‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 65 sur 326 · CXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CXX INTRODUCTION

style et de la langue, et elle se trouve résolue par leur parfaite unité,

‘ui ne permet d'admettre ni plusieurs sources, ni une série de complémots. L'ouvrage est écrit d'un seul jet, sans aucun élément étranger, sauf ce qui sera dit de la péricope de la femme adultère (vx, 53-virr, 11) et de l'ange de la piscine (v, 4), où la tradition manuscrite ne rend pas le même témoignage à l'unité.

Ge n’est pas que la disposition de certains faits ne crée de graves dif-

ficultés. Ainsi vit, 21 a paru trop éloigné pour le temps du miracle de la piscine (v, 1 ss.); xiv, 31 semblerait devoir être suivi de XVI AE l'interrogatoire chez Anne n’a-t-il pas eu lieu en réalité chez Caïphe, ce qui serait clair si l'on plaçait xvI1, 24 après xvir, 14? La place de la conclusion xx, 30-31 a donné à penser bien à tort, que le ch. xx1 était d’une autre main.

Il semble même qu'il faille admettre une interversion très considérable, celle qui consisterait à placer le chap. vi avant le chap. v. Cette idée m'a été suggérée par le R. P. Olivieri, de l’ordre de Saint-Benoît. 1 est évident que le chap. vi suit beaucoup plus simplement le chap. 1v que le chap. v, car à la fin de 1v on est en Galilée. De même le chap. vir

se soude très bien au chap. v, et l'on comprend ainsi les allusions qu'il

contientau miracle de la piscine, qui serait assez rapproché. Enfin,

d'après Mt. et Mc., la multiplication des pains a lieu aussitôt après la

mort du Baptiste, que Jo. suppose déjà mort au ch. v, 935, à ce qu’il semble depuis un certain temps. La conjecture du R. P. Olivieri est donc des plus heureuses : je nai pas osé cependant introduire dans le texte une nouvelle disposition.

Il doit y avoir eu en effet dans Jo., comme dans les autres écrivains, des accidents de copistes, des manipulations de réviseurs, des retouches de l'auteur ou même des négligences dans la composition. Ces faits seront discutés dans le Commentaire.

Maïs si, depuis le xx° siècle, il est éclos de nombreux systèmes pour expliquer comment le quatrième évangile est un ouvrage composite, l'accueil fait à chacun d'eux n’a pas répondu à l'assurance avec laquelle i s ont été proposés. On n’a même pas essayé de poser des critères qui permissent la discussion. Il nous a donc paru superflu de rien ajouter à ce que nous avons déjà dit (1) de ces conjectures en l'air,

(1) RB. 1924, p. 321-342, €

Page 1