‹ Evangile selon saint LucChapitre 23 sur 300 · LE PLAN ΕΤ L'ESPRIT DU TROISIÈME ÉVANGILE. 'XXXIX · texte numérisé non relu

LE PLAN ΕΤ L'ESPRIT DU TROISIÈME ÉVANGILE. 'XXXIX

dans Marc. Simon, surtout, intervenait volontiers, sous le nom de Pierre (v, 6: vi, 14: vin, 45.51; 1x, 20.28.32), ou sous celui de Simon (Υ, 3.4. 5.8.10; ντ, 14). Ils ne seront pas moins vivants dans la partie qui suivra celle-ci. Ici, ils ne sont guère que des figurants muets (notez cependant xt, 1; ΧνΤΗΠ, 5). La foule elle-même est inerte, sauf la brave femme qui glorifie la Mère de Jésus (χι, 28 5.).

Ce n’est pas que cette section ne contienne des beautés splendides, les chefs-d’œuvre de- Luc, presque toutes ses paraboles et les plus belles de toutes. C’est donc que l’enseignement a pris la meilleure part. Jésus est suffisamment manifesté au monde par ses miracles (1), il reste à entendre ses paroles les plus utiles au salut. Ilest vraisemblable que Luc a eu cette pensée. Mais s’étant montré aussi indifférent à ce qui est caractéristique de l’action et de la vie, nous a-t-il disposés à croire qu’il a rangé ces précieuses paroles dans l’ordre chronologique ? Peut-être a-t-1l pensé que toutes se rapportaient à une seconde phase du ministère, mais sont-elles entre elles dans un ordre chronologique rigoureux? Il semble bien que non.

Il est facile, en effet, de constater que plusieurs paroles et même plusieurs faits sont rangés par groupes. Or s’il est assez vraisemblable que Jésus ait donné plusieurs enseignements sur le même sujet par exemple sur la prière, et au moyen de paraboles allant deux par deux, il est peu vraisemblable que les trois seules vocations se soient présentées à la suite (1x, 57-62). Il est possible cependant que des sujets un peu différents aient été réellement rapprochés par la circonstance fortuite d’un banquet (xiv, 4-24), et que certains épisodes, sans lien logique avec : le contexte, aient apparu dans la réalité au même moment que dans le récit.

C'est avec ces réserves qu'on peut distinguer les groupes de cette partie, sans essayer de les ranger sous des rubriques plus générales, et sans affirmer que ces groupes représentent un ordre chronologique.

4) Le règne de Dieu promulgqué, 1x, 51-x, 24.

Luc débute cette fois encore par l'opposition que font les hommes. Ici c’est le mauvais accueil d’un village samaritain. Jésus ne veut pas punir ce refus par un prodige. Il n’en organisera pas moins la promulgation décisive du règne. Les vocations sont assez logiquement placées dans ce contexte, mais la situation les requérait aussi. La mission des soixantedouze est suivie, comme celle des Apôtres, d’une révélation importante sur la défaite de Satan et sur le Fils.

9) Épisodes : x, 25-42. Question d'un scribe et réponse sur la loi de charité, parabole du bon Samaritain, Marthe et Marie. Deux scènes pro-

(1) Cette section en contient encore quatre : xx, 14; ατα, 10 68.; xIv, 4; xvim, 11 85., mais Le. ne mentionne plus ces nombreux miracles qui attiraient les foules.

XL INTRODUCTION

bablement groupées par la proximité des lieux et la suite chronologique.

3) La prière de la nouvelle communauté et efficacité de la prière, xx, 1-13.

L'unité de thème est visible. En plaçant à une date relativement tardive loraison dominicale, qui était la prière liturgique de la communauté, Luc a sûrement pour lui la vraisemblance.

4) Il y a des signes suffisants pour les âmes droites, xt, 14-36, quoiqu’ils soient rejetés par les autres, χι, 37-54. Tout se réfère ici à l'acceptation ou plutôt au refus de l’appel de Dieu. Au début, quelques-uns soupçonnent l’action de Béelzéboul; à la fin, c’est la menace aux descendants de ceux qui ont tué les prophètes qui donne sa portée à la dénonciation des Pharisiens et des Scribes. C’est donc un rapprochement d'idées qui a mis en contact deux épisodes si éloignés l’un de l’autre dans Mt. (χιτ, 22-37, ΧΧΠΙ, 1-26). Très logiquement, Luc, n'ayant pas fixé la scène à Jérusalem, s’abstient cette fois de faire interpeller la ville par Jésus. Mais tout s'explique mieux en présence de la ville, et peut-être en étaiton tout près. C'est ce que suggèrent les épisodes précédents : La parabole du bon Samaritain, l'épisode de Marthe et Marie, même le Pater qu'une tradition fort ancienne place au mont des Oliviers.

La louange de la mère de Jésus (χα, 27 5.) pourrait être un épisode appelé par le lieu et le temps; mais il marque bien aussi-le plus haut point de fidélité à recevoir la parole. Α la fin (αι, 33 5.) Luc note un progrès dans la haïne des Scribes et des Pharisiens.

3) Sermon sur le salut, χα, 1-59.

Ce sermon n'est pas moins important que le premier. Tout roule sur le salut, auquel il faut tout sacrifier, sur le détachement des biens de la terre, le prix unique de l’âme, la nécessité de veiller, avec une conclusion véhémente sur l'option qui va étre imposée à tous. Cependant Luc a presque alterné entre les disciples et la foule comme auditoire, et noté un épisode (32-34) qui forme une transition.

6) Destinées historiques du règne de Dieu, réprobation d'Israël, XIII, 1-35.

Lé sermon sur le salut s'adressait à chaque âme. Vers la fin cependant, il faisait une place aux circonstances pour inviter plus instamment à la pénitence. C’est le sujet de tout ce groupe. Israël est invité à se convertir, mais il refuse, et tout se termine par l’imprécation à Jérusalem. L' épisode de la femme voûtée fait ressortir la mauvaise foi des chefs d'Israël. Les deux paraboles du grain de senevé et du levain montrent que le. règne de Dieu se développera malgré l'opposition. L'imprécation à Jérusalem est très naturelle dans ce thème, mais plus naturelle encore en face de la ville (Mt.). Or cette fois on est dans le pays soumis à Hérode. Π semble donc que Luc n’a fait qu'une soudure littéraire sur le nom de Jérusalem (xnr, 33 et 34), sans situer cette parole selon le lieu et le

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