CRITIQUE LITTÉRAIRE
araît pas avoir reçu l'attention qu’il mérite : c'est celui de l’inclusio, ou du cadre qui renferme certains récits ou certains discours. Un où
plusieurs mots qui ont ouvert la péricope se retrouvent à la fin. Sur
ce point Jean ressemble à Matthieu (1), ce qui indique les mêmes habitudes ones: : ; 1, À Aya rôv Beov, xai ôedz.. et 1, 18 Gedç 6 ec vov ro. 1, 19 aÜtn écrlv À maprupta... et 34 meuaotéonxe : péricope du témoignage. 1, 32 xat Ex Toy paünrov adroù (du Baptiste...) et 11, 11 of paônral aùroÿ
de Jésus).
V, 49 où Süvarar... et 30 où SÜvarar.
VI, 3 dvhdev Où eiç vo Ôpos et vi, 15 éveywpnoey makuw ei vd Opos.
vit, A6 SAR vo mépbavrds pe et 29 xäxeïvos se émécrethev.
VI, 27 sv Fo rAv mévououv elç Goñv aiwvrov et VI, 58 6 tpwywv Toro tov
dprov Enoer eiç rov aiüve.
vi, 60 okho oùv... êx ro » paÜnTév et 66 xoXot rüv pabntüv. vi, 67 voïç wdexa et 71 ei êx Tov dwdexe.
vi, 16 rù mhotoy et 21 ro rhotov.
vin, 12 et 20 Ekéknoev.
vi, 33 et 58, Abraham.
IX, 2 véç Auaprev.…. va ruploc yewn0n et 1x, 41 ei zuphot dre oùx àv elyere
| Guaprlav.
XIV, À Wh Tapacoéou duôv À xapdle... miotetere et 27 LA Tupasoéoôw Euüv à , À ph rap n P HÀ vup pv À
xapôlu.. 29 Îva motebonte.
XV, 2 ph pépov xapnôv et 16 xal 6 xaprôc büv pévn.
XV, 12 va dyanäre dAAhous et 17, mêmes mots.
À propos de Mt. nous avons indiqué aussi le schématisme des formules (2). Les répétitions de Jean ont quelque chose de moins
stéréotypé.
On notera cependant comme une sorte de refrain : xai dvasriow aürèy yo êv r% éoyérn fuépa (vi, 40), après vi, 39, et répété dans les vv. 44 et 54 (xäyw). Ou encore : xvur, 18 et xvirr, 25 sur l'attitude de Pierre. :
Dans certains cas la LépaUtIon semble indiquer une seconde strophe
sur le même sujet : êyo eluu À dumehos, xv, À et XV, 5; éyw eîut 6 motuv 6
* x, 29 et 36, etc.
xaldç X, 11 et x, 14. :
radra AAA nxa ouiv x1v, 23; xV, A1; XVI, 1. 25. 33 (3). Ailleurs la répétition a pour but de souligner une vérité importante,
Le plus souvent c’est le résultat d’un style un peu redondant {1, 20),
(1) Comm., p. LxXXI.
(2) Comm., p. LXxxII.
(3) Dans xvi, 4. 6 ces mots sont liés à ce qui me Dans xvi, 25, il y à la note
spéciale : ëv rapotuiats.
c INTRODUCTION.
soit qu'il n'ait pas été assez surveillé (1, 32 et 33; 11, 24, 25; 1x, PAT 35; x, 11, etc.) pour aboutir à une rédaction moins chargée, soif que la répétition ait pour but de graver une vérité dans l'esprit (rm, 3 et 5; 557 et 8, etc.).
Rythme. — L'influence du parallélisme dans le quatrième évangile est telle qu’on est tenté parfois de marquer des stiques, c’est-à-dire des lignes qui se répondent parallèlement, selon la manière qui distingue la poésie hébraïque de la prose. Certains morceaux, comme le Prologue (, 4-18) ou la Prière solennelle du Christ (xvu) ont presque l’apparence de strophes. Mais ces strophes ne seraient pas régulières. Si le style de Jean se rapproche de la poésie par son élévation, il n’en est pas moins constamment de la prose.
Dans sa traduction des Livres du Nouveau Testament, M. Loisy a pris le parti de souligner très fortement le parallélisme : « partout où le discours a paru rythmé en membres parallèles, cette disposition a été marquée dans la traduction (1). » Ce découpage va crescendo de l'édition de 1903 à celle de 1921; il est encore plus fréquent dans l’édition de 1922, si bien que Ho les passages du prologue que l’auteur regarde comme interpolés (6-8, etc.) sont écrits en petites lignes. Le caractère plus ou moins parallélique du style ne serait donc pas un critérium pour distinguer les différentes mains que prétend reconnaitre la critique extrémiste, et il n’est pas non plus réservé aux paroles du Seigneur.
Il faut reconnaitre que cette manière de scander les phrases en.les coupant en petites lignes donne beaucoup de relief au parallélisme quand il existe et le rend plus saisissant, par exemple (2) :
« Quiconque boit de cette eau aura soif encore, Mais qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus soif jamais. »
Mais à quoi sert de couper presque aussitôt après :
« Avec raison tu as dit : « Je n’ai pas de mari » ; Car cinq maris tu as eus, Et maintenant celui que tu as n’est pas ton mari. En cela tu as dit vrai. »
Ou encore (3) :
« Je vous ai dit que c’est moi.
Si donc c’est moi que vous cherchez, “Laissez ceux-ci s’en aller.
(1) Op. laud., p. 19.
(8) xvxr, 8,