‹ Evangile selon saint LucChapitre 22 sur 300 · IV. LA PRÉDICATION INSTANTE DU SALUT, 1X, D1-XVIIT · texte numérisé non relu

IV. LA PRÉDICATION INSTANTE DU SALUT, 1X, D1-XVIIT

On intitule souvent cette section : voyage en Pérée, ou voyage à Jérusalem. Et en effet il a plu à Luc de montrer à l'horizon Jérusalem et la Passion (1x, 51); mais deux fois encore il indique la direction de Jérusalem (χι, 22; χνπ, 11), en attendant une quatrième fois (αντ, 34), qui sera la bonne, puisqu'on y arrivait. Avait-il donc en vue deux ou trois voyages ? Et en effet, à un certain moment nous sommes en Samarie, puis dans les terres ἆ Ἠότοάρ {xxr, 34), puis nous allons à Jérusalem par la Samarie, comme au début, et même le long de la Galilée (χνιᾳ, 41)! D'autre part on peut objecter au multiple voyage une raison très grave, c'est que l'itinéraire dès le début est en vue de la Passion. Pourtant Luc a dû se rendre compte de ce qu’il faisait. Il faut donc qu'il ait été amené par les circonstances traditionnelles à distinguer des voyages, ‘ sans vouloir les préciser, soit à défaut de renseignements exacts, soit parce que, comme historien, il entendait mettre toute cette section sous le signe de Jérusalem et de la Passion. Après avoir confié aux Apôtres la vraie notion du devoir qu’il avait à remplir, Jésus marchait vers soñ but.

Mais si cette orientation du ministère de Jésus n’est pas sans émouvoir, si elle donne à tout l’enseignement quelque chose de plus pathétique et de plus pressant, il faut avouer qu’elle offre un médiocre appui pour fixer l’enchaînement des faits ou leurs modalités historiques.

En vain cherche-t-on, dans cés pages, à savoir où on est; on sait seulement qu’on est toujours dans le pays d'Israël, puisque rien n'indique qu'on en soit sorti. Aucune indication de lieu, hors celles que nousavons dites. La scène est toujours simplement quelque part.

La physionomie des acteurs n’est pas moins différente dans cette section. C’est au début, comme pour la géographie, que nous trouvons un trait précis. Jacques et Jean sont nommés et parlent (1x, 51-56). Pierre ne le sera qu’une fois pour une question (xx, 41), sauf à revenir sur la fin dans le contexte de Μο. (Le. xvrrr, 28). Les apôtres sont nommés une fois {xvit, 5), mais le pire, c’est qu’ils ne font plus rien. En Galilée on était en plaine ou en montagne, sur la terre ou sur l’eau, et les disciples familiers allaient à la pêche, se disputaient, mangeaient, ne comprenaient pas, questionnaient, même dans Luc, quoique moins que

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