GUÉRISON D'UN HYDROPIQUE UN JOUR DE SABBAT
Où et quand? Le. ne dit rien de précis. Après la scène da ch. πι, 37-54, 1] est étrange qu’un Pharisien ait invité Jésus. Lui se montre moins sévère qu’alors, et ce n’est pas le ton de Ia froideur qui renonce même aux reproches, puisque ses paroles sont cordiales (12-14). On peut supposer que le Pharisien avait de bonnes dispositions et ne partageait pas les mauvaises intentions des autres, ou que l'épisode remonte à un temps plus ancien. D'autre part il serait naturel de chercher en Judée plutôt qu’en Galilée la demeure d’un des principaux d'entre les Pharisiens. :
1) Sur le caractère sémitique du début, cf. Introd. p. c, cix, ex. On pourrait traduire : comme il eatrait, ou : après qu'il fut entré; l'important était d'indiquer la circonstance (B. Weiss, cf. 11, 21). Cet &pywv est un membre influent du . parti, car les Pharisiens n'étant pas un corps officiel n'avaient pas de chefs permanents à l'instar du sacerdoce. — Le sabbat est souligné à cause de ce qui va suivre. C’est la troisième guérison de cette sorte (vi, 6; Σπ, 14), la cinquième en comptant ce quise passa à Capharnaüm sans être relevé (1ν, 31. 38). — φαγεῖν ἄρτον, locution traduite del’hébreu, ππὸ Din, cf. Μο, nr, 905 Mt. xv, 2.
Pyat ἰδοὺ ἀνθρωπός τις ἦν ὑδρωπιχὸς ἔμπροσθεν αὐτοῦ. 3 καὶ ἀποκριθεὶς ὁ Ἰησοῦς εἶπεν πρὸς τοὺς νομιχοὺς χαὶ Φαρισαίους λέγων εστιν τῷ σαβῥάτῳ θεραπεῦσαι ἢ 05; Toi δὲ ἠσύχασαν. za ἐπιλαβόμενος ἰάσατο.
9 9 , Fr. 2 9 κ.
C9 3 φρέαρ πεσεῖται, καὶ οὐχ εὐθέως ἀνασπάσει αὐτὸν ἐν ἡμέρα τοῦ σαβῥάτου ; 2 ο > rt “ « θχαὶ οὐχ ἴσχυσαν ἀνταποχριθῆναι πρὸς ταῦτα. 7 Ἔλεγεν δὲ πρὸς
5, νιος (TH V) plutôt que ovos (8).
Et sans doute on élait obligé ce jour-là de manger froid, puisque la cuisine devait être faite la veille, mais on ne s’en tenait pas au pain; même le repas
“avait une certaine solennité (Tob. η, 1); à Rome on mangeait beaucoup de poisson (Perse, v, 176 ss.), comme c'est encore l'usage à Jérusalem. — καὶ αὐτοί commence la phrase principale. Luc la place en avant, non sans art. On croit voir des groupes formés qui se tiennent 1ὰ (ñcav) pour observer. En disant αὐτοί, Le. n’a pas exclu l'amphitryon, mais il ne l’a pas nommé non plus. Rien ne prouve un complot. D'après Loisy (ir, 129 n. 3), ce trait est emprunté à vi, 7 οἱ « arrive trop tôt ». Luc n'aurait pas su se copier!
2) μαὶ ἴδού d'après quelques-uns exclut le complot (Ρἱ. W. Kn.), parce que ἰδού indique quelque chose de nouveau (cf. Introd. p. xcrx). En Orient, entre qui veut. Voulant être guéri, l'hydropique devait se placer devant le Maître. — D'autre part on ne dit pas qu’il soit entré, et ἴδού peut signifier seulement qu'on l’apercoit soudainement. — ὑδρωπιχός est ici un pur adjectif; les médecins le prennent ainsi, mais plutôt comme substantif,
3) Jésus répond à la question que se posaient les hôtes en la leur adressant ouvertement. Celte question se trouve plus développée dans Me. nr, 4 et Le. l'avait reproduite presque textuellement (νε, 9). On ne peut vraiment pas supposer qu'il a été l'emprunter à cetle circonstance précédente. Ἡ était convaincu d'après ses autorités que Jésus l'avait redite dans une circonstance semblable. Rien de plus naturel d'ailleurs, et ce cas nous montre qu’il ne faut pas hésiter à penser que Jésus ait prononcé plusieurs fois des paroles assez semblables. Les mêmes attitudes amènent les mêmes επους d'idées. Les docteurs de la Loi étaient ordinairement du parti des Pharisiens; ils sont mis en vedette, parce qu'ils étaient spécialement compétents.
&) Ἱσύχασαν n'est pas tout à fait synonyme de ἑσιώπων employé par Μο. 1, #, et omis par Le. dans le récit parallèle. Peut-être Le. a-t-il voulu mettre un peu de variété dans ses deux récits, soit en anticipant l'observation, soït en notant. expressément que les adversaires se tinrent cois; trait qui convient bien à leur dessein de prendre sans être pris. — ἐπιλαδόμενος, done guérison par contact, action extérieure dans Le but de guérir (ef. xmr, 15). Jésus ne se laisse pas intimider par un silence de mauvais augure; Fhomme guéri, il le renvoie; soit qu'il ait été apporté, soit qu'il soit venu de lui-même, il n’a plus rien à faire dans cette réunion. Mais Jésus laurait-il guéri, s’il cût été un compère complaisant des Pharisiens? .
ÉVANGIEE SELON SAINT LUC, XEV, 97. 394
l’observaient. ? Et voici qu'un homme hydropique se trouvait devant lui. 3Et Jésus, prenant la parole, dit aux docteurs de la Loi et aux Pharisiens : « Est-il permis ou nan de guérir le jour du sabbat? »
k Eux gardèrent le silence. Et l'ayant pris par la main, il 1ο guérit et le congédia. 5 Et il leur dit : « Qui d’entre vous, si son fils ou son bœuf tombe dans un puits, ne l'en retire pas aussitôt un jour du sabbat? » 5 Et à cela ils ne purent rien répliquer.
τον il disait aux invités une parabole, remarquant comment ils
5) CF. Mt. χη, 41. L’anacoluthe est plus sensible dans Le. L'hypothèse suppose une citerne éventrée et qui n'a pas élé réparée, ou un très large puits comme on en rencontre encore beaucoup, avec des margelles très basses, et vers. lesquels on conduit les troupeaux. Un homme peut tomber en se penchant pour remonter le seau, ou une bête à la suite d’une poussée du troupeau vers les auges à boire. Dans un cas de nécessité, pour sauver τής vie, il était permis d'agir. Le sabbat doit done céder à une loi plus haute. Ce peut être iei la leçon donnéé par 16 Maître. Cependant l'interrogalion met les auditeurs-tellement en vedelte qu’il a peut-être voulu comparer leur empressement (εὐθέως) à trouver une solution quand il s’agit de ce: qui est à eux, et leur froide réserve quand il
s’agit d’un étranger. De cette façon l'association de υἱάς οἱ de βοῦς n’est pas trop étonnante: votre fils, cela va de soi, mais même votre bœuf.
6) Cf. xx, 26. Les Pharisiens n’essayent pas de répondre et se tirent d’embarras en cher chant de bonnes places. — ἀνταποχρίνεαθαι, Rom. 1x, 20 + Ν. Τ,