LES RUSES DU RENARD HÉRODE ET LE DESSEIN DE DIEU
Propre à Le., avec une indication précise du temps qui ne peut être que relàtive, puisque les donnés générales sont si vagues. On était dans les domaines d'Hérode, mais en route pour Jérusalem (χι, 22), ce qui suggère la Pérée. C'est ὰ- Machéronte, d'après Josèphe (Απέ. XVIII, v, 2), que le tétrarque avait fait périr Jean-Baptisie. C'est dans cette région aussi qu'on pouvait plus aisément concevoir et exéeuter un nouveau meurtre, sans provoquer l'agitation qu'Iérode voulait éviter, si l'on ne pouvait obtenir habilement que Jésus passat la frontière voisine.
31) Dans Amos (νι, 10-17), que l’on compare souvent, ce qu'il y a de plus semblable est la constance du prophèle, car le prêtre Amasias n’a pas recours
31 À ce même moment quelques Pharisiens s’approchèrent et lui dirent : « Sors d'ici et va-t-en; car Hérode veut te tuer. » 55 Et ïl leur dit : « Allez dire à ce renard : Voici que je chasse des démons et que j'accomplis des guérisons aujourd'hui et demain, et le troisième jour je dois être consommé. 3 Cependant aujourd'hui et
à la ruse. Un exemple récent paraît un meilleur commentaire de la démarche des Pharisiens. Le ministre de l'Intérieur, M. Constant, effrayé de la popularité du général Boulanger, lui fit savoir qu’il allait être arrêté. Le jour même le général partait pour Bruxelles; le lendemain il ne comptait plus. De la même façon Hérode espérait ruiner l'autorité de Jésus sans être contraint d'employer le moyen violent qui d'ailleurs ne lui eùt pas répugné, et qu'il eût peul-être adopté enfin.
32) Le renard est partout l’image de la ruse; le peuple, qui sait observer, ne :. lui a pas fait cette réputation sans raïson. On a prétendu que chez les Hébreux il symbolisait plutôt la rapine. Qu’en sait-on? La Bible ne parle pas de ses ruses, mais elle ne le distingue guère du chacal, et il suffit de citer Berach. 61b où le renard est nommé « le plus prudent des animaux », et Cant. rab. 5.0. Tin, 16% où les Égyptiens sont comparés au renard pour la ruse, parce que, comme cet animal, ils regardaient derrière eux. Et c'était bien une ruse qu'on avait ourdie pour surprendre le Sauveur. Ἡ n’était pas obligé d'emprunter ses qualificatifs uniquement à la Bible (contre Hahn; Loisy propose dubitativement « sanguinaire »). — ταύτῃ et non ἐκείνη dans un sens défavorable, comme souvent pour οὗτος v, 2; γη, 39. 49; Jovi, 42; vir, 15. 36. 49; 1x, 16; χι, 34 (PL). — Jésus continuera son œuvre où les expulsions des démons sont distinctes des guérisons [ἴασις Act. 1v, 22. 30 + Ν. T.); ἴασις est naturellement un mot des médecins, mais on ne l’a pas trouvé avec ἀποτελέω. — Le terme de trois jours indique un temps d’une certaine longueur et cependant déterminé (05. νι, 2). L'expression est grecque; cf. Épicrète τν, 10, 31 πότε γὰρ οὐκ εἴἶχεν rpb ὀρθαλμῶν, ὅτι αὔριον ἢ εἰς τρίτην δεῖ ἢ αὐτὸν ἀποθανεῖν À ἐκεῖνον; — τελειοῦμαι est un présent passif, car on ne connaît qu’un cas du moyen dans la langue; cf. Hebr..u, 10; v, 9; vit, 28; χι, 40; ΧΙΙ, 23. Le sens est donc « je suis conduit, porté au point de consommation », ce qui parait indiquer la mort, plutôt que le terme de l’activité (B. Weiss : ad finem pervenio). Le Sauveur veut dire que le temps de son activité et de sa mort sont fixés d'avance par Dicu. Ni lui-même ne veut s’écarter de ce programme, qu'il accepte (δεῖ μὲ), ni Hérode ne peut le changer; il ne fera done rien par crainte de ce que le tétrarque pourrait tenter.
33) Schanz additionne ces trois jours aux précédents; Jésus déclarerait qu’il ne partira pas maintenant, mais qu'il partira après une nouvelle époque indéterminée. Ce qui est inintelligible, puisque τελειοῦμαι (même pour Schanz) est une allusion à sa mort. Il semble donc que cette nouvelle énumération explique la précédente. Le dessein de Dieu, le seul qui compte pour Jésus, donne d'ailleurs (πλήν cf. νι, 35 etc.) satisfaction à Hérode; car, et cette parole est douloureusement ironique, il convient qu'un prophète meure à Jérusalem. « Inutile qu'Hérode s'en mêle à présent, puisque Jérusalem a le monopole de ces crimes » (Loisy, τν 127). — La difficulté est d'expliquer πορεύεσβαι. Le sens ne
ἠθέλησα ἐπισυνάξαι τὰ τέλνα σου ὃν τρᾶπον » sens τὴν ἑαυτῆς νοσσιὰν ὑπὸ τὰς ττέρυγας, καὶ οὐχ. Ἐν 39 ἰδοὺ ἀφίεται ὑμῖν ὁ ὁ οἶκος ὑμῶν. λέγω δὲ
ὑμῖν, οὗ μὴ ἴξητέ Le ἕως εἴπ
b : Eoyquéves ὁ πόρος ἐν vba Κυρίου,
paraît pas être « circuler », car il doit répondre à πορεύου (v. 31). Field l'entend de la mort (xxu, 22), en parallélisme avec τελειοὔμαι, et avec une allusion au désir d’Hérode. T1 s’en ira, quoique d’une autre manière. Mais nous n’aurions ainsi qu'une redite du v. 32. Les anciens (pes. sah. Euthymius) ont coupé après αὖριον comme l'a indiqué Théophylacte : : μὴ νοήσῃς ὅτι δεῖ µε σήµερον καὶ αὔριον πορεύεσθαι, ἀλλὰ στῆθι ἄχρι τοῦ σήμερον καὶ αὗριον, καὶ οὕτως εἶπε τὸ τῇ ἐχ. πορευέσθαι. De cette facon Jésus refuse de partir aujourd'hui et demain, mais il partira le troisième jour (Act. xx, 45). Le sens serait bon, mais il faut alors suppléer un verbe (ce qu'ont fait pes. et suk.) applicable aux deux premiers jours, comme ἐργάζεσθαι, ce qui est changer le texte, et ne va pas avec πλήν. Ἡ faudrait donc {opinion commune) prendre les trois jours en bloc dans le sens de « désormais », « pour le temps qui me reste ». — Mais en somme nous préférons prendre πορεύεσθαι dans le sens de voyager. Ce sens modifie légèrement celui de πορεύου, maïs c'est précisément le sel de la réponse. Jésus non seulement va partir, mais il partira sans cesse, ira toujours. Il n’a pas peur d'Hérode, d'autant que son heure n’est pas arrivée. Mais il partira, parce que le reste de sa carrière doit être ordonné en vue de sa fin à Jérusalem.