paptau (TH) et non papra (SV
dans le roc, comme on le voit par exemple dans les tombeaux près de l'église de Saint-Étienne.
13) Les anges sont beaux dans leur tunique blanche, leur parole est compatissante et douce : Marie, toute à sa douleur, ne les regarde même pas; elle n’a qu'une pensée et redit la même parole. Que sont ces hommes auprès de son Seigneur, qu'elle a perdu deux fois! — oi au lieu de oïdœuey (2), parce qu’elle est interrogée personnellement.
14) Ayant constaté à son tour que le tombeau était vide, ne reconnaissant pas dans ceux qui lui parlent des messagers célestes, Marie ne songe plus qu'à chercher ailleurs et naturellement se retourne ; c’est alors qu'elle voit Jésus sans le reconnaître. Le ressuscité est soustrait aux conditions ordinaires de la vie; il se fait reconnaître quand il veut; cf. Le. XXIV, 16; Me. xvr, 12; Jo. xxr. Chrysostome à eu cette pensée délicate que Jésus n'avait pas voulu lui causer un saisissement trop violent.
15) Jésus dit comme les anges : « Pourquoi pleures-tu? » Mais, comme s’il voulait doucement la préparer, il ajoute : « Qui cherches-tu? »
Rien n'indique que Jésus ait pris l’attirail d’un jardinier : mais, dans un jardin, c’est le gardien de ce jardin qu’on s’attend tout d’abord à rencontrer. D'ailleurs c’est à peine si elle le regarde; sa pensée est aïlleurs, tellement avec Jésus qu’elle ne le nomme même pas : pouvait-elle songer à un autre? Et parce que l'amour ne calcule pas l'effort, elle offre de l'emporter. Qu'on le lui rende seulement!
— Pour fasrétw d’un corps qu’on emporte, cf. Jos. Ant. VIL, xt, 7; Baoréous D" Eneilev Ô QUE aat xoulogs elç tt ywpiov arwrétw Ts 6008 x,.7.1. Marie n'incrimine pas la conduite du gardien du jardin : si ce corps le génait, soit, elle le portera ailleurs, encore plus loin, il ne lui échappera plus.
16) Il suffit à Jésus de dire « Marie » d’une certaine manière pour se faire
réeonnaître. C'est ainsi qu'il parle au cœur. — Marie se retourne pour la seconde fois, ce qui est étonnant. Il faut donc supposer que ses regards se sont portés de nouveau vers le sépulcre.… Ou peut-être Jo. a-t-il voulu faire
entendre que, peu attentive jusqu'alors à la personne du jardinier, elle se
où avait été déposé le corps de Jésus. Et ceux-ci lui disent :
«Femme, pourquoi pleures-tu? » Elle leur dit : « Parce qu’on a pris mon Seigneur, et je ne sais où on l’a mis. » Ayant dit ces mots, elle se tourna de l’autre côté, et elle aperçoit Jésus qui se tenait là, et elle ne savait pas que c'était Jésus. # Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu? » Elle, pensant que c'était
le gardien du jardin, lui dit : « Seigneur, si tu l’as emporté, dis-moi
où tu l’as mis, et j'irai le prendre. » 16Jésus lui dit : « Mariam! » Elle s'étant tournée lui dit en hébreu : « Rabbouni! » ce qui signifie Maître. !7Jésus lui dit : « Ne me touche pas, car je ne suis pas
tourne vers lui de tout son être : nisi quia tunc conversa corpore, quod non erat, putavit, nunc corde conversa, quod erat agnovit (Aug.)? Mariam est la forme hébraïque, qu’il n’était pas nécessaire de signaler. Quoique Jo. ait rendu Rabbouni par ddéaxaks comme Rabbi (1, 39), puisqu'il a employé Rabbi huit fois et Rabbouni cette fois seulement (cf. Mc. x, 51), il a sûrement eu le sentiment d’une nuance importante; Ribboni, plus solennel, est très souvent usité quand on s’adresse à Dieu, ce qui est très rare pour Rabbi (Schlatter).
L'appel de Jésus est familier; Marie n'y répond aussi que par un mot, mais qui marque un grand respect en même temps que son attachement à son bon Maître. — Nous lisons Magiéu avec NBLGH (ajoutez W), 1.33 sah. boh., ce qui n'empêche pas de lire Mapis quand c’est Jo. qui parle. Le nom hébreu, qui est celui qu’employait Jésus, a par là même une saveur très douce.
17) La difficulté de ce v. est célèbre. Nous regardons comme hors de doute que l'impér. présent ph ärtov signifie que Marie a déjà touché Jésus (cf. sur
3 x, 6); le mouvement le plus naturel en disant « bon Maïître » était de se jeter
à ses pieds ou à ses genoux, de s'emparer de ses pieds pour les baiser; cf. &xreoôar yobvwv dans Homère (Od. 1, 512 etc.). IL n’y a donc aucune difficulté à reconnaître ici la scène de Mi. xxvin, 9 $., sauf le pluriel de Mt. qui n’a pas distingué avec le même soin que Jo. le rôle particulier de Marie-Magdeleine. Mais ce point acquis, comment entendre Jo.? S'il n'y avait que la première partie du v. on dirait : ou bien 1) tu as Le temps, puisque je ne suis pas encore remonté vers mon Père; ou bien 2) c’est seulement après ce retour que tu pourras auprès du Père me rendre ainsi tes hommages. Mais comment concilier cette première partie avec ce qui suit? Si « monter » est une allusion à l’'Ascension qui doit avoir lieu d’après les Actes (1, 3) quarante jours plus tard, et quand bien même elle devrait avoir lieu le lendemain, pourquoi Marie est-elle chargée d'annoncer cette Ascension aux frères que Jésus doit visiter le soir même? Ce qu’elle doit annoncer, comme dans Le. XxIV, 7 c'est qu'il est ressuscité, ou comme dans Mc. et Mt. qu'il les attend à tel endroit. Comme aucun endroit n’est indiqué, il faut donc que « monter » s’entende de la résurrection, mais alors comment Jésus dit-il qu'il n'est pas encore monté? — Au premier abord la solution de Bauer paraît très littérale et moulée sur Le texte :
x on
àdehoobc pou rai eirè œbroïc "Avafatro Tpès Tov TATÉpa OU xal TATÉpE duGy nat Oesv pou wal Deby bpüv. 18 £oyerar Mapa à Maydaknvi
EAU È > r = 3 , î &yyéKhovoa rois pabnraïs où Ewpanx Toy xbprov, nai Tabra eirey air.
19O ons oùv dblas Th 'huéon éxeln Th qua caffaruv, rai Tüv Ovpüv |
aenherouévoy brcu foav of pabnrai dix rèv poBov roy ‘Toudriwv, FABev à
18. ponte (SV) plutôt que papa (TH); — ewpaxa (TH) et non cwpaxs” (SY).
Jésus n’est pas encore monté, mais il va monter, et redescendra pour donner aux Apôtres l'Esprit-Saint qu'il va aller chercher auprès du Père. Mais est-ce une raison pour que Marie ne le touche pas? Craint-il de n’avoir pas le temps de faire le voyage? Et surtout Jo. a-t-il pu concevoir que le retour de Jésus le soir même serait définitif? Ce serait une manière singulière de nier l’Ascension et le second avènement du Sauveur. Les chrétiens avaient le sentiment, et même l'évidence, que le Christ n'était plus corporellement parmi eux. Monter vers le Père ne peut signifier monter, et descendre d'auprès du Père pour revoir les disciples. — Schanz, Zahn, Tillm. West. ont très bien conçu le sens général. Désormais le temps n’est plus au commerce familier d'autrefois : Jésus est entré dans une vie spirituelle qui n’est plus la reprise des anciens rapports, mais plutôt une préparation à la séparation définitive. Cette vie nouvelle n'empêche pas qu’on touche le ressuscité, mais ne permet pas qu'on s’y attarde. Marie ne l'a pas compris, et il importe que les disciples en soient informés même avant de le voir. Seulement comment faire sortir cette idée du texte? Les auteurs cités coupent le v. en deux, comme si la première partie avait un sens complet. Westcott en conclut même à une sorte d’ascension progressive, qui n’a aucun appui dans le texte. Avec cette coupure nous ne pouvons sortir du dilemme posé. au début. Nous admettons donc qu’il n'y a qu'une phrase, avec une opposition (indiquée par les temps) entre dvaGéénxa et àvaéaivw : on remarquera en effet
que Jésus parle dans les deux cas à la première personne. Le message donné ë
à Magdeleine n'est qu'une parenthèse, et la force du & doit s'appliquer à ava- Gaivw : n'insiste pas pour me toucher, car, si je ne suis pas encore monté vers” mon Père, cependant je ne tarderai pas beaucoup à y remonter... ce que tu diras à mes frères, afin qu'ils soient préparés mieux que tu ne l'as été à comprendre de quelle nature est ma présence. Marie n’a sûrement pas touché Jésus pour s'assurer qu'il est ressuscité : ce sang-froid n'est pas compatible avec l’ardeur de son amour qui l’a mise comme hors d'elle-même. Voyant son Maître,
elle a cru l'avoir recouvré tel qu'il était durant sa vie : c’est vrai, il n'est pas
encore monté vers son Père, mais il y va, il n'est plus le même, il est glorifié:
avabaivw doit donc bien s'entendre de l’Ascension, en attirant l'attention moins
sur le fait et le moment où il aura lieu que sur la situation déjà créée par — cette perspective future (ava6aivw, futurum instans). Pour les disciples l'annonce de l’ascension sera avant tout la nouvelle de la résurrection.
L'explication que nous avons donnée est précisément celle de Chrysostome : il insiste sur ce que oÙrw àva6ténxa signifie qu'il va bientôt monter, et àvaéatrw.
Se ÉVANGILE SELON SAINT JEAN, xx, 18-49. €
encore remonté vers le Père, mais va vers mes frères et dis-leur : je monte vers mon Père et votre Père, et mon Dieu et votre Dieu. » ‘8Marie Magdeleine vient annoncer aux disciples : « J'ai vu le Seigneur », et ce qu'il lui avait dit.
19Comme il était tard ce même jour, le premier de la semaine, et les portes étant fermées par crainte des Juifs là où étaient les disciples, Jésus vint et se tint au milieu, et leur dit : « Paix à vous! »
est dit aussi pour Magdeleine : avaotñaut Bobkouevos adris Thy diévouav, xal reîour, Bre el robe odpavodbe érépyeto : il n’y a donc dans le v. qu’une seule phrase, dont la seconde partie complète le sens de la première, même pour Magdeleine. — Le sens d'Augustin : « je ne suis pas monté », etc. dans fa pensée, n’est pas littéral, non plus que celui de Cyrille : « je n'ai pas encore donné l’Esprit- Saiïnt ». :
Torrey (cf. Intr. p. cn) lit, d'après l'araméen qu'il eonjecture : « ne me touche pas; (mais) avant que je monte... va vers mes frères », etc. Ge qui serait une redondance sans signification.
On notera dans la formule de la fin que Dieu n’est pas de la même manière de Dieu de Jésus et de ceux qu’il nomme cependant ses frères : il n'est pas non plus leur Père de la même facon.
18) La hâte de Marie à exécuter son message se retrouve sous la plume de l’auteur qui la fait parler en style direct, sauf à achever la phrase pour son compte. Get effet n’est sans doute pas voulu, mais n’en est pas moins expressif. Cette fois nous lisons Mapio, car Mapréy. est moins attesté (NBL 1, 33 sah) et pourrait venir du v. 17; d'autant que le mot hébreu n’a plus de raison d'être. — tôçaxa qui met en scène Marie d’une facon si vive, quoique en contradiction grammalicale avec «ÿrÿ nous paraît certain avec BNXW a ff? g vg sah boh. — Soden et Vogels préfèrent la correction Ewouxevl Pourquoi alors ne pas ajouter avec D xai à eirev aôrÿ tunvuoev advois ?
19-23. APPARITION DE JÉSUS AUX DISCIPLES (cf. Le. xxiv, 36-49; Mc. xvi, 14; I Cor. xv, 5).
Cette apparition est la même que celle dont parle Le. et qu'il fixe au dimanche soir. Pour Me. xvr, 14, cf. Comm.
49) Le jour et le moment sont marqués. ép{« peut être une heure très tardive, ce qui laisse aux disciples d'Emmaüs le temps de revenir à Jérusalem, même s'ils sont partis de l'Emmaüs qui devint Nicopolis, à 160 stades. Les portes étaient fermées, non que les Juifs n’eussent pu les forcer, mais pour éviter des importuns qui pouvaient être des espions. Ce détail est mentionné pour montrer que Jésus entra d’une façon surnaturelle. IL n’en usait point ainsi de son vivant : c’est donc que son Corps ressuscité a acquis des propriétés surnaturelles, qui lui sont pour ainsi dire naturelles C'est ce que Le. exprime fui aussi d’une manière indirecte, par les faits, non par un enseignement théorique, cf. Le. xxiv, 31 &pavroc éyévero, 36, Éotn ëv uéow soudainement. Dans Jo. 4e précède Éorn, parce que Jésus avait promis de venir (xiv, 18). Malgré la tour-
’Pnoodc nat Éorn els vo pmésov, mal Ayez aUtois Etpñvn duty. Pr 1 = 4 F
roro elmov YdeËey vac ypeipas noi Thv mheupav abtoïics. Éydpnoav oùv
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