‹ Evangile selon saint LucChapitre 203 sur 300 · LE CHOIX RES PLACES · texte numérisé non relu

LE CHOIX RES PLACES

Deux difficultés. Comment Le Christ pouvait-il adresser aux invités des paroles qui semblaient blessantes? El pourquoi Le. les qualifie-t-il de parabole, tandis qu'elles ne sont qu'un avis? Maldonat a supposé que Le. aurait transformé en avis une véritable parabole; Hollzmann que EC. avait situé ce passage (et les deux suivants) dans un banquet à cause de la nature des objets employés pour douner une lecon morale. Alors le reproche retomberait sur Ec. qui n'aurait pas senti l’inconvenance. — Il faut dire plutôt que la Palestine n'était pas la Chine, et qu'on n’y observail pas une étiquette aussi scrupuleuse, d'autant que les invités ayant manqué de courtoisie, on pouvait bien Le leur faire entendre. Jésus a attendu que chacun soit placé et à adouci la lecon en supposant un autre banquet, un banquet de noces. Chacun pouvait se faire Papplication qui lui était réellement destinée. C'est. dans ce sens que l'avis était une parabole; le banquet des noces ctait une comparaison. Sans doute aussi Et. at-il pensé avec raison que Jésus n'avait pas voulu seulement rappeler les invités à : l'observation de la politesse, et que le mot de la fin (v. 41) élevait les esprits plus haut. « E’abaissement définilif des orgueilleux éelatera dans le grand jugement, et l'élévation des humbles se manifestera dans le royaume de Dieu. Ainsi la pensée monte du festin nuptial au festin des joies éternelles » (Eoisy, τε, 133).

7) παραδολἠν au sens général qui vient d’être indiqué, ce qui est parfaitement en harmonie avec la nature assez vague du méchät hébreu (RB. 1909, p. 351 ss.).

elé τὴν πρωτοχλισίαν, pri ποτε ἐντιμότερός σου ᾖ κεκλημένος ὑπ αὐτοῦ, Ὁ καὶ ἐλθὼν ὁ σὲ καὶ αὐτὸν καλέσας ἐρεῖ σοι Δὸς τούτῳ τόπον, uxù τότε ἄρξη ᾿

ῃ γη di . .

el φ -ω e « « ο κειμένων σοι. 3 ὅτι πᾶς ὁ ὑψῶν ἑαυτὸν ταπεινωθήσεται χαὶ à ταπεινῶν

— ἐπέχων, c'est-à-dire τὸν νοῦν, cf. Act. 11, 5; I Tim. 1v, 16; Eccli. xxxt, 2; II Macch. 1x, 25.

raéreotee toujours employé dans le N. T. (sauf peut-être Act. νι, 5; xv, 22. 25) avec le sentiment de sa valeur comme verbe à la voix moyenne, mais jamais aussi énergiquement qu'ici « choisir pour soi ».

Jésus ne tient pas ce discours à propos des invités, mais bien directement aux invités (πρός répété deux fois); or précisément pour qu'ils puissent l'entendre il faut supposer que déjà les convives sont installés.

En pareil cas, si chacun cherche la meilleure place, c’est qu'il estime y avoir droit; la même vanité qui l’y a poussé l’inclinera à croire que la morale est faite à son voisin. Sur le goût des scribes pour ces places, cf. xx, 46. — Le thème de la recherche des places avec 165 risques qu'elle comporte était bien connu, Prov..xxv, 7.

8) γάμοι « festin », dans Esth. 1x, 22, ici festin à l’occasion d’une noce. Dans une occasion aussi solennelle on veille plus strictement à ce que chacun soit . à sa place. — L’amphitryon ne peut s’excuser sur ce que chacun s’est placé à son gré, comme il y invite parfois dans des réunions plus familières. Et de cette façon Jésus évitait de donner une lecon trop directe et ménageait l'amour-propre de ses auditeurs (Kn.). Il semble aussi que dans ce cas il y avait une place d'honneur tout à fait hors rang (cf. Jos. Anf. xv, 11, # προκατακλίνων), réservée à l'hôte distingué dont chaque famille se fait honneur.

9) καὶ ἐλθών ne commence pas. une nouvelle phrase, car 16 futur ἐρεῖ peut très bien se souder au subjonctif % qui suit comme toujours µή ποτε dans le N. T Cf. ἵνα καρπὀν... φέρητε al Ὑενήσεσθε Jo. xv, 8, etc. (Deb. $ 369). — Le maître de: ‘la maison aurait pu hésiter s’il avait été question de plus ou de moins dans les rangs : mais l'invité principal doit avoir sa place, et, comme toutes les autres sont prises, l’intrus devra passer au dernier rang.

10) Dans cet autre cas, il s’agit seulement de monter plus haut en s’approchant (προσανάθηθι), peut-être pour se mettre à une place encore inoccupée mais c'est toujours une distinction qui honore celui qui en est l’objet. ἵνα avec le fut. indic., comme x, 58; xx, 10. Mais ici ce n'est pas le sens final (contre Schanz); le Sauveur eût-il conseillé de prendre une place en bas afin de monter plus haut?

11) Maxime répétée dans xvir, 14 encore avec ὅτι, car dans les deux cas

choisissaient pour eux les premières places, leur disant : 8« Quand tu auras été invité par quelqu'un à des noces, ne te mets pas à la première place, car une personne plus considérée que toi pourrait avoir été invitée par lui, ° et celui qui vous aurait invités loi et lui viendrait peut-être te dire : Cède-lui la place ; et alors tu devrais, non sans confusion, occuper la dernière place. {Mais lorsque tu auras été invité, va t’asseoir à la dernière place, de façon que celui qui t'a invité vienne te dire : Mon ami, approche plus haut. Alorsce sera pour toi un honneur en présence de tous ceux qui seront à table avec toi. !! Car quiconque s'élève sera abaïissé, et celui qui s'abaisse sera élevé. »

211 disait aussi à celui qui l'avait invité : « Lorsque tu donnes à

elle ressort très naturellement du cas posé. Dans ME. xxur, 12, elle est appliquée à la situation, aussi débute-t-elle par 6otw. Il n’en est pas toujours ainsi sur la terre, hélas! mais cela arrive encore assez souvent, et le public y prend tant de plaisir que la formule passerait aisément pour un proverbe. Les faits auraient pu être présentés en parabole; l’apostrophe directe donne à la

comparaison le ton d'un avis, mais cet avis, par la conclusion qui en résulte, devient une lecon générale d'humilité, Car le Sauveur n’a pas conseillé cette humilité « à crochets » qui s’abaisse pour se faire remarquer. Il avait donc plutôt en vue cette appréciation suprême de Dieu qui mettra enfin chacun à sa place, et les humbles à la première.

19-14. Le cHoix pes invités. Dans ce second « discours de table » le mot de parabole n'est pas prononcé, et l'avis paraît même plus direct, puisqu'il ne s'adresse qu’à une personne. Mais l’Oriental n’a pas besoin qu'on appelle son attention sur le style figuré d'un discours, et sans doute- personne alors ne songea à prendre les choses trop à la letire, comme si Jésus avait positivement interdit d'inviter les parents et les amis. Sous une forme parabolique légèrement paradoxale, il voulait enseigner que les actions les plus agréables à Dieu sont celles où l'intérêt propre le cède à la charité. Le choix du sujet s'explique précisément parce qu'on est à table. Il est donc assez téméraire de dire que Le. a changé une parabole proprement dite en un discours de table (Holtz.). La charité envers les pauvres qu’il avait à cœur α pu suggérer le motif. Et il est encore plus aventureux de dire que Le. a eu en vue la propagande chrétienne auprès des gentils, pauvres et infirmes dans l'ordre spirituel (Loisy). Le texte est assez riche d'enseignement, sans cette allégorie, et l’on sait que Luc insiste volontiers sur le devoir de l'aumône, ce qui derechef n'autorise pas les critiques à ranger ce morceau dans une prétendue série ébionite.

12) ἔριστον à côté de δεῖπνον fournit la nuance entre le déjeuner et le diner. — φώνει au lieu de κάλει (v. 13) indique peut-être plus de solennité, une invitation qu’on va faire personnellement. Toutes ces invitations se justifient par les bonnes relations et par l'usage; cependant les « voisins riches » suggèrent déjà

2) N δν & Les A ρ a: N ; ,

ras ἄριστον À δεῖπνον, WA φώνει τοὺς φίλους σου μηδὲ τοὺς ἀδελφούς σου

μη2ὲ τοὺς συγγενεῖς σου μη2ὲ ! Jan 9 +

Page 1