εν τη βασιλεια (Τ 5 V) et non εις την βασιλειαν (H
p.7 55.); exactement comine Le. au v. 36 attribue aux soldats l'offre du vinaigre, qui ne put être le fait que d’un seul. Il faut d’ailleurs en conclure que ni Μο, ni Mt. n’ont eu présente à l'esprit l’histoire du bon larron, car ils ne se seraient pas exprimés d’une manière aussi générale. Ce qui n'empêche pas que Le. l'ait recueillie dans une tradition authentique. IL n’est point du tout un créateur de symboles; c'était le cas moins que jamais dans cette circonstance d'une réalité si poignante.
39) zpepévvu(héb. ποπ) est fréquent dans l'A. T. On exposait les suppliciés sur un gibet après leur mort. Dans Luc seul (et Gal. ur, 13, citation) ce mot est synonyme de crucifier à la romaine, en ajoutant ἐπὶ ξύλου (Act. v. 30; x, 39); ici le contexte était assez clair. — βλασφημέω est un peu plus énergique que ὀνειδζω, mais cette nuance ne suffit pas à établir une distinction entre le bon larron qui se serait associé aux reproches injurieux de l’autre, mais ne l'aurait pas outragé par de mauvaises paroles, et celui dont Le. parle ici. D’autant que ses paroles pourraient convenir à ὠνείδιζον (Μο. Mt.). — οὔχι σὺ εἶ ὁ Χριστός; esl une ironie brutale, et point du tout une confession de foi, comme ont peut-être compris les copistes qui ont remplacé οὐχί par εἰ, « si tu es le Christ ».….. Le mauvais larron parlait en juif : Quand on a la prétention d’être le Christ, on 56 tire d'affaire, et les camarades avec soi. C’est le troisième retour de ce refrain insultant. La foi de l’évangéliste n’hésite pas à relater cette insolente mise en demeure des chefs des Juifs, des soldats, d'un criminel. Ἡ nous console par la sérénité miséricordieuse du Sauveur.
40) Le contexte serait plus satisfaisant si l’on traduisait avec la Ve. neque tu, pas même loi, qui es associé au même supplice. Mais les commentateurs récents (Schanz, PL. etc.) font remarquer que οὐδέ ne peut porter que sur φοθῇ. Ἡς expliquent : « Tu n'as pas même la crainte de Dieu, alors que, condamné comme nous, tu vas paraître devant lui. » — 1 faut cependant que le reproche du bon larron porte sur l’agression contre Jésus, plutôt que sur les dispositions générales de l’autre. Le sens est donc : « Tu n'as pas même la crainte de Dieu, (et tu te permets de l’attaquer), parce que tu es sous le coup de la mème condamnation, ce dont tu t'autorises pour le mettre sur le même rang que nous. » Loisy : « Élait-ce le moment d'offenser Dieu par nine injnstice » (αν 675)?
ÉVANGILE SELON SAINT LUC, XXI, 44-44. ο 991
% Or l’un des malfaiteurs qui étaient crucifiés l’insultait, disant : «% N’es-tu pas le Christ? Sauve-toi toi-même et nous aussi. » 40 Mais l’autre, prenant la parole pour le faire taire, “lui dit : « Tu n'as done pas même la crainte de Dieu, toi qui endures le même supplice? 31 Et pour nous, c’est justice, car nos actes avaient mérité le châtiment que nous recevons; mais lui n’a rien fait de mal. » ÆEt ἡ ajoutait : « Jésus, souviens-toi de moi lorsque tu viendras dans {l'éclat de] ton règne! » # Et il lui dit : « En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. » “Et il était déjà environ la sixième heure, quand il se fit des ténèbres sur toute la
41) Le bon larron accepte sa condamnation et son supplice. La foi qu'il va témoigner à Jésus vient d'une âme repentante. — ἄτοπος, Act.-xxv, 5; Χχνπι, 6;
Π Thess. nr, 2. + Ν. T. Le sens classique « absurde » avait pris une nuance morale défavorable; cf. Philon, Legg. Alleg. 1x, 17 et Pap. Petr. 11, 19 (τα) 1. 5 5. (1199. av. J.-C) : un prisonnier affirme qu'il n’a rien dit ἆἄτοπον (MM.).
42) µνήσθητί µου, cf. Gen. xL, 14 et les cas cités par Field. Il est assez naturel qu'un compagnon d'infortune se recommande à celui dont il pressent les brillantes destinées. Mais Jésus allait mourir, et le bon larron ne suppose pas qu'il va faire le miracle qu’on lui demande insolemment. Ἡ voit que Jésus est innocent, et il croit qu'il est vraiment destiné à être le roi du royaume de Dieu, le sien. La leçon εἰς τήν βασιλείαν indiquerait le moment où Jésus, par sa mort, va entrer dans son royaume. Mais εἰς avec l'accus. se présentait comme plus correct après ἔλθης, tandis que ἐν et le datif ne peuvent être une correction. ἐν τῇ θασιλεία est donc la bonne lecon et signifie « dans la possession, dans l'éclat deïton règne ». On dirait que 16 bon larron, sûrement un juif, pensait à l’avènement du Messie à la résurrection.
43) Après les mots ἁμήν σοι λέγω qui soulignent l'importance et la sûreté de la promesse, Jésus accorde plus que le larron n'implore. C'est le jour même, au moment de sa mort, qu'il retrouvera Le Christ. Plutôt que de chercher expressément ce qu'est ce paradis, si le bon larron est descendu aux limbes etc., il faut se souvenir des paroles de saint Ambroise : Vita est enim esse cum Christo ; ideo ubi Christus, ibi vita, ibi regnum. — Le mot de παράδεισος, « jardin délicieux » évoquait pour le bon larron l’image d’un lieu de bonheur (IV Esdr. vi, 36; Hén. ωχ, 19 etc.). |