‹ Evangile selon Saint JeanChapitre 64 sur 326 · CRITIQUE LITTERAIRE. CXIX · texte numérisé non relu

CRITIQUE LITTERAIRE. CXIX

d’un traducteur. — À moins qu’on ne se décide à placer l’Apocalypse sous Néron!

Quant à attribuer les deux ouvrages à deux auteurs différents, le P. Allo a bien montré que ce scrait méconnaître à la fois le témoignage de la tradition et celui des écrits eux-mêmes. Or cette démonstration ne serait pas moins efficace, elle serait même plus aisée, si le quatrième évangile avait été écrit par Jean en araméen.

Cependant nous ne pouvons nous résoudre à accepter cette solution qui ne tient pas assez de compte d’une certaine fluidité de l’évangile, d’une grâce des alliances de mots, d'une précision des termes qui semblent exclure l'intermédiaire d’une traduction : en lisant Jean on boit à à la source.

Mais rien n'empêche que Jean, dictant son évangile à un secrétaire très avisé, ne lui ait laissé une certaine liberté dans le choix des formes. de façon à ménager la grammaire sans rien enlever au caractère particulier du style.

8 7. — Les citations de l'Ancien Testament.

Il y a dans Jean vingt allusions positives à l'Écriture. Elles se trouvent dans 1235 1,51;u, 171; VI, 31; VI, 48; vit, 38; vi, 42; vint, 17; x, 34; xu, 13: x, A4 S.; XII, 34; XII, 88; XI, 39 s.; x, 48; xV, 2; xIX, 24; XIX, 28 s.: xIX, 36; XIX, 31.

Le commentaire indique leur relation avec le texte hébreu et avec les Septante. Il en ressort que si Jo. suit ordinairement les LXX, il sait recourir à l'hébreu, lorsque son texte répond seul à l'usage qu’il entend faire de l'Écriture, en particulier pour montrer comment elle a été accomplie. Voir par exemple vi, 34; xi1, 148.; XII, 39 s.; x1n1, 18; xIX, 87,

Rien n'indique que les passages cités appartiennent à deux auteurs différents (1), ou qu’ils aient été corrigés après coup (2). 11 faut donc reconnaitre que l’auteur était un juif palestinien qui connaissait la bible hébraïque aussi bien que les Septante, et qui savait en faire l'usage le plus judicieux.

8 8. — L'unité d'auteur.

En principe cette question domine toutes les autres, même celle de l'authenticité. Elle ne pourrait cependant être traitée avant l'examen du

(1) Sur l'opinion de M. Faure dans : Die alttestamentlichen Zitate im 4. Evangelium und die Quellenscheidungshypothese, dans la ZnW, 1922, p. 90-121, cf. RB. 1924, p. 339 SS. >

(2) Torrey n'a pas encore développé son opinion singulière que dans les quatre évangiles, tous composés en araméen, les textes de l'A. T. étaient cités en hébreu (article cité, de Harvard theol. Rev. 1923, p. 327).

Page 1