La MISSION
|) Nous avons écrit 72 disciples, non sans hésitation, car il est très difficile de se prononcer entre deux lecons : ἑθδομήκοντα (TS) avec κ AC 6, etc. latt. (bfq) pes. boh. goth. Ir.-lat., Tert. Eus. Cyr. Bas. Ambr., ou ἑθδομήχοντα δύο (H) avec BDMR laët. (acelr?) Vg. syrsin. et cur. sah. Epiph. Ps.-Clém. Aug. L'autorité des anciens Pères pour l’omission de δύο serait décisive s'ils n'avaient attaché du prix au chiffre de 70, précisément en relation avec les douze apôtres, disciples et apôtres ayant été figurés par 165 70 palmiers et les 12 sources d'Elim (Ex. αν, 21). Tert. (adv. Marc. 1v, 24) : adlegit et alios septuaginta apostolos super duodecim. Quo ,enim duodecim secundum totidem fontes in Elim, si non et septuaginta secundum totidem arbusta ‘palmarum? Il y avait encore
20r il leur disait : « La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux. Priez donc le maitre de la moisson pour qu’il envoie des ouvriers à sa moisson.
d’autres raisons de changer 72 en 70 : 1) les 70 vieillards (Num. xt, 16.17. 24, 25; 2) les nations de la terre (Gen. x) additionnées sont 70; 3) le sanhédrin comptait probablenient 70 membres, car Josèphe (Bell. IT, xx, 5 et Vita 14) installa un conseil des’ 70 en Galilée. — Au contraire il n'y avait guère de raisons de changer 70 en 72, si ce n'est qu'on trouvait Τὰ peuples dans le grec de Gen. x. Aussi bien l'accord de B avec D et les syrr. anciens, une partie des latt. (surtout af) et des égyptiens est satisfaisant. Pour 72 Kn. les Weiss, Loisy, Klost.; pour 70 Plum. Schanz, Hahn.
Μετὰ δὲ ταῦτα suppose un certain intervalle de temps assez vague; plutôt que la suite immédiate des faits, mais il serait contre l'intention de Le. de reporter le point de départ de la mission en Galilée (Schanz). — ἀνέδειξεν (cf. ἀνάδειξι 1, 80) est assez solennel (ici et Act. 1, 24 + N. T:); c’est désigner pour un office important ἀναδέδειχα τὸν υἱὸν Ἂ. βασιλέα (11 Macch. 1x, 25; cf. x, 41 ; xiv, 12. %6; Polyb. iv, 48, 3. — ἑτέρους seul pourrait s'entendre d'autres que ceux dont les trois vocations ont été racontées. Avec zx{ (que nous croyons authentique contre H), ce sont très sûrement d’autres que ceux de la première mission. — ἀνὰ δύο n'avait pas été dit par Le. des Douze, mais bien par Μο. (νι, 7) sous la forme plus sémitique δύο δύο. — πρὸ προσώπου αὐτοῦ, comme 1x, 52 est exploité par B. Weiss pour mettre ce début en parfait accord avec l'envoi des messagers et en contradiction avec le discours qui suit. Mais Le. n’ajoute pas : « afin de préparer », et indique au contraire comme théâtre tout un pays à disposer en une fois à sa venue, ce qui n’est pas le rôle de fourriers envoyés jour par jour pour s'assurer d’un gîte. L'envoi des missionnaires deux par deux se retrouve ensuite; Plum. cite : Barnabé et Saul (Act. xur, 2); Judas et Silas (Act. xv, 27); Barnabé et Marc (Act. αν, 39); Paul et Silas (Act. αν, 40); Timothée et Silas (Act. ανα, 14); Timothée et Éraste (Act. χικ, 22). C’est que le témoignage rendu au Christ aura ainsi plus de valeur; c’est aussi sans doute pour le secours mutuel (Eccle. τν, 9-12).
2) Les paroles du Sauveur textuellement comme dans Mt. 1x, 37. 38, où elles sont mieux placées, avant la mission des Apôtres. lei elles contrastent avec une seconde métaphore, les agneaux et les loups. Enfin on ne comprend pas très bien comment les missionnaires doivent eux-mêmes prier pour qu'on envoie des ouvriers. Il semble donc que Luc a simplement voulu conserver une précieuse parole du Seigneur, relative à l’action apostolique, et qu'il l’a placée ici comme un exorde de circonstance avant l’allocution proprement dite (v. 3) aux partants.
Ou bien Jésus, regardant la mission comme une simple course préparatoire, exhortait ses disciples à demander à Dieu les ouvriers qui devraient ensuile, après sa mort, faire le travail fructueux.
— doyéins est un cultivateur, ou un travailleur loué à la journée (M. xx, 4.8); ce fut depuis un ouvrier apostolique (Il Cor. χι, 43; Phil. τη, 2; Ἡ Tim. Ἡ, 15). — ὀλίγοι ne s'entend pas des 5οἰκαπίθ- douze, mais de la situation antécé-
ἐκβάλῃ εἰς τὸν θερισμὸν αὐτοῦ. Sbréysrs ἰδοὺ ἀποστέλλω ὑμᾶς ὡς ἄρνας ἐν µέσῳ λύκων. fun βαστάζετε βαλλάντιον, μὴ πήραν, μὴ ὑποδήματα, καὶ μ.ηδένα κατὰ τὴν ὁδὸν ἀσπάσησθε. δείς ἣν δ᾽ ἂν εἰσέλθητε οἴχίαν πρῶτον λέγετε Βἰρήνη τῷ οἴκῳ τούτῳ. ὅ καὶ ἐὰν ἐχεῖ ᾖ uiès εἰρήνης, ἐπαναπαήσεται
εν ? + CCR 3 as ee -υ - « ἐπ᾽ αὐτὸν ἡ εἰρήνη ὑμῶν εἰ Σὲ µήγε, ἐφ᾽ ὑμᾶς ἀνακάμψει Ty αὐτῃ Dè
6. εχει η (H) ου η εχει (TS V). — επαναπαησεται (T Ἡ) ou επαναπανσεται (5 V).
dente; ou plutôt c’est un proverbe appliqué à la situation religieuse. Même métaphore dans la parabole de l'ivraie (Mt. xur, 30). Dieu est le maïtre de la moisson. C’est lui seul qui peut envoyer des ouvriers animés d'assez de courage et de force surnaturelle, L'homme résiste naturellement à cet appel; cf. Jér. 1, 7 Dieu n'envoie pas ses ouvriers du ciel, mais il les fait sortir (ἐκθάλῃ) de leur vie ordinaire.
3) Cf. Mi. x, 162. Avis qui convient aussi bien à un début, comme ici, qu'au corps du discours comme dans Mt. Dans Mt. le sens est clair : l'avis est donné en vue des persécutions, et il s’agit de brebis qui risquent d'être dévorées par des loups. Dans Le. ce doit être le même sens, quoiqu'il ait mis &pves « agneaux » {Loisy : brebis!}. C'est une singularité de B. Weiss. (suivi par Holfz.), d’entendre ἄρνες béliers, de sorte que les disciples seront des défenseurs pour les brebis contre les loups. ἄρνες peut en effet signifier béliers (IT Regn. 1, 9) et des béliers figurent des chefs dans Hénoch (Lxxxix, 42 s5.; cf. Jér. 1, 8), maïs en face des loups il faudrait au moins aussi des bergers. Les disciples ne sont pas envoyés comme des chefs, mais comme des hérauts de passage. Les loups ne sont pas les gentils, qui n’ont pas témoigné à Jésus d'hostilité, ni les Romains (comme dans IV Esdr. v, 18 : Exsurge... ut non derelinquas nos, sicut pastor gregem suum în manibus luporum malignorum), car Jésus ne les 8 jamais attaqués. Ce sont plutôt les gens adonnés à leurs plaisirs qui deviennent féroces quand on annonce le jugement, ou spécialement les Scribes et les Pharisiens, ce qui serait plus naturel si l’on était en Judée. — ἓν µέσῳ, quoique après un verbe de mouvement, parce que c'est une locution toute faite pour dire « parmi ».
Si les autres se comportent comme des loups, les disciples devront leur opposer la douceur des agneaux; la mise en garde contient une monition. — Dans la seconde épître, non authentique, de saint Clément, Pierre intervient : λέγει γὰρ 6 ύριος. "Ἔσεσθε ὡς ἄρνία (de petits agneaux) ἐν µέσῳ λύκων, ἀποκριθεὶς δὲ ὃ Πέτρος αὐτῷ λέγε" ἘΕὰν οὖν διασπαράξωσι οἱ λύκοι τὰ ἀρνία; εἶπεν ὁ Ἰησοῦς τῷ Πέτρῳ: ΜΗ φοθείσθωσαν τὰ ἀρνία τοὺς λύχους μετὰ τὸ ἀποθανεῖν αὐτά (II Clem. v, 2 5.).
4) Cf. ME. x, 10, maïs seulement pour l'exclusion de la besace et des sandales. Dans xxu, 35 où Jésus parle aux Douze, il se réfère à cet avis plutôt qu’à 1x, 3. Luc aurait-il donc pensé alors que les Douze faisaient partie de la mission des 72, ou aurait-il brouillé les deux missions dans sa mémoire? Le plus simple est d'admettre que les deux instructions ne prétendent pas régler minutieusement deux équipements distincts, et que le sens général seul importe, exigeant un
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3 Allez! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. # Ne portez ni bourse, ni besace, ni chaussures, et ne saluez personne sur le chemin. ὅ Et dans quelque maison que vous entriez, dites d’abord : Paix à cette maison! 5 Et s’il y a là un enfant de la paix, votre paix reposera sur lui; dans le cas contraire, elle reviendra sur vous. ? Demeurez dans cette maison, mangeant et buvant
grand détachement des choses nécessaires en route, impliquant un abandon complet à la Providence.
— βαλλάντιον encore αν, 33; xx, 35 + N. T.; classique et Job. χιν, 17. Pour πήρα, besace (du quêteur), cf. sur Me. vi, 8. — Nous disons porter des souliers, pour « être chaussé ». Mais βαστάζειν doit signifier porter sur un bâton ou autrement : on ne doit pas avoir de sandales de rechange.
— ἀσπάσησθε d'après B. Weiss : entamer la prédication; cf. Mt. x, 12; car le temps n’est pas venu d’une prédication publique. Mais ce n'est pas le sens du mot. Hahn l'entend, comme dans Act. xvur, 22: xx, 7; xxv, 49, de visites qu'on ferait le long du chemin chez des parents ou des connaissances. Ce serait d'une certaine façon retourner en arrière, mêler des préoccupations profanes au soin exclusif de la parole de Dieu. Mais κατὰ τὴν ὁδόν (cf. Act. vx, 36: xxv, 3: ο XxvI, 43) signifie pendant qu'on chemine. Il faut done, avec l'opinion commune, dire que Jésus interdit de s’arrêter pour saluer des amis, salutations qui, en Orient, se prolongent indéfiniment. Ne saluer personne était prendre l'allure de gens qui ont recu une mission pressante dont rien ne doit les distraire; ef. IV Regn. τν, 29.
5) Cf. Mi. x, 12; Μο. vi, 10 et Le. 1x, 5. Il va de soi qu’en entrant chez quelqu'un on le salue « tout d'abord ». Si Lue l'a dit expressément, πρῶτον, c'est qu'il attache au salut un certain sens solennel. La paix est invoquée sur toute la maison. C'est donnér au chalôm traditionnel un sens religieux; cf. ας, 14; . Jo. xx, 19. 24. 26. On sait que les musulmans ne disent salamalek qu’à des coreligionnaires; aux autres mahrabah, bienvenue! L'expression de Le. est primitive par rapport à Mt. ἀσπάσασθεκ, 12.
6) Cf. Mt. x, 13, où il s’agit de toute la maison. Mais si une personne est
digne, sera-t-elle donc exclue? Non, répond le texte de Luc, envisageant le cas individuel. D'ailleurs son texte est plus rapproché de l'araméen par υἱός εἰρήνης. Celui qui aime la paix n'est point un homme pacifique, par opposition aux loups, mais une âme ouverte à la bonne parole, à la paix qui vient de Dieu ίτ 44), presque un prédestiné (B. Weiss). La paix semble avoir déjà un sens eligieux dans la sentence de Hillel (Pirgé Aboth, 1, 12) : « celui qui aime la paix aime les créatures et celui qui poursuit la paix les amène à la Loi de Moïse. » La var. ἐπαναπαήσεται est une forme passive au sens déponent (1405. passif ἐπόην existe), au lieu du moyen ἐπαναπαύσεται. — La paix proposée comme une bénédiction ne saurait être sans vertu; elle revient sur ceux qui l'ont offerte, et non sur d’autres (Loisy).
7) Of. Mt. x, 105, seulement pour ce qui regarde l'ouvrier, et Le. 1x, 4, Mc. vi, 10 pour la résidence. Ce qui suit doit s'entendre même au cas où il n’y
- " τοῦ μισθοῦ αὐτοῦ. y µεταβαίνετε ἐξ οἰγίας εἰς οἶκίαν. Buoi εἰς ἣν ἂν
πόλιν εἰσέρχησθε καὶ δέχωνται ὑμᾶς, ἐσθίετε τὰ παρατιθέµενα ὑμῖν, Ὁ καὶ θεραπεύετε τοὺς ἐν αὐτῇ ἀσθενεῖς, καὶ λέγετε αὐτος ᾿Ηγγικεν ἐφ᾽ ὑμᾶς à βασιλεία τοῦ θεοῦ. Ί9είς ἣν δ᾽ ἂν πόλιν εἰσέλθητε καὶ ph δέχωνται ὑμᾶς, { À 4 ; D + « ἐξελθόντες εἰς τὰς πλατείας αὐτῆς εἴπατε Il Καὶ τὸν κονιορτὸν τὸν κολλη-
- 2 -- e Led x € θέντα ἡμῖν ἐκ τῆς πόλεως ὑμῶν εἰς τοὺς πόδας ἀπομιασσόμεθα ὑμῖν πλὴν