INSTRUCTION SUR LES HICHESSES
Après la parabole de l’économe infidèle, Jésus prononce quelques paroles qui n’en sont pas l'application, mais qui se rattachent au sujet de la richesse. Elles sont adressées aux disciples, non point au cercle plus restreint des Douze, mais à ceux qui veulent vraiment être à Jésus, et le servir comme des intendants fidèles. Il y a donc comme l'esquisse d’une opposition entre l’économe infidèle et les disciples. Si leur attitude à l'égard de l'argent n'était pas ce qu'elle doit être, ils seraient incapables d'être les serviteurs et les mandataires de Dieu. —. Le v. 13 est ML. vi, 24.
40) La maxime est générale et a pu être employée dans la parabole des talents (Mt. xxv, 24) et des mines ({Lc. xix, 47). La première partie est assez évidente; la délicatesse dans l'honnêteté, le soin appliqué aux moindres choses, émanent d'une volonté qui ne fléchira pas dans les grandes occasions. Ordinairement aussi celui qui n’est pas serupuleux pour peu de chose n’hésitera pas à commettre de grandes injustices. L'honnêteté est tout d'une pièce, quel que soit son objet. Et la maxime est vraie aussi dans 16 sens concret qui ressort du contexte et surtout de l'explication au verset suivant. — πιστός indique un dépôt (cf. xix, 47), et l’on pense aussitôt à la richesse, confiée par Dieu à l'homme, et qui est donc la « petite chose ». La grande affaire est encore et demeurera plus mystérieuse.
44) Comme si nous devions avoir compris que 16 peu de choses est la richesse, Le. écrit οὔν. La richesse est encore qualifiée d’injuste, celle fois par un adjectif : cf Eur. fragm. de ᾿Αλέξανδρος : ἄδικον 6 πλοῦτος, πολλὰ δ᾽ οὐκ ὀρθῶς ποεῖ (Nauck, p. 377). Même de cette richesse on peut faire bon usage, car le mauvais usage implique par contraste le bon, en vue duquel elle est confiée. Mais il est pas exagéré de dire avec Loisy que « selon l’idéai de la perfection évangélique, la seule bonne manière d'utiliser les richesses est de s’en défaire au profit des pauvres » (1, 162); c'est du moins le plus sûr. — Qu'est-ce que τὸ &Anbivév? D'après Jül. Holtz. Loisy, et aussi certains anciens, c’est le royaume céleste. De
10 Celui qui est fidèle dans les petites choses est aussi fidèle dans les grandes, et celui qui est injuste dans les petites choses est aussi injuste dans les grandes. 1: Si donc vous n’avez pas été fidèles dans l'injuste argent, qui vous confiera le bien véritable? 2Et si vous n’avez pas été fidèles pour un objet étranger, qui vous donnera ce
qui est à vous?
13 Nul serviteur ne peut servir deux maîtres : Ou bien il haïra l’un οἱ aimera l’autre, ou il s’aftachera à l’un et ne fera pas cas de l’autre.
Vous ne pouvez servir Dieu et l'argent. »
cette façon, l’enseignement se rattache directement à celui de la parabole : faites l’aumône pour être bien reçus dans le ciel. Mais le bonheur du ciel pourrait-il être confié pour en faire un bon ou peut-être un mauvais usage, comme l'indique le mof πιστεύσει qui n’est pas là comme un simple équivalent de δώσει (v. 12)? — D’autres (Chrys. Mald. etc.) l’entendent de la grâce et des dons du Saint-Esprit. Mais c’est trop spécialisé, d'autant que l'opposition entre l’aoriste ἐγένεσθε et le futur πιστεύσει indique deux étapes ; on ne commence la seconde que quand on a achevé la première. 11 faut donc que ἀληθινόν soit à la fois réservé à l'avenir et cependant donné dans un temps où il y aura lieu d’exercer les vertus, c'està-dire au temps du royaume de Dieu, commencé, mais qui à un certaih moment sera vräiment établi sur la terre. Si l'on remplace la tournure négative par son aspect positif, on dira que les disciples fidèles dans l'emploi des richesses, et ceux sans doute qui s’en seront réellement dépouillés, seront jugés dignes de recevoir les biens spirituels lesquels leur seront confiés pour exercer leur fidélité dans une sphère plus haute. Les précisions sont réservées à l'avenir.
12) Les philosophes opposaient les biens du dehors, étrangers à l'homme, et ce qui. est son bien propre, l'exercice de la raison et de la vertu : ἀεὶ μεμνημένος ὅ τι σὸν καὶ τί ἀλλότριον [καὶ] où ταραχθήσῃ (Epict. 1, 6, 8). C'est l'idée qu ’évoque la leçon τὸ ὑμέτερον, qui est de beaucoup la mieux attestée. Mais d’après l'Évangile il y à des biens spirituels qui sont vraiment aux hommes, et qui leur soni
cependant donnés.
Le christianisme catholique peut dire en à toute vérité que la grâce même est nôtre; ce qui n'empêche pas qu’elle vienne de Dieu par Jésus-Christ. C’est probablement à ce second point de vue que fait allusion la lecon τὸ fpérepov, « le divin qui est à nous »; elle a l'apparence d’une correelion théologique pour exprimer l'origine du don. Elle est d’ailleurs peu en. harmonie avec l'interrogation oratoire τίς δώσει; le dernier mot suffit à distinguer la doctrine de Jésus de celle des Stoïciens refusant de demander aux dieux la vertu qui devait venir d'eux seuls.
13) Exactement Mt. νι, 24, sauf ici l'addition de οἰκέτης, justifiée par le contexte, et avec l'emploi du mot difficile ἀνθέξεται qui révèle le même original grec. Les deux contextes sont satisfaisants. Dans Le., cette maxime justifie la décision qui précède et la met en lumière. Si vous n’avez pas été fidèles à Dieu
δύνασθε θεῷ δουλεύειν καὶ Mauve. 14 Ἴκουον δὲ ταῦτα πάντα
ot Φαρισαῖοι φιλάργυροι ὑπάρχοντες, καὶ ἐξεμυκτήριζον αὐτόν. 16 καὶ εἶπεν Ss
eo En $ 9 ο € 3 LA Een ο Ν αὐτος Ὑγμεῖς ἐστὲ οἱ δικαιοῦντες ἑαυτοὺς ἐγώπιον τῶν ἀνθρώπων, ὁ δὲ
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