ΧΧΠ-ΧΣΙΠ. — LA PASSION
La Passion dans Le. comprend trois points : la dernière Cène (αχι, 1-98); la Passion {xxu, 39-xxmm1, 49); les funérailles (xxrt, 50-56). Dans cette partie, Le. ne s'attache pas aussi étroitement que précédemment à l’ordre de Mc. ; le sujet est plus complètement refondu. Aussi nous n’indiquerons pas toujours les menues divergences.
xx, 4-2, LE comrror (Μο. χιν, 4.2; Mt. xxvI, 1-5).
Beaucoup plus près de Μο; que de Mt., et encore plus concis. Luc devait choisir entre cette concision et des explications pour les gentils qui eussent dù être longues (Holtz.)
4) La date du complot, deux jours avant la Pâque (Me. Mi.) est remplacée par le vague ἤγγιζεν, et tout en ayant comme Me. la pâque et les azymes, Le. sait donner à sa phrase une allure d'explication pour les gentils, dans le sens de Jos. Ant. XVII 1x, 3 : ἄζυμα προτίθεσθαι nétptov φάσκα ὃ᾽ ἡ ἑορτὴ καλεῖται, οἱ Ant. XIV, nt, 1 : πατὰ τὸν χαιρὸν τῆς τῶν ἀζύμων ἑορτῆς, ἣν πάσχα λέγομεν.
2) Schéma un peu sec, qui dit le nécessaire en généralisant. Dans Mc. les grands prêtres et les scribes sont déjà d'accord pour employer la ruse, et
se demandent quelle ruse. Le πῶς de Le. est plus général, et la crainte ne porte
pas spécialement sur l'époque de la fête. D'ailleurs cette crainte suppose que le peuple était toujours sympathique à Jésus. — ἀνέλωσιν est du style de Le.
Un certain nombre d'extrémistes. nient la trahison de Judas. On peut voir leurs arguments qui ne méritent guère une réfutation dans Schläger (ZnTW. 4914, p. 50 58.).
Le. a omis l’onction à Béthanie, probablement parce qu'il avait déjà une scène d'onction (ντ, 36-50), de sorte que dans son texte les vv. 4 et 2 ne sont que l'introduction à la trahison, racontée en plus de mots que dans Mc.
105 la fête des Azymes, qu’on nomme la Pâque, approchait. ?Et les grands prêtres et les scribes cherchaient comment ils le feraient disparaitre, car ils craignaiïent le peuple.
805 Satan entra dans Judas, surnommé Iscariote, qui était du nombre des Douze; #et il alla conférer avec les grands prêtres et les officiers sur la manière de le leur livrer. Et ils se réjouirent et çonvinrent de lui donner de l'argent. 6Et il se mit d’accord, et il cherchait une occasion de le Leur livrer à l'insu de la foule.
3) Comme Mc., si ce n’est que la phrase est plus claire pour des hellénisies. Dans Le. Satan est l’instigateur, comme le diable et Satan dans Jo. χιπ, 2.27. — εἰσῆλθεν se dit aussi des possédés (vu, 30. 33; χι, 26; Me. 1x, 25), mais le contexte indique (ce que Jo. dit plus clairement) une suggestion mauvaise, car Judas ne présente aucun symptôme de double personnalité. Satan rentre en scène comme on pouvait s’y attendre d’après τν, 43. Nous avons ici un indice du soin avec lequel Luc compose.
4) Nouvel indice, la mention dans les préparatifs des stratèges qui paraitront dans l'exécution (v. 52). Luc est seul à nommer ces stratèges dans l'évangile, et dans les Actes il ne parle que du stratège, 6 στρατηγὸς τοῦ ἱεροῦ (Act. 1v, 1; v, 24. 26). Josèphe nomme le stratège (Bell. VI, v, 3; Niese 294) οἱ τοῦ ἱεροῦ φύλακες ἤγγειλαν τῷ στρατηγῷ, et connaissait peut-être des stratèges inférieurs, quoiqu'il ne les nomme jamais au pluriel (Bell. I, xvir, 2; Ant. XX, vi, 25 1x, 3), la Michna nomme ce commandant Segan et connaît aussi des seganim au pluriel (Bikkurim im, 3) qui étaient les stratèges dont Le. parle ici, officiers de la police du Temple, sous la direction d’un seul stratège, le προστάτης τοῦ ἱεροῦ (TI Macch. πῃ, 4), chargé de maintenir l’ordre (Schürer, 11, 320 ss.). Tout ce personnel était israélite, recruté parmi les Lévites. La présence des stratèges est tout indiquée pour une mesure d'administration ou de police.
ϐ) ἐχάρησαν comme Μο. (mais non Mt.), trait significatif. — συνέθεντο, Act. αΧΗΠ, 20; Jo. 1x, 22 + Ν. T. Ils s'entendent entre eux pour faire une proposition à Judas; αὐτῷ ne peut se rapporter qu’à δοῦναι quoique la tournure « convenir avec quelqu'un » soit possible; I Macch. xv, 27.
6) Judas accepte (Le. seul), ce qui met en relief son libre arbitre et sa culpabilité. — Le sens de tomber d'accord, dans TBP. 183 (Πο s. av. J.-C.) τοῦ 4w- [udoy lou ἐξωμολογησαμένου ἕκαστα (Expos. ΥΠ, 40 p. 375). ἅτερ ὄχλου de Lc. seul, lui a peut-être paru rendre suffisamment la crainte spéciale exprimée par Μο. v. 2.
7-14. PRÉPARATIFS POUR LA DERNIÈRE CÈNE (Me. xiv, 42-17; Mt. Χαντ, 17. 20).
Rappelons la difficulté de concilier le quatrième évangile et les synoptiques. Ce n’est point une question de quantième du mois, comme on le dit parfois pour escamoter la question, plutôt que pour la résoudre. Jean dit (xvur, 28) que le jour de la mort du Christ les Juifs n’avaient pas mangé la Pâque. Les synoptiques semblent dire qu'il la mangea la veille de sa mort. Pour les concilier en
HS
Ἰ"Ἠλθεν δὲ À ἡμέρα τῶν ἀζύμων, ᾖ ἔδει θύεσθαι τὸ πάσχα. 8 xat ἀπέf ώ
στειλεν Πέτρον καὶ ᾿Ἰωάνην aix ἵνα φάγωμεν. Ὁ οἱ δὲ εἶπαν αὐτῷ ΙΠοῦ θέλεις ἑτοιμάσωμεν; ‘106 δὲ εἶπεν 3 - στο >: A e - - 2 4 Γ. , ς 34° αὐτοῖς ᾿δοὺ εἰσελθόντων ὑμῶν ἐῑς τὴν πόλιν συναντήσει ὑμῖν ἄνθρωπος 7 LAN ? . 2 4 3 9 ο 9 7 ? οι .
κεράμιον ὕδατος βαστάζων᾽ ἀκολουθήσατε αὐτῷ εἰς τὴν οἰχίαν εἰς ἣν εἶσποmn nt 9 μα ς ρεύεται. yat ἐρεῖτε τῷ οἰκοδεσπότῃ τῆς οἶμας Λέγει σοι ὁ διδάσκαλος LA 3
ων \ συ κ 1 πο . 19 ns Ποῦ ἐστὶν τὸ χατάλυµια ὅπου τὸ πάσχα μετὰ τῶν μιαθητῶν µου φάγω; 1? κἀχεῖνος
- η . : » ο l = μῖν δείξει ἀνάγαιον μέγα ÉcTpwuévor ἐκεῖ ἑτοιμάσατε. 1? ἀπελθόντες
prenant Jean pour base, comme on doit le faire pour de bonnes raisons (cf. Comm. 1ο), il faut admettre ou bien 1) que les synoptiques n’enseignent pas en réalité que Jésus ait mangé la Pâque, ou bien 2) qu'il a anticipé d’un jour sur les Juifs. La première solution (encore PL.) est difficile à soutenir d’après les textes; aussi le Concile de Trente, s’il n’enseigne pas explicitement que Jésus a célébré la Pâque juive, il le suppose du moins : nam celebrato vetere Pascha, ο novum instituit Pascha (Sess. xxv1, cap. 1). La deuxième solution peut envisager deux modes : a) les synoptiques laissent entrevoir l’anticipation; b) ils parlent du jour légal, mais sur lequel il pouvait y avoir par ailleurs un désaccord. Le premier mode (Schanz) consiste à nommer jour de l’immolation des agneaux le 13 nisan, parce que, d’après les Juifs, le 14 nisan, jour de l’immolation, commençait au coucher du soleil du 13. S'il parait contraire aux textes, il faudra donc recourir au second mode, en confessant notre ignorance sur les raisons que pouvaient avoir les synoptiques de regarder le jour où Jésus a fait la Pâque comme légal, soit pour des raisons de jurisprudence, soit d'après une appréciation du fait de la nouvelle lune (cf. Comm. Μο.). Nous n'aurons à nous occuper eæ pro/fesso que des textes de Le.
7) L'expression de jour des azymes n'était pas employée par les Juifs pour désigner le jour de l’immolation ou 14 nisan, car la fûte des Azymes ne commençait que le 15. Mais Luc ayant pris le parti, conforme à un usage recu, d’après Josèphe, de nommer pâque la fête des azymes, pouvait nommer jour des azymes le jour de la préparation au festin pascal, d'autant que les pains fermentés devaient disparaître ce jour-là. D'ailleurs il explique que c'était le jour de l’immolation, donc le 144 nisan. Seulement comme Le 14 nisan juif commençait au coucher du soleil du 43, Schanz, PI. etc. croient que Le. fait allusion au matin du 143. Or cela est beaucoup plus difficile à soutenir pour Le. que pour Mc., car τῇ πρώτη uéoz τῶν ἀζύμων peut s'entendre de la veille du jour des azymes, entendu comme dans Le. du jour de l’immolation. Schanz note que ἦλθεν n'est pas un plus-que-parfait; le jour vint, c’est-à-dire commença. Mais commenca-t-il pour les Juifs ou pour les Gréco-romains? Si c'est pour les Juifs, il commença au coucher du soleil du 13 et la Pâque n’a pu avoir lieu que le 14. Si c'est pour les gentils, on ne peut nommer 19 13 au matin 16 jour de l'immolation, sous prétexte que le jour de l'immolation commencera pour