nôn «vroy (TH) et non «. n. (SV
cève par excellence (Mc. xv, 42), c'est-à-dire « le vendredi » comme précédant le sabbat, car le génitif du v. 44 est remplacé équivalemment non seulement par ëv r® oa66étw, mais aussi par l'indication de la fête. — Les Juifs vont donc trouver Pilate, comme cela va sans dire, car il n’y a aucune raison de supposer
Pilate au pied de la Croix; Jo. ne le dit pas, et cela serait invraisemblable :
le premier magistrat aurait dérogé en assistant à une simple exécution. Comme on ne pouvait ensevelir les suppliciés vivants, il fallait en finir : le moyen indiqué est de leur rompre les jambes. Le crurifragium était, il est vrai, un suppiice particulier, pour les esclaves et les déserteurs (nombreux exemples dans le Thesaurus v° crus). Mais si l’on disait par manière de proverbe : perire eum non posse, nisi ei crura fracta essent (Cic. 43° Philippique 27), c'était donc un moyen assez employé d'achever ceux qui ne périssaient pas assez vite. — ueivn est au singulier parce qu'il se rapporte au neutre owuata, les cadavres ; tandis que ceux dont on brisera les jambes sont encore des personnes; &p0üou suivra naturellement aussi au pluriel, tandis que Apoc. 1, 19 ne peut être excusé de solécisme. — xateéywotv, régulier, aor. 2 passif de xaréyv.
32) Les soldats qui viennent sont plus probablement envoyés par Pilate, les premiers ne devant pas quitter leur poste. Ils arrivent munis des instruments. nécessaires qui ne faisaient pas défaut, ou ils les font porter. Ils commencent par celui des suppliciés qui se trouvait le plus proche; on ne voit pas pourquoi ils ont d’abord passé Jésus qui se trouvait entre deux : peut-être Jo. a-t-il choisi la manière la plus courte de raconter, ou bien telle disposition locale que ne savons pas a pu les influencer.
33) Venus auprès de Jésus. — ëkôovres est peut-être dans un sens un peu différent de %A@av (32); sûrement Mt. aurait mis reooXÜôvre, mais Jo. n’a employé ce verbe qu'une fois (xu, 21). — Jésus étant mort, il n'y avait pas à
lui donner le coup de grâce; c’eût été prendre une peine inutile, sans parler d’un certain respect de la mort, et enfin ce n'était pas la consigne. L'exécution est terminée, et on le constate officiellement.
34) Cependant l’acte du soldat ne peut s'expliquer que par son désir de constater, à tout hasard, si vraiment Jésus est mort, sauf à l’achever s’il ne l'était pas. Mais c’est là un acte individuel, on dirait presque une fantaisie, un instinct auquel cède le soldat, et par là cet acte a déjà quelque chose d'inattendu et de mystérieux; il n'a pas en lui-même sa raison d'être. — vissw signifie piquer, d'où frapper ou percer. Ce verbe pourrait s'entendre d'une
un grand jour que ce sabbat, demandèrent à Pilate qu’on leur rompit les jambes et qu’on les enlevät. ? Les soldats vinrent donc, et ils rompirent les jambes du premier puis de l’autre qui avait été crucifié avec lui, # mais venant à Jésus, comme ils virent qu'il était déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes, # mais un des soldats lui piqua Le côté de sa lance, et aussitôt il sortit du sang et de l’eau.
piqûre légère, comme dans la touchante histoire de Cléomène et de Pantée, où Pantée pique le talon de son chef, pour voir s’il était mort, mais sans avoir le courage de l’achever (PLur. Vita Cleom. xxxvu, cité par Field). Mais ici la délicatesse du sentiment est exclue, et le résultat prouve que le coup a été fortement porté. Il n’est pas dit si c'est le flanc droit ou le flanc gauche, mais l’action n'avait tout son sens que si le soldat visait le cœur, où la blessure est plus sûrement mortelle. Adÿyn étant ici distinguée de 6scés (29) doit être une véritable lance, et non un javelot. De l'instrument est venu le nom de Longin, ce qui prouve bien qu'on ne savait pas le vrai nom du soldat, mais non pas que lui-même n'ait pas existé.
L'eau et le sang. Celse s’en moquait, et demandait si l’on attribuait par là à Jésus ce liquide divin qui sert de sang aux dieux d’après Homère (11. V, 340). Origène (c. Cels. IT, 36) répondait qu’il savait bien que des cadavres il ne sort ni sang, ni eau, mais que le fait de Jésus était miraculeux. Jo. le savait aussi, et c’est pourquoi il a tant insisté sur un témoignage oculaire. Nous n'’essaierons donc pas de fournir une explication physiologique plus ou moins approchée. Mais précisément parce qu'il regarde le fait comme miraculeux et qu'il en afteste la réalité, on n’a pas le droit de dire qu’il n’a qu’une valeur symbolique. C’est la réalité qui importe avant tout, comme base du symbole, quoique le symbole, s'il y en a un, confère une singulière valeur. IL n’est d’ailleurs pas aisé de définir ce symbole, et les Pères ont proposé de nombreuses explications. Il semble que, d’après Jo. lui-même, le sang du Christ est un instrument de propitiation (I Jo. 1, 7; Apoc. vu, 14) : lorsque le sang coule, la rédemption est consommée. Mais de plus, Jésus est celui qui vient par l'eau et par le sang (I Jo. v, 6), l’eau a donc aussi un sens profond Ce doit être l’eau du baptême, dans lequel est appliquée la rédemption. Aug. uf ülic quodammodo vitae ostium panderetur, unde Sacramenta Ecclesiae manarunt… Ille sanquis in remissionem fusus est peccatorum : aqua illa salutare temperat poculum ; haec et lavacrum praestat, et potum. L'eau et le sang sont donc unis comme deux agents de purification, ainsi que le disait Apollinaire d'Hiérapolis ô tas x zûç mhevpds adroë Tà vo né zaldpota, Bdop nai aise, Adyor xaÙ rvebpa (cité par Holtz., etc). Mais le sang pouvait signifier aussi l'Eucharistie (Chrys. Icho‘dad, ete.). Des sacrements de l’Église, Aug. passe à l'Église elle-même, sortie du flanc de celui qui a incliné la tête comme pour dormir, ainsi qu'Eve est sortie du flanc d'Adam endormi (Gen. ", 21). Ce symbole indiqué aussi par Cyrille de Jérusalem, Chrysostome, etc., a été enregistré par le concile de Vienne, lorsqu'il définit contre Pierre Jean Oliva que le coup de lance fut donné après la mort (Denz. 480). La dévotion au Sacré Cœur de Jésus n'est
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jamais plus touchante que lorsqu'elle évoque cette blessure du Cœur qui nous a tant aimés : quid vulnere isto salubrius (Aug.)? à On ne saurait passer sous silence l'opinion de M. Tillmann. Supposant que 5 Je coup de lance porté de droite à gauche a traversé le cœur, il ne regarde pas eomme invraisemblable qu'il en soit sorti un mélange d'eau et de sang. Jo.ne dit pas qu'ils soient sortis séparés, et ne prétend pas alléguer un miracle. Ina pas non plus en vue un symbole, son but étant de combattre le docétisme par cette preuve évidente de la mort de Jésus. :
= 35) Un premier point généralement reconnu, et qui ne souffre aucune difficulté, c'est que le témoin oculaire est le disciple aimé du v. 26. Il était le seul disciple auprès de la Croix, le seul qui ait pu rendre témoignage pour ses frères, de sorte que l'intention de l'auteur n'est pas douteuse. Mais entendaitl se désigner lui-même? On l'a toujours cru, et cela est incontestablement appuyé à:
sur le présent Aéye. Il n'a pas cessé de rendre témoignage, peuaprionxev, et
: maintenant il dit. On objecte que ëxeivos, sujet de Aéye:, ne peut être l'auteur, qui ne parlerait pas de lui à la troisième personne. Mais il était courant qu’ RE auteur parlât à la troisième personne; chez les Juifs on admettait sans hésite que c'était le cas de Moïse, ce fut le cas de Josèphe; et l’on trouve cette tournure avec êretvos dans Jo. (x, 37). — On fait une autre objection. Le témoin étant le même que l’auteur, il se rendrait témoignage à lui-même; or, dans ce cas le } témoignage n'a pas de valeur (v, 31; vin, 13); Jo. ne pouvait l'avoir oublié. pe: Aussi nous pensons qu'il a recours au témoignage de Celui que tous ses frères … reconnaissent comme leur Seigneur. Il ne faut que lire I Jo. nr, 6; 11, 3.3.7.16; 1, 17 pour reconnaître qu'ici éxeivos s'entend de Jésus (Zan, Till., Bauer). Je. ne sais si on a rapproché de ce fait l'usage des disciples de Pythagore qui ne Jui donnaient pas son nom mais le désignaient durant sa vie comme Geïos, après E sa mort sous le nom d'éxeivos (Jamblique, vit. Pyth. 255, cité par Delatte, La vie de Pythagore, etc., p. 252). Le témoin est donc l'écrivain, qui prend Jésus à N : témoin que son témoignage est véridique, &Anrv. =. UR — Loisy prétend entendre ce mot au sens « johannique », ou mystique, de 2% facon que le témoignage porterait à la fois sur le fait et sur sou symbole. Il y a Hà une confusion. &Anû@rvés en effet dans Jo. ne signifie pas vrai, ou véritable au sens matériel, mais vraiment digne de ce nom, dans toute la force du terme, ee qui peut aboutir à un sens mystique, comme : « Je suis la vraie vigne. » ee. Mais un témoignage vraiment digne de ce nom est ur témoignage véridique. Iei 7. EX ” ke sens « véridique » est exigé ratione materiae. À supposer que Jo. attache une % grande importance au symbole, il n’en faut pas moins que le fait soit vrai : on ni ne.rend pas témoignage à un symbole, mais au fait dont il sera dégagé. Ici le fait est l'émission d'eau et de sang prouvant la mort. Jo. ne paraît pas s'adresser
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? 14e : 28 ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, XIX, 36-37. 501
% Et celui qui a vu a rendu témoignage — et son témoignage est véridique, et Celui-là sait qu'il dit la vérité — afin que vous croyiez. % Car ces choses sont arrivées afin que cette parole de l'Écriture soit accomplie : « Aucun de ses os ne sera brisé. » 37Et une autre écriture encore dit : « [ls verront celui qu’ils ont transpercé. »
à des infidèles, mais à des personnes qui font partie de son groupe (bues). On : pourrait donc estimer que le témoignage a pour but de les amener à croire ce
point particulier, qui n'avait pas été raconté par les synoptiques, ou de défendre
leur foi menacée sur un point particulier. Mais comme riotsnte n'a pas de
régime, il faut l'entendre de la foi en général, c’est-à-dire d’une foi plus par-
faite; d'autant que Jo. va montrer que le fait lui-même n'était que la réalisation
de deux prophéties; Jésus était donc le véritable agneau pascal, l’envoyé de
Dieu, celui vers qui convergeait l'Écriture, celui en qui il faut croire.
Inutile d'insister sur les scrupules critiques (Wellh., Loisy) de ceux qui attribuent les versets 34, 35 et 37 à un rédacteur. La prétendue incohérence, le prétendu embarras des phrases ne sont point des arguments, quand la marque johannique est si évidente (même Bauer). Et alors il faut voir ici un argument décisif prouvant que l’auteur de l’évangile se donne comme le disciple bien-aimé, argument qui tient, quel que soit le sens donné à ëxeivos. Ceux qui, comme Bauer disent que ëxeïvos est le Christ n’ont même aucun prétexle pour le nier.
36) Chacun des deux faits signalés : la préservation des os et le coup de lance étaient prédits. — yés indique que ces prédictions étaient un motif de croire, donc d'une foi générale, et non pas à un fait particulier, car l’ordre naturel est de l’admettre comme réel avant de le mettre en relation avec une prophétie, — 1H était aussi dans l’ordre de raconter d’abord les faits, parfaitement enchaiînés, avant de passer aux prophéties qui ne l'étaient pas entre elles. — La première est relative à l'agneau pascal. Dans les deux textes du Pentateuque (Ex. x, 46; Num. 1x, 42) le verbe est à l’actif (ouvroibere, ouvroibouotv). IL était impossible de conserver la seconde personne, et la troisième qui ne se serait plus appliquée ici aux Israélites était avantageusement remplacée par le passif lequel n’appelait pas l'attention sur les acteurs. Il est donc inutile de supposer une influence du ps. xxx, 21 pour expliquer ouvrptédoëtu, d'autant qu’il ne parle pas de l’agneau pascal mais des justes. — Jo. ne pouvait regarder la législation mosaïque comme une prophétie directement messianique : l’accomplissement se fait donc au sens spirituel, parce que Jésus était le véritable agneau immolé (Apoc. v, 6,12, etc.) pour le salut de son peuple (cf. I Cor. v, 7). Mais l'énergie avec laquelle il a produit son témoignage sur le fait ne permet pas de croire qu'il ait déplacé le jour pour obtenir un symbolisme plus parfait, — Schanz développe ce symbolisme dans ce sens que l'Église, corps du Christ, ne doit pas non plus être divisée; mais il concède que les Pères n’en ont rien dit.
31) L'expression étéca ypapn Aéyer, tout à fait comme SN MIN 21n21 dans Mek. sur xiv, 3.26* (Schlatter). Le texte est Zach. x1r, 10. L'hébreu massorétique
38 Merà d radra mpornoey Toy IlLAGrov ’luche àro ’Apryafaias, y nafnrhs Toù ‘Incoë xexpuupévos è dix Toy g6Boy rüv ’loudatuv, vx dpn rd cou vou ‘Inooÿ” mad émérpeber © Ilküroc. hûey oùy xaù ApEY Td côux adroë. HA0ev dE vai Nuxodnpoc, 8 EAGwv Tods abrèv vuxtès vd TpÔTOY, pÉpWY HYIX GHLUPYNS noi &Abne de hfrpas Exarov. MEdafoy