ΑΡΟΞΤΙΟΡΗΕ À JÉRUSALEM (Mt. σχπτ
Dans Mt., celte apostrophe suit la menace de Jésus que le sang versé des prophètes sera redemandé à sa génération (cf. xxur, 34-36; Le. τι, 50-51), οἱ tout le discours est prononcé à Jérusalem, avant la prédiction de la ruine du Temple. Le moment est admirablement choisi, et l'instinct populaire a fixé ja scène sur les pentes du mont des Oliviers, d'où l'on domine la ville étalée soux les regards. Il parail bien que cet ordre et cette situation sont préférables, οἱ l'on n'insistera pas sur ce que l'apostrophe à Jérusalem dans Mt. est plutôt parallèle à ce qui précède qu'une suite des mêmes menaces, puisqu'elle n’est pas adressée à [a même personne morale.
MM. Loisy οἱ Harnack — après Strauss, — en concluent que l'apostrophe à Jérusalem, elle aussi, faisait partie d’une citation textuelle d’un ouvrage apocalyptique, mise dans la bouche du Sauveur; ses paroles à lui ne commenceraient qu'au v. 39 de Mt. et 35 de Le. D'après Loisy, la comparaison avec un oiseau « convient à Dieu, non à Jésus » (rr, 387), et quand Jésus parle de ses cfforls pour convertir les habitants de Jérusalem, il faut entendre « l'envoi successif des prophètes qui ont été massacrés » (eod. loc.). — Mais, dans ce cas, l’ordre serait (comme dans xt, 49) : envoi des prophètes, ct massacre. Ici c'est après le meurtre des prophètes que s’est produite une nouvelle invitation, qui a. été refusée, mais non pas encore suivie de meurtre. De son côté Harnack (Sprüche… 449) brouille les textes à plaisir cn s'étonnant que Jésus se plaigne qu'on ait
demain et le jour suivant je dois être en route, car il ne convient pas qu’un prophète périsse en dehors de Jérusalem.
δὲ Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes, et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois j'ai voulu réunir tes . enfants comme 18 poule sa couvée sous ses ailes, et vous n'avez pas voulu, #5 Voici qu'on vous laisse votre maison. Or je vous [le] dis, vous ne me verrez pas jusqu’à ce que vienne le moment où vous direz : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! »
tué les prophètes, les sages el Iles scribes qu’il est censé devoir envoyer. — Il dit seulement que ceux qu’il enverra (Mt. xxur, 34) seront eux aussi maltraités comme les autres l'ont été déjà.
Nous ne pouvons admettre que le même Luce, qui aurait conservé la formule de citation, aurait coupé en deux le passage qui la contenait, ne se doutant donc pas de son caractère. Le plus vraisemblable est qu'il a distingué deux prophéties, l’une sur le châtiment de la génération présente, l’autre sur la ruine de Jérusalem, et que c’est lui qui a mis les premiers envois sur le compte de la sagesse de Dieu (cf. χι, 49). De plus, notant à la fin de l’apostrophe qu'il s’agit d’un départ de Jésus, il a placé ce morceau au moment où Jésus annonçait son départ, el la convenance de sa mort à Férusalem. — Ce que dit Loisy : « Jésus ne pouvait apostropher Jérusalem étant à table chez un Pharisien » (x, 384) est sans doute l'effet d’une distraction. Plus saisissante prononcée en face de la ville, cette menace n’est pas sans une nuance de mélancolie, adressée de loin à Jérusalem où Jésus va se rendre pour y mourir.
La ressemblance des texies de Mt. et de Le. est d’ailleurs telle qu'ils ont sûrement une origine commune. .
84) Jérusalem répond iei pour ses rois : Joas fit tuer Zacharie (II Chr. xxiv, 20 s.) et Joakim, Urie (Jer. xxvi, 20 55.). Les cruautés de Manassé (IT Reg. xxr, 16) s’exercèrent surtout contre les prophètes dont le sang inondait Jérusalem, d’après Josèphe (Ant. X, πι, 1). Beaucoup d’autres exécutions semblables, non mentionnées dans la Bible, ont pu faire naître Ia tradition relevée dans Act. vi, 84 s. et dans Heb. χι, 37 ss. El pourquoi ne pas tenir compte des persécutions d'Antiochus Épiphane, avec la complicité d’une partie du sacerdoce (1 Macch. 1, 55 s.; Π Macch. τν, 7 ss. elc.) ou des sévices de certains princes Asmonéens contre le parti pieux? Ceux-ci n'étaicnt pas précisément des prophètes, mais ils avaient bien qualité pour être 165 témoins de Dieu. — Le sens naturel du v. 34b, c'est que Jésus a fait plusieurs tentatives à Jérusalem pour convertir les Juifs afin de les sauver, et qu’ils n'ont pas voulu. Ce n’est pas seulement l'accord avec le quatrième évangile sur les voyages à Jérusalem, c'est aussi l'affirmation de la mission de Jésus, se présentant à la cité sainte comme son Sauveur avec le langage que Dieu a tenu dans l'A. T., où il s'est comparé à un aigle (Dt. xxx, 41), et à un oiseau quelconque (15, xxx, 5; Ps. xxx, 8). |
ὄρνις se dit spécialement des oiseaux domestiques, Xex. Anab. 1V, v, 25; Escr. Æ'um. 866, Tuéocr. xxiv, 63; νοσσιά pour νεοσσιά (fém. sing.) signifie nid, comme a
traduit la Vg., mais dans le même sens que νοσσία (plur. neutre) de Mt. — Qui n’a vu une poule inquiète à la moindre apparence de danger, appeler ses poussins et les grouper autour d'elle? Jésus s'attribue ici la tendresse d’une mère, ou d'un ami: cf. Eur. Heracl. 10 : τὰ xeivou τέχν᾽ ἔχων ὑπὸ πτεροῖς σῴζω τάδε.
35) 352, comme dans M£., sans ἔρημος. La menace la plus redoutable est celle de l'abandon divin. Désormais Jésus se désintéresse de Jérusalem; elle est abandonnée à elle-même. Dans Jérémie : « J'ai abandonné ma maison » (x, 7), il y a encore l'espoir que Dieu reviendra dans sa maison. Ici votre maison. Il n’y a plus aucun lien.
Dès lors les ennemis en auront facilement raison : deseruit enim qui custodiebat dmum (Apoc. Bar. ναι, 9).
35b Mt. a λέγω γάρ, Le. à omis γάρ ou l’a remplacé par δέ, Chacun des textes. est plus naturel dans sa situation. Dans Mt. Jérusalem sera abandonnée, car Jésus va la quitter. Le. ne pouvait s'exprimer ainsi, et joint seulement les deux phrases sans causalité ou avec une légère opposition. De même Le. supprime ἀπ ἄρτι, « désormais », tout à fait en situation avant la mort de Jésus. De plus, au lieu de ἕως ἂν εἴπῃτε, il à ἕως fer ὅτε qui n'a pas été ajouté comme une simple redondance. Le sens est donc : jusqu'à ce qu'il se produise ceci, que vous disiez, c'est-à-dire que Les paroles elles-mêmes sont mises plus en relief comme un événement prévu. Comme ces paroles: sont précisément l’acclamation de l'entrée à Jérusalem (xix, 38), événement futur dans la perspective de Le., il semble assez vraisemblable que Jésus annonce le modeste triomphe des Rameaux (Érasime, Holtz., Loisy). Le sens serait : je n'irai à Jérusalem que lorqu'elle sera prête à m'acclamer comme Messie, On pourrait l'admettre, si les Pharisiens au lieu d'inviter Jésus à sortir des terres d'Hérode, l'avaient invité à venir à Jérusalem. Maïs ce n’est pas le cas. Jérusalem n’est amenée dans ce contexte que parce que Jésus doit y mourir. Par conséquent c'est à ce moment qu'il se place. Sa pensée prophétique se transporte vers cette époque comme si elle Ctait dfjà présente. Le voyage à Jérusalem pour la Passion n'est pas oublié, puisqu'il vient d’être annoncé, mais il fait partie de la carrière mortelle de Jésus, antérieure à ce moment solennel où Jérusalem aura mis le sceau à ses crimes. ἰδού présente comme présent un fait futur (cf. Is. vu, 14, où les LXX ont mis λήμφεται au futur), qui sert de point de départ à ce qui suit. En effet la solennité du ton dépasse de beaucoup le simple refus d’une visite après que les autres ont été inutiles. IL faut done que dans Le., comme dans Mt., Jésus ait fait allusion à un événement postérieur à sa mort et à l'abandon de Jérusalem. D’après la plupart des critiques, c'est la parousie définitive. Mais, quand le Christ reviendra, sera-t-il encore temps de le reconnaître? Ἡ viendra plutôt alors comme Juge de ceux qui ne l’auront pas reconnu (xt, 8 s.). C’est donc la prophétie d’un changement décisif dans les dispositions des Juifs, en d’autres termes, de leur conversion (Caj. Kn. PI. Hahn.) telle qu'elle a été prédite par saint Paul (Rom. xr, 25).
Cependant les paroles mêmes qu'ils prononcent (empruntées au Ps. οχνι, 30), supposent une venue du Messie. On peut donc y voir une manifestation de Jésus-Christ, qui ne sera pas la manifestation suprême, et dont le secret est réservé à l'avenir. La présence spirituelle du Christ dans l'Église et les conversions particulières ne semblent pas répondre à toute la force des expressions.