LECON Α TIRER DES MALTEURS PUBLICS
4) Π y a un rapport de temps entre le discours précédent et ce qui va suivre, mais καιρός n'est pas synonyme de ὥρα. Rien ne prouve que la succession ail été immédiate. |
— παρῆσαν, comme dans Diod. xvir, 8 παρῆσάν τινες ἀπαγγέλλοντες, avec le double sens d'être venu et d’être présent; ef. Mt. xxvr, 80; Jo. xt, 28; Act. x, 24; x, 20; Col. 1, 6, Το. quod pervenit.
Ἡ n'est pas dit que ces personnes aient entendu le discours précédent et en aient pris sujet de faire leur communication; le cas est différent de χι, 27; τη, 43. Ἡ semble plutôt que les τίνες sont venus exprès pour annoncer à Jésus une fâcheuse nouvelle qui le touchait comme Galiléen. On n’était pas en Galilée (ef.v.2), mais non plus dans la ville même de Jérusalem où la nouvelle se serait répandue de bouche en bouche. On ne sait rien du fait, que Josèphe n’a pas consigné. On sait seulement par lui que les Galiléens'étaient très excitables (Ant. XVIT, IX, 3; Via, 17) et que Pilate avait la main dure (Ant. XVII, mt, 23 αν, 1). D'ailleurs il le charge beaucoup moins que Philon (Leg. ad Caïum xxxvm). Des Galiléens étant venus sacrifier à Jirusalem, avaient sans doute causé quelques troubles, réprimés aussitôt par une sortie de la garnison romaine.
Quoiqu'il ne soit pas dit expressément que leur sang ait ό{ό mêlé au sang des victimes (Schanz, Loisy elc.), ils ont été massacrés sur place; on peut comparer
ÎEn ce même temps quelques-uns étaient venus lui rapporter ce qu'il en était des Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang avec leurs victimes. ? Et il leur répondit : « Vous semble-t-il que ces Galiléens aient été plus pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu’ils ont souffert cela? % Non, je vous [le] dis; mais si vous ne faites pas
pénitence, vous périrez tous de mème. “Ou vous semble-t-il que les dix-huit sur lesquels est tombée la tour de Siloé et qu'elle α tués aient été plus coupables que tous les hommes qui habitent à Jéru-
la prise du temple par Pompée, où les officiants malgré tout continuaient les sacrifices : ἔσφαττον τοὺς ἐν τῷ ἱερῷ, οἱ δὲ πρὺς ταῖς θυσίαις οὐδὲν ὥττον ἱερουργοῦντες..... (Ant. XIV, αν, 3). Si les raisons précises de cette échauffourée nous échappent, il n’est pas téméraire de la rattacher aux mouvements insurrectionnels plus ou moins unis à des idées messianiques, qui n'étaient pas rares à cette époque οἱ qui devaient se multiplier jusqu'à la guerre (Le Messianisme..…. p. 18 58.).
2) Si l’on était en Galilée (Holtz.), il eùt été plus naturel de dire : pensez-vous que ces hommes fussent plus coupables que vous? — παρά avec l'acc. (xvur, 14), « plus que ». — ἐγένοντο, à l'aor. se sont rendus coupables. — Le parf. πεπόνθασιν dépend de Goxeïre, non de ἐγένοντο. Dans une calamité publique les personnes superstitieuses sont portées à juger sévèrement les victimes. Après le tremblement de terre de Messine, on s’est efforcé de prouver que les mœurs y étaient beaucoup plus fâcheuses qu'ailleurs.-Jésus combat cette opinion : le fléau ne permet pas de conclure à une culpabilité plus grave. Et cela, même dans un cas où la vindicte publique s'était exercée, parce que, dans une situation politique troublée, les agitateurs, surtout en présence d'un pouvoir élranger, pou- : vaient avoir été de bonne foi, sans parler du mélange des innocents avec 165 coupables. |
3) Par ailleurs Jésus menace ses auditeurs du jugement de Dieu. L'erreur ne consistait donc pas à croire que Dieu intervient dans ces fléaux, mais à les interpréter comme s'ils avaient frappé les plus coupables, à se rassurer en estimant la justice de Dieu satisfaite. Au lieu de condamner les autres, que chacun songe à la pénitence. — ὁμοίως doit s'entendre du châtiment temporel qui menace toute La nation, sans qu’il soit nécessaire de rechercher cette correspondance exacte dans les luttes intestines pour la possession du Temple où le sang des Juifs a coulé au milieu des sacrifices : πρὸ τῶν θυμάτων ἔπεσον... za παντοδαπῶν αἷμα πτωμάτων ἐν τοῖς θείοις περιθόλοις ἐλιμνάζετο (Jos. Bell. V, 1, 3). — Durant la grande guerre on a souvent cité ce texte à l'encontre de ceux qui se vantaient d'exécuter les jugements de Dieu, et certes nos malheurs ne prou-
vaient pas que nous fussions plus coupables que les Allemands. Souvenonsnous-en aujourd'hui, et pensons à la pénitence. 4) On était sans doute près de Jérusalem. Siloam est censé un nom bien connu, ainsi que la chule de La tour et le nombre précis des victimes. Σιλωάμ est le nom des Septante et de Josèphe pour now, « l'aqueduc » (cf. Jo. 1x, 7)
de la colline sud-est de Jérusalem, devenu le nom de la piscine où il débouchait
ες , AU: 5 dat SL UT LAN ἐὰν vi = , = , un € # ερουσαλήρ) ου χε, λἔγω ὑμῖν, ἀλλ εν η µετανοήσητε πάντες ὡσαύτως
a sf \ 4 - La ἀπολεῖσθε. ὁ Ἔλεγεν δὲ ταύτην τὴν raptor nu Lu τις πεφυτευµένην ἐν τῷ à καὶ οὐχ εὗρεν. εἶπεν ὃ
ἔρχομιαι ζητῶν χαρπὸν ἐν τῇ συγῇ ταύτῃ καὶ οὐχ εὑρίσχω" ἔχχοψον αὐτήν' 5) 3 3 - = ms >
ἵνα τί καὶ τὴν γῆν καταργεῖ; ὃ ὁ δὲ ἀποχριθεὶς λέγει αὐτῷ Ἱύριε, ἄφες αὐτὴν nai τοῦτο τὸ ἔτος, ἕως ὅτου σχάψω περὶ αὐτὴν καὶ βάλω κόπρια" Ὁ γᾶν
5. µετανοησητε (T 11) plutôt que meravonre (S V), 7. om. ουν p. εκκοψον (T H V) et non add. (S).
(Kch. ur, 45), puis du quartier. Les fouilles du capitaine Weiïll en 1914 ont mis au jour les premières assises d'une tour bâtie le long du canal. L'article
© {6 πύργος) ne prouve pas que cette iour fût la seule; c’est Za tour qui est tombée, devenue célèbre pour ce fait. — ὀφειλέαι, débiteurs de: Dieu; cf. κι, 4: Mt. vi, 42. Quelle raison y avait-il de croire ces pauvres gens plus débiteurs non seulement que d'autres, mais que n'importe quel habitant de Jérusalem? Qu'on ne s'imagine donc pas que la justice de Dicu est satisfaite!
ϐ) µετανοήσητε est une gradation par rapport à peravoñre, v. 3. Ce dernier invitail à la pénitence; cette fois la pénitence doit être un fait, nuance saisie par la Vg. : poenitentiam habueritis… poenit. non egeritis. — ᾠσαύτως, plus fort que ὁμοίως ne doit pas être trop pressé non plus. Néanmoins les deux faits font apparaître à l'horizon les massacres et la ruine des remparts au temps du siège.
6-9. Le rIGUIER STÉRILE. La parabole est en parfaite harmonie avec la lecon tirée des malheurs du temps; elle fait entrevoir un châtiment prochain.
6) Israël a été comparé aux figues (05. 1x, 10; Jér. xxtv, 2-10), non au figuier; il n'y a donc pas allégorie, comme celle du vignoble (15. v, 1-7). Ce figuier était planté dans un vignoble, comme c’est encore l'usage en Palestine, surtout dans la Samarie, aux environs de Tibneh. Ce n'est pas qu'on fasse grimper la vigne sur le figuier, et la vigne demeure le principal (cf. Num. xx, 24), mais le vigneron est bien aise d’avoir des figues. Il n'est pas dit que ce figuier ait cessé de produire; d'après les vraisemblances, il n’a jamais rien donné. Pas d’allégorie.
1) Après un temps raisonnable depuis la plantation, soit quatre ou cinq ans, le propriétaire est venu voir si le figuier produit, et voilà déjà trois ans qu'il constate sa stérilité. Le nombre de trois se présente dans bien des circonstances pour indiquer un cycle complet (cf. x, 32). Après cela il n’y à plus à espérer. καταργεῖ n’est pas seulement prendre de la place (Vg.), mais encore rendre inopérante pour d'autres la sève nourricière du sol.
8) Le vigneron espère un meilleur résultat avec des soins exceptionnels. πόπρια pl. neutre se trouve aussi dans les LXX, quoiqu'ils préfèrent κοπρία. Avant:
salem? 5Non, je vous [le] dis; mais si vous ne faites pénitence, vous périrez tous semblablement. »
605 il leur dit cette parabole : « Quelqu un avait un fi iguier planté dans sa vigne, et il vint y chercher du fruit, et il n’en trouva pas. 7 Alors il dit au vigneron : Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le; pourquoi avec cela rend-il la terre improductive? Celui-ci lui répond : Maître, laisse-le encore cette année, pour me laisser le temps de creuser tout autour et de mettre du fumier; ‘et s’il donnait des fruits [l’année] qui vient; sinon, tu le couperas. »
de sacrifier le figuier, il faut voir si ce ne sont pas les vignes qui ne lui laissent pas assez de sève. La défense d'ensemencer les vignes (Dé. xx, 9) est appliquée aujourd’hui, même pour les oliviers; on laboure sans semer. Travailler le pied serait déjà bon, mais surtout en mettant du fumier. Ces mots défent toute allégorie; pourquoi la trouver dans les trois années de la vie publique d’après le quatrième évangile?
9) L’apodose de la première hypothèse est sous-entendue. Il va de soi que le figuier sera épargné s'il donne du fruit. En cas contraire, le vigneron, si attaché à ses plantes, si soucieux de n'avoir pas perdu son temps et sa peine, lui-même n'aura rien à objecter; « tu le couperas », non pas toi-même, mais tu donneras des ordres définitifs.
On demeure donc dans l'incertitude. Le silence de Jésus invitait Israël à faire lui-même l'application. Comme le figuier, il était l’objet des soins les plus attentifs de La part de Dieu, mais qui devaient être les derniers. Il ne restait d’alternatives que l'amélioration ou la ruine.
— εἰς τὸ µέλλον; non pas dans un avenir quelconque, mais au moment voulu, c'est-à-dire dès l’année prochaine : τὸν Πείσωνα κατέστησεν ὕπατον εἰς τὸ μέλλον (PLur. Caes. χιν, cité par PL.).