GUÉRISON, UN JOUR DE SABBAT, D'UNE FEMME VOUTÉE
On ne saurait affirmer que cette histoire, propre à Luc, ait été placée dans cet endroit à cause de son rapport avec l’enseignement qui vient d'être donné. Π est possible que Le. ait simplement suivi un ordre chronologique. D'ailleurs elle est tout à fait en harmonie avec les préoccupations qui vont grandissant, de l’impénitence d'Israël. Le Sauveur, comme Île vigneron, continue à donner ses soins; les chefs du peuple n’en sont que plus butés dans leur opposition sans entrailles. Nous avons ici une triste réponse des faits aux appels de Jésus. Il est au moins superflu de recourir (Ambr. Schanz, Loisy) à l'hypothèse d’une aHégorie : Luc aurait opposé à la Synagogue lPÉglise primitive. L'Église primitive se regardait-elle comme l'ancienne synagogue, longtemps courbée sous la Loi, et redressée par la grâce de Jésus? En tout cas elle ne regardait pas Ja Loi comme l’œuvre de Satan.
Le lieu est inconnu. La prédication dans une synagogue rappelle l’enseigne-
ο. 3 Ες γυνὴ πνεῦμα ἔχουσα ἀσθενείας ἔτη δέκα ὁγτώ, καὶ ἦν συνκύπτουσα καὶ μὴ 2 , = ” 9 e δυναµένη ἀναχκύψαι εἰς τὸ παντελές. 2 ἰδὼν δὲ αὐτὴν 8 Τησοῦς προσεφώνησεν nat εἶπεν αὐτῃ Τύναι, ἀπολέλυσαι τῆς ἀσθενείας σου, rat ἐπέθηκεν ο 1 ν . « αὐτῇ τὰς χεῖρας παϊπαραχρῆμα ἀνωρθώθη, καὶ ἐδόξαζεν τὸν θεὀν. 14 ἄποθε δὲ € 3 nn ‘ / κ > N κ. LE -- 292 3 # κριθεὶς δὲ ὁ ἀρχισυνάγωγος, ἀγαναχτῶν On τῷ σαββάτῳ ἐθεράπευσεν 6
2 μα 2 5 ῃ κ . Γησοῦς, ἔλεγεν τῷ ἔχλῳ ὅτι “LE ἡμέραι εἰσὶν ἐν αἲς δεῖ ἐργάζεσθαι' ἐν
μα απ Qv A (0 à Ὅ = D ss
ont ὃν 2ANVAUES θ πεύεσθε où Ur à 4 ni οϱ9 αταις οὖν EPYOUE VOL υεραπευςσὺςξ καὶ μη τῃ ημερα τοῦ σορμα
ment en Galilée (Μο. 1, 21, etc.); mais pourquoi Jésus n'aurait-il pas prèché de même en Pérée? C’est la dernière fois qu'il parlera dans une synagogue.
40) τοῖς σάδόασιν, non pas une série de sabbats (Mald. Hahn), car l'indication est donnée en vue d’un fait particulier. D'ailleurs τὰ σάθδατα est courant pour le jour du sabbat; οἳ, 1v, 31 et Mc. 1, 21, etc.
44) D’après Schanz cette femme était possédée, et Plummer la 1 nomme démoniaque.
Il semble que c'est forcer le sens de πνεῦμα ἀσθενείας qui ne signifie pas nécessairement un démon installé à l’intérieur et causant de la faiblesse (dans le sens de χι, 14; Μο. 1x, 17. 25), mais qui peut s'entendre d’une influence maligne causée par le démon; cf. Rom. ναι, 13. L'action de Satan est bien indiquée au v. 16, mais ce cas n'est pas traité par Jésus comme ceux des démoniaques caractérisés. Maldonat : infelligimus ex hoc loco corporis eliam morbos saepe a daemonibus immitii, quibus in affiigendis hominibus ministris utilur deus (B. Weiss, Kn., Loisy, Hahn). — Quant à la nature de la maladie, elle n’est pas très caractérisée, ἀσθενεία indiquerait plutôt une paralysie qu’une déformation de la colonne vertébrale. La femme était plus que voùtée, et cela était venu tout à coup, non par une suite de positions vicieuses et insensiblement, puisqu'on pouvait dater le mal (ν. 16). — eis τὸ παντελές signifie « complètement »; cf. Hebr. vai. 25; Jos. And. 1, χνπι, 5; IE, x1, ὃν x, ἐς VI, u, 3; ΥΠ, xu, 3 (cité par PL); Élien, N. À. χνῃ, 27, et qualifie naturellement le . verbe ἀναχύψαι, comme ont compris syrsin. cur. et pes. boh. sah. arm. (tandis que Vg. l’a joint à la négation (nec omnino); encore Schanz, Kn.). On objecte que c'est aboutir à une tautologie; car une femme courbée est une femme qui ne se dresse pas complètement.
Il faut donc entendre συγκύπτουσα du tronc, et ἀνακύψαι de la tète, selon le sens normal du mot. On à alors deux symptômes distincts de la paralysie agitante; le tronc γοὺίό οἱ qui semble soudé, la tête tendue en avant, qui se dresse un peu, mais pas complètement.
12) Jésus n'attend pas qu’on lui demande un miracle; il l’annonce comme déjà accompli; cf. v, 20; vu, 48 pour le parfait d’une chose désormais acquise ;
1005 11 enseignait dans une synagogue un jour du sabbat.
14 voici [qu'il y avait là] une femme qu'un esprit rendait infrme depuis dix-huit ans, et elle était courbée et ne pouvait lever la tête tout à fait. (?L'ayant vue, Jésus l’appela et lui dit : « Femme, tu es guérie de ton infirmité »; et il lui imposa les mains, οἱ aus-itôt elle se redressa, et elle rendait gloire à Dieu. ‘Le chef de la synagogue intervint, indigné que Jésus eût guéri le jour du sabbat, et 11 disait au peuple : « Il y ἃ six jours pendant lesquels on doit travailler; venez done vous faire guérir ces jours-là, et non pas le jour du sabbat. » Le Seigneur lui répondit et dit : « Hypocrites, est-ce que
la femme est libérée de la racine du mal, les phénomènes du rétablissement suivront. — ἀπολύω ἃ été employé par les médecins de la guérison ou de la disparition. des maladies (Hobart 21 qui a tort d'y voir un relâchement des muscles contractés).
43) Il n'a pas été question du départ d'un esprit, et, pour guérir de simples maladies, l'imposition des mains (iv, 40; v, 13) ou l’attouchement (ντ, 44. 34; XIV, 4; xxu, 51) sont mentionnés; rien de semblable dans les cas de possession. La parole avait atteint la cause cachée de la maladie, le contact extérieur des mains amène 16 redressement du tronc et de la tête. Euthymius : ταχέως αὐτὴν ἐθεράπευσε, λόγῳ μὲν ὡς θεός, ἐπιθέσει δὲ γειρῶν ds ἄνθρωπος. La femme aussitôt rend gloire à Dieu; ce sentiment si juste accuse davantage l'étrange conduite du chef de la synagogue. |
14) Il avait sans doute invité Jésus à prendre la parole (cf. Act. xir, 15), mais n'était-ce pas pour lui tendre un piège? À moins que, pusillanime à l'excès, il n'ait craint d’être compromis par cet esclandre. On le croirait à son altitude piteuse, car il n'ose même pas s'adresser à Jésus, et il décharge son humeur chagrine sur le public. — ἀποκρίνεσθαι est ici comme l’hébreu ny dans le sers de prendre la parole (xiv, 3). — ἀγανακτῶν, il s’indigne, car Jésus a positivement transgressé la règle pharisienne. La Loi ordonnait le repos le jour du sabbat (Dt. v, 13), par l'interdiction des œuvres serviles. La Michna en compte trente-neuf qui sont comme des têtes de chapitres, auxquelles on en rattachait d’autres. Bâtir était interdit, et c'était bâtir que de soigner une fracture ou une indisposition quelconque. On pouvait se laver comme les autres jours, et si céla faisait du bien, tant mieux, mais non faire par exemple une application spéciale d'eau froide (Chabbat xxn, 6 et les commentateurs). L'homme est donc parfaitement dans la logique du système en invitant les malades à se faire soigner un autre jour que le sabbat. Sans l'imposition des mains, il se fût peut-être moins avancé! L'intervention de Dieu par le miracle ne le touche pas, encore moins le bienfait d’une guérison; il ne voit qu’une chose, la violation du précepte des docteurs. Cette cécité spirituelle et cette dureté font paraître moins dures les invectives de Jésus contre le parti (χι, 39 ss.).
15) Le Seigneur, ainsi nommé à dessein, s'adresse à lui, mais il emploie 16
δὲ αὐτῷ ὁ pus nat εἶπεν Ὕποκριταί, ἕκαστος ὑμῶν τῷ σαβράτῳ οὐ λύει τὸν βοῦν αὐτοῦ ἢ τὸν ὄνον ἀπὸ τῆς φάτνης καὶ ἀπαγάγων ποτίζει; Ἱδταύτην δὲ θυγατέρα ᾿Αβρσαὰψ, in, ἦν ἔδησεν ὁ ZaravXs ἰδοὺ δέκα. nat ὀμτὼ ἔτη, οὐχ ἔδει λυθῆναι ἀπὸ τοῦ δεσμοῦ τούτου τῇ ἡμέρα τοῦ σαββάτου; 17 Kai ταῦτα λέγοντος αὐτοῦ χατησχύνοντο πάντες oÙ ἀντικείμενοι αὐτῷ, καὶ πᾶς ὁ ὄχλος : ἔχαιρεν ἐπὶ πᾶσιν τοῖς ἐνδόξοις τοῖς γινοµιένοις ὑπ αὐτοῦ. 15 Ἔλεεν οὖν Tic ὁμοία ἐστὶν ἡ βασιλεία τοῦ θεοῦ, καὶ τίνι ὁμοιώσω αὐτήν ; 19 ὁμοία ἐστὶν κόχχῳ σινάπεως, dv λαβὼν ἄνθρωπος ἔβαλεν εἰς κῆπον ἑαυτοῦ»
\ 3 J Ha ; - -ο # καὶ ηὔξησεν καὶ ἐγένετο εἰς δένδρον, καὶ τὰ πετεινὰ τοῦ οὐρανοῦ Χατεσχήνωσεν