles, on seraït tenté de croire à une erreur de copiste et de remplacer « cent» par un chiffre beaucoup plus modeste que 32 kil. 700 grammes. D'ailleurs on ne saurait -comparer la livre d'huile parfumée très précieuse (xm, 3) à ces aromates du commerce, probablement très mélangés, où les essences de senteur donnaient seulement le bouquet. On sait combien était suspecte l’industrie des pharmacopoles. Ces résines ne servaient pas à oindre le corps sous forme d'huile; on les pilait plutôt en poudre, si elles ne conservaient pas, comme pour l'aloès, la forme de petites büchettes, et on les répandait tout d’abord largement sur la banquette sépulcrale et tout autour, plutôt pour combattre la mauvaise odeur que pour un embaumement véritable. — piyua « mélange » est beaucoup plus simple que ékyua (8 B W) « objets enroulés », leçon difficile à laquelle on donnerait la préférence, s ‘il était possible d'en tirer quelque chose.

40) Le corps de Jésus étant déposé de la Croix, Joseph et Nicodème en prennent définitivement possession (cf. Mt. Aaôwy) et le lient avec des bandelettes

dl 8 , 3 + Qu: Lu 9 ? (A \ oùv Tù copa vo Jnooù nai Ednoav adrd Ooviois pera TüY apuparuy, xabws NW 2 g x € A4 :

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et des aromates, les aromates en poudre étant disposés le long des bandes qui les serraient ensuite sur le corps. — 6févwoy au pluriel comme dans Le. xxiv, 42, pour indiquer un tissu découpé en bandes, ou des bandes fabriquées tout exprès.

Rien ne prouve que d’après Jo. Jésus soit mort après la neuvième heure, moment indiqué par Mc. {xv, 34). Les soins funéraires ont donc pu aisément être rendus avant le coucher du soleil. Ce n'était point un embanmement tel que d'autres le pratiquaient peut-être, — car il n'y a aucune comparaison explicite, — mais une sépulture telle que les Juifs l'avaient en usage. On ne peut donc pas dire que c'était une disposition provisoire, que les femmes auraient compté reprendre d’une facon plus parfaite, et dès lors il semble qu'il y a une antinomie entre les synoptiques, réservant les aromates aux femmes qui interviendront plus tard, et Jo. qui regarde la cérémonie comme terminée. Cependant les deux manières peuvent très bien se combiner en fait. Ou les femmes n’ont rien su des aromates, ce qui se concilie avec Mc., car elles regardent seulement où l’on a mis le corps; ou bien, si elles ont vu comment les choses se sont passées (Mt. et surtout Le.), elles ont voulu apporter leur petite contribution. Il y avait certes assez d’aromates, mais ce n'étaient pas les leurs.

41) Jo. ne dit pas comme Mt. que le tombeau était celui de Joseph, mais comme Mt. qu'il était nouveau, et comme Lc. que personne n'y avait été déposé. Il ajoute ce renseignement précieux que c'était dans un jardin, au lieu même de la crucifixion. Ce jardin ne doit pas faire rêver d'un parc anglais : il y avait là seulement quelques arbres à la manière orientale. Déjà Jo. avait précisé que le lieu de l'arrestation était un jardin. C’est pure fantaisie que de dire avec Loisy ce jardin inventé pour figurer l'Éden spirituel, le véritable jardin de Dieu, où l'Église est née figurativement du côté du nouvel Adam, etc. — A n'est pas si clair dans le texte de Jo. que l'Église soit sortie du côté du Christ; et il ne dit pas que la Croix ait été plantée dans un jardin, mais que, dans ce lieu du crucifiement, peut-être assez étendu, il y avait un jardin.

4?) La proximité du lieu offrait un grand avantage, puisqu'on était très pressé à cause de la préparation des Juifs en vue de ce grand jour du sabbat (ux, 31), qui était en même temps la préparation de la Pâque (xx, 14). On était donc au 14 nisan selon notre manière de compter; le 45 nisan allait commencer avec le coucher du soleil.

Chapitre XX. La Résurrecrion. Jésus est entré dans la gloire de sa résurrection. Il ne se manifeste pas au monde (xiv, 22), mais à ceux qui l'ont aimé, et dont il veut faire ses envoyés auprès du monde. Jo. distingue deux consta-

y avai ‘un ja lin au li

it été crucifié, et dans le jardin un tombeau neuf, où pe sonn

n ait encore été mis. # C’est donc là, à cause de la préparation es Juifs, le tombeau étant proche, qu’ils mirent Jésus. k

ions : le tombeau est trouvé vide par Pierre et Jean sur l'indication donnée par Marie-Magdeleine (1-10); puis Jésus se montre à Magdeleine (14-18) nsuite aux disciples (19-23), auxquels il apparaît de nouveau spécialemén faveur de Thomas (24-29). Enfin vient une première conclusion de l'évangi (30-31) que nous croyons avoir été déplacée. NUAGE Dans la première édition de son commentaire, M. Loisy n’avait vu dans ces its aucune raison de distinguer deux auteurs. À la suite de Wellhausen, 1 distingue maintenant le premier auteur, qui n’admettait qu'une immortalité pirituelle, et un rédacteur qui enseigne la résurrection matérielle de la chair Les indices de ce découpage sont trop ténus et insuffisants pour qu'il y ai intérêt à les discuter tous : nous noterons les principaux; ils ne semblent pa: sauf peut-être en ce qui regarde le lieu des deu:

avoir impressionné Bauer, premiers épisodes.

| Nous aurons à noter le contact avec les synoptiques.

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