om. ye p. mevrot (THV) et non add. (S
1-2. PREMIER SIGNE : LA PIERRE ENLEVÉE ET LE TOMBEAU VIDE (Mc. xvi, 4-8; Mt. xxvr, 1-10; Le. xxiv, 1-10). Magdeleine voit que la pierre a été enlevée. Elle ne pense pas pour cela à la résurrection : mais sa sensibilité s'inquiète; elle va en référer à Pierre. Ce premier épisode est raconté d’une facon plus que succincte, supposant la connaissance des synoptiques, tandis que de 3 à 40 Jo. racontera en témoin oculaire.
1) Mc. nomme trois femmes, Mt. deux, Le. trois, mais tous trois nomment parmi elles Marie la Magdaléène. Jo. ne retient que cette dernière, à cause de l'apparition qu'il aura à raconter. Les autres ne sont pas exclues de la réalité, il les suppose même au v. 2, mais enfin elles ne figurent pas au récit, dont l’économie pouvait se contenter d’une seule figure. Le jour est le même que dans les synoptiques, avec la même formule juive que dans Le. xxiv, 1. Quant à lPheure, Jo. est d'accord avec Le. 0p0pou Baléuc, mais il est difficile de le concilier avec Mc. qui fait arriver les femmes au moment où le soleil venait de se lever. Il est clair que dans Mc. les femmes sont retardées par l’achat des aromates. On peut donc supposer que Magdeleïine laissant ce soin aux autres est venue seule et de beaucoup la première auprès du sépulcre. Peut-être avait-elle préparé des aromates dès le vendredi soir, Ce que Le. a pu généraliser, tandis que Me. généralisait l'achat des aromates le dimanche malin. — Magdeleine s'aperçoit que la pierre est enlevée : mais Jo. n'avait pas parlé de cette pierre; il suppose donc bien connu le récit des premiers évangélistes. Il est vrai qu’il n'emploie pas érowliw comme les trois synoptiques,
—Thais alpw, conformément à ce qu'il a dit du tombeau de Lazare (x1, 39); mais il est peu vraisemblable qu'il ait voulu indiquer une autre disposition par ce terme vague, qu'il va employer aussi de l'enlèvement du corps (2). On ne Saurait en conclure que x1, 39 doit s'entendre de « rouler ».
1 Le premier jour de la semaine, Marie Magdeleine vient de bonne heure quand il faisait encore nuit vers le tombeau, et voit la pierre enlevée du tombeau. ? Elle se met donc à courir et vient auprès de Simon-Pierre et auprès de l'autre disciple que Jésus aimait et leur dit : « On a enlevé le Seigneur du tombeau, et nous ne savons où on l’a mis. »
3Pierre sortit donc et aussi l’autre disciple, et ils venaient au tombeau. #Or tous deux couraient ensemble, et l'autre disciple courut plus vite que Pierre, et il vint le premier au tombeau, ? et
2) Dans la perspective de Mec., les femmes voient le jeune homme qui annonce la résurrection sans avoir eu le temps de constater que le tombeau est vide; mais Le. a eu soin de mentionner deux temps. C'est aussi ce que suppose Jo. Marie-Magdeleine est-elle entrée aussitôt, ou a-t-elle attendu les autres femmes? On ne saurait le dire; mais du moins elles ont constaté ‘ensemble que le corps n'était plus là. Jo. qui n’a pas d’abord signalé leur présence la suppose maintenant, sans se demander si le lecteur ne le chicanera pas sur cette extrême concision. ;
Aussitôt, sans rien attendre, Magdeleine prend sa course et son imagination ne lui suggère aucune solution que la plus naturelle : on a enlevé le Seigneur; et nous ne Savons pas, c’est-à-dire sans doute nous autres femmes, où on l'a mis. Elle tint ce discours rapide à Pierre et à l’autre disciple que Jésus aimait. Et l’on ne sait pas encore si elle les trouva réunis ou.si elle les chercha séparément, car Aéyet adrois pourrait s'entendre de deux paroles successives. Pierre, malgré son reniement, que peut-être aussi Marie ne connaissait pas, n’était pas moins demeuré pour tous le chef des disciples, el l'autre disciple était naguère auprès de la Croix avec elle. — On voit ici que Jo. suppose d'autres femmes, et le tombeau trouvé vide, comme dans les synoptiques, mais non pas les apparitions angéliques. IL faut nécessairement supposer que l’ange de Mt. est demeuré invisible après avoir roulé la pierre, jusqu’au moment où il apparut aux femmes après le départ de Magdeleine.
9-40. PIERRE ET L'AUTRE DISCIPLE TROUVENT LE TOMBEAU VIDE (cf. Le, xx, 42).
Le verset de Le. n’est omis que par D et quelques latins. Nous le croyons authentique et relatif au même fait, quoiqu'il ne nomme que Pierre. Jo. qui n'est autre que le disciple bien-aimé y a repris sa place, sous son voile accoutumé, et a donné les détails conservés dans sa mémoire. Ma.
3) Les deux disciples montreront un tel empressement qu'on dirait bien qu'ils ne se seraient pas attendus si Marie ne les avait trouvés ensemble.
4) Si Jean arrive le premier, c’est sans doute qu'à la course les plus jeunes ont l'avantage. Il n'aurait pas voulu insinuer de la sorte que Pierre y mit peu de diligence : c'est ce dernier qui est « sorti » le premier comme le plus digne.
5) rapaxrtw, employé par Le. qui suppose la pierre roulée ne prouve pas que Jean se soit penché sur un caveau en forme de puits; dans ce cas Pierre n'aurait pu «entrer ». IL se penche parce que la porte est toujours beaucoup
508 ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, xx, 6-9.
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plus basse que la chambre funéraire, et qu’il faut s’incliner pour passer la tête à travers cette porte. Cela suffisait pour jeter un coup d'œil rapide (Bkëra) mais sûr.
Sa légitime curiosité satisfaite, Jean laisse à Pierre le soin de décider ce qu'il faut faire; peut-être s’efface-t-il pour le laisser entrer le premier; peut-être se demande-t-il s’il faut entrer.
6 s.) Pierre qui suivait de près entre résolument, et voit plus à loisir (Bewpei) d’une part les bandelettes demeurées comme elles étaient, vides du corps, mais non point enroulées, d'autre part le mouchoir placé sur la tête (en latin sudarium ou ricinium) plié séparément; évrukosw dans un papyrus
magique de Londres (121, 1. 826, nr s. ap. J.-C.); évruAlooëwy tà o5A(Xa) ëv goudaoiw xevé (xa:vG), signifie comme d'ordinaire et dans Le. xxur, 52; Mt. xxvur, 59 : « envelopper dans ». Dans Jo. il ne peut signifier que « enroulé ». — La noue des linges était révélatrice, aussi Le. l'a mentionnée; elle prouvait qu’on n'avait pas enlevé le corps, qu’on eût pris tel qu'il était. Quant à la distinction du suaire et des bandelettes, elle prouve seulement avec quel soin Pierre examina toute chose, et, par contre-coup la précision du témoignage de Jean.
8) L'autre disciple entra à son tour, il vit cette disposition qui excluait un enlèvement, et il crut, non pas à ce qu'avait dit Magdeleine (Aug.) puisqu'il vient de le constater, mais à la résurrection. Il ne parle pas de Pierre, et le texte de Le. semble bien exclure une foi complète (Till.). Le disciple parle pour lui, il sait ce qui s’est passé dans son cœur; il ne dit pas ce qui pouvait être voilé par l'attitude de Pierre, admirative et réfléchie. I1 était très grave pour Pierre de se prononcer, et peut-être Jean garda-t-il aussi pour lui sort impression.
9) Wellhausen (p. 92) voit ici un remaniement, le yée élant inexplicable : on ne peut dire de quelqu'un qu’il n’a pas cru parce qu'il ne savait pas. Mais Loisy explique très bien un texte d’ailleurs trop concis. Si les deux disciples avaient compris les Écritures, Jean aurait cru sans avoir besoin de constater, tandis qu'il vient de nous dire que Sa foi est née ensuite de sa constatation. Ce ne sont donc pas les anciens textes qui ont fait naître Ja foi en la résurrection, mais les faits. Jo. l'avoue sans artifice, et Comme une ignorance regrettable : ensuite, une fois éclairés, ils citeront l'Ancien Tes-
en se penchant il voit les bandelettes gisantes; cependant il n’entra pas. (Simon-Pierre arrive donc aussi à sa suite, et il entra dans le tombeau; et il aperçoit les bandelettes gisantes, 7et le suaire qui était sur sa tête, non pas gisant avec les bandelettes, mais roulé séparément dans un endroit. 8 Alors donc l’autre disciple entra aussi, lui qui était venu le premier au tombeau, et il vit et il -crut; °car ils ne comprenaient pas encore par l’Écriture qu'il devait ressusciter des morts. !° Les disciples retournèrent donc chez eux.
#1 Or Marie se tenait près du tombeau, au dehors, pleurant. Tout en pleurant elle se pencha dans le tombeau, ‘et elle aperçoit deux anges assis, vêtus de blanc, l’un vers la tête et l’autre vers Les pieds,
tament : alors il ne fut pour rien dans leur conviction. Les allusions du Sauveur lui-même à sa résurrection (n, 22; xvi, 16 s.) n'avaient pas créé en eux une espérance ferme : Et ideo quando id ab ipso Domino audiecbant, quamvis apertissime diceretur, consuetudine audiendi ab illo parabolas, non intelligebant, et aliquid aliud eum significare credebant (Aug.).
10) On ne voit pas s’ils rentrent au même logis : cf. Jos. Anf. VIE, 1, 6 robe abrobs… äxfecav : chacun s’en fut chez soi. De toute façon le champ est libre pour Marie-Magdeleine. Les disciples avaient leurs raisons, et sûrement . leur cœur demeurait profondément impressionné, mais enfin, comme dit 5. Grégoire (Hom. 25), etium discipulis recedentibus, non recedebat, et c'est pourquoi, encore que moins éclairée qu'eux, elle a vu Jésus la première.
11-18. AppanirIoN A Marie-MaGDeLeINE (Mc. xvi, 9; cf. Mt. xxvin, 9 s.).
Nous avons rapproché du récit de Jo. l'apparition de Jésus aux saintes femmes dans Mt. (cf. Comm.). La tradition sur l'apparition de Jésus d’abord à Magdeleine est consignée dans la finale de Mec. (xvi, 9) que quelques-uns disent dépendre de Jo.
11) La présence de Magdeleine n'est pas rattachée à l'épisode précédent, et on pourrait naturellement la souder au v. 1. Mais ce n’est vraiment pas une raison pour regarder 1b-10 comme ajouté par un rédacteur (Wellh.). Loisy (p. 501) : « Le lecteur est obligé de supposer qu'elle est revenue après les disciples et qu’elle reste auprès du tombeau quand ils se sont retirés ». — Sans doute, et il n'y a aucun inconvénient; cela est même suggéré par le plus-que-parfait eiorixec. Elle pleurait, parce qu’elle se figurait qu'on avait enlevé son maître, et parce qu'elle l’aimait, et qu’elle était femme : mepirabèc nos to yuvauxeioy yévos (Chrys.). Les disciples partis sans rien lui dire, ou seulement des paroles vagues, tout en pleurant elle se penche à son tour pour regarder dans le tombeau.
12) Deux anges sont aussi mentionnés dans Le. (xxiv, 4) comme deux hommes vêtus d’une manière à éblouir. Dans Jo. leur place est indiquée. On avait dû noter la place de la tête de Jésus : d’ailleurs s’il reposait sur un lit de pierre, la place de la tête était peut-être marquée par un appui ménagé en relief
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