‹ Evangile selon saint LucChapitre 285 sur 300 · LES DEUX MALFAITEURS · texte numérisé non relu

LES DEUX MALFAITEURS

32) Ce verset ne fait pas partie de la péricope précédente, et termine ‘plutôt par une énclusio (ἀπήγαγον — #yoyro) la petitefsection commencée au v. 26. — Il a

enfanté, et les mamelles qui n'ont pas nourri. » # Alors on commencera à dire aux montagnes : « Tombez sur nous », et aux collines : « Cachez-nous! » #!Car si l’on traite ainsi le bois vert, qu’en sera-t-il du sec? » On conduisait aussi deux autres malfaiteurs avec lui,

pour être exécutés. BEt lorsqu'ils vinrent au lieu appelé Calvaire, ils le crucifièrent

là ainsi que les malfaiteurs, l’un à droite, et l’autre à gauche. #Et Jésus disait : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils

pour but de préparer l'épisode des deux larrons. Luc dit avec une grande simplicité « deux autres malfaiteurs »; le lecteur en conclut seulement que Jésus a été compté comme un coupable, ainsi qu’il l'avait prédit (xxn, 37). C’est probablement pour ménager une pause que, au lieu de ἕτεροι κακοῦργοι δύο, le plus grand nombre (encore Soden) a écrit : ἕτεροι δύο xx. « deux autres, qui étaient des malfaiteurs. » — Pourquoi ces deux malfaiteurs avec Jésus? Peut-être simplement pour ne pas faire des exécutions trop souvent. Peut-être à dessein, afin d'avilir Jésus. Ce fut souvent la destinée des martyrs : πολλάκις ἅμα καχούργος ἐμπομπεύσας τῷ σταδίῳ (Eus. Martyr. Palest. νι, 3, cité par PL.). Un ms. latin (1) nomme les larrons loathas et Maggatras. — ἀναιρεθῆναι, cf. xx, 2.

33-38. LE CRUCIFIEMENT (Μο. αν, 22-27; Mt. xxvir, 99-08: Jo. xix, 17b-27).

: Le. s'écarte légèrement de l’ordre de Μο. et de Mt. qui est identique. Après l'arrivée au Calvaire, il omet le vin aromatisé, et place aussitôt la crucifixion de Jésus et celle des deux larrons, selon l’ordre logique des faits. Puis vient la parole de pardon qui manque à Mc., et le partage des habits. Le détail de l’inscription est renvoyé dans Le. après les insultes, auxquelles prennent part les soldats en offrant le vinaigre. L'ordre de Jo. est le plus naturel : crucifixion de Jésus et de deux larrons, le titre, le partage des vêtements. Dans Μο. ME. Jo, le vinaigre vient à la fin, sûrement avec raison. Luc l’a mis plus tôt, soit parce qu'il n'a pas le vin aromatisé, soit parce que dans Mc. et Mt. il était lié au cri « Eli » cte. qu'il ne voulait pas reproduire.

33) Le. ne donne pas le nom hébreu de Golgotha, mais seulement son équivalent grec. Le P. Vincent y a vu l'équivalent aussi du ras (tête) arabe, pour désigner un sommet proéminent (Jérusalem... 11, p. 93). L’authenticité du lieu, dans l'Église du Saint-Sépulcre, a été parfaitement mise en lumière dans cet ouvrage, p. 89 ss. — Le. ayant déjà parlé (ν. 32) des deux malfaiteurs peut placer dès ce moment leur crucifiement, qui eut sûrement lieu avec celui de Jésus (cf. Jo. ΧΙΣ, 18).

943) L'authenticité du demi-verset est très contestée. Si Tisch. et Soden le maintiennent sans hésitation, WH le rejettent avec non moins d'assurance. Les dernières découvertes sont peu favorables, puisque syrsin. W (Frier) et © (Koridethi) sont pour l'omission avec BD 38. 435. sah. boh. (mss.) lafé. (a ὃ à). Cependant l'authenticité critique demeure beaucoup plus probable avec N * AC tous les autres mss., le très grand nombre des mss. de l'anc. lat., la vg. syrcur. ges. hier. boh.(mss.), arm. eth. Ir. (lat.), les canons d’Eusèbe etc. La difficulté

τὰ ἱμάτια αὐτοῦ ἔβαλον κλῆρον. rat εἰστήλει ὃ hads θεωρῶν. ἐξεμυκτή- ONE # € ριζον δὲ καὶ οἱ ἄρχοντες λέγοντες Άλλους ἔσωσεν, σωσάτω ἑαυτὸν, εἰ obréc ἔστιν à * 5 ὁ ἔγλεντς 36 ἐνέπ ἔστιν ὁ χριστὸς τοῦ θεοῦ, ὁ ἐχλεχτός. ἐγέπαιξαν δὲ αὐτῷ nat οἱ στρα- \ εἶ

τιῶται προσερχόµενοι, ὄξος προσφέροντες αὐτῷ yat λέγοντες ET σὺ εἶ ὁ

ο ; = + βασιλεὺς τῶν Ἰουδαίων, σῶσον σεαυτὸν. 8 ἦν δὲ καὶ ἐπιγραφῇ Tr αὐτὸ

86, ενεπαιξαν (T Η) plutôt que ενεπαιξον (8 V). 38. om. γραμμασιν ελλήνικοις και βωµαιχοις και ε6ραινοις (T Η V) plutôt que add. (8).

est d'assigner une cause à l’omission. Est-elle due seulement à l'influence des parallèles (S)? Mais Le. a bien d’autres traits particuliers qui n’ont pas élé omis. Ou a-t-on pensé que l’indulgence du Sauveur était excessive, car les Juifs savaient bien qu'ils faisaient mal? — Toujours est-il que cette admirable parole n'aurait pas été insérée si elle n'avait fait partie de la tradition, comme W.-H le reconnaissent.

Si ποιοῦσι» devait s'entendre de la crucifixion, de sorte que Jésus aurait, durant ce temps, proféré cette parole, le pardon s’appliquerait en premier lieu aux exécuteurs, les soldats. Mais de ces pauvres hères il est trop évident qu'ils ne savaient pas ce qu'ils faisaient, car ils ne croyaient pas mal faire. Le pardon porte plus haut, et sur toute l’œuvre du peuple juif entrainé par ses chefs (Schanz, Kn. Hahn οἱο.). Ceux-là étaient vraiment coupables et avaient grand besoin de pardon; les preuves d’aveuglement volontaire, de haine et de duplicilé ne manquent pas dans Le.; cependant ils ne comprenaient pas l’énormité de leur crime; leurs préjugés égaraient un zèle dont la source pouvait leur paraître pure. C’est-ainsi que les Israélites sont jugés Act. m1, 47; xt, 27; 1 Cor. 1, 8. — Saint Étienne a prié dans le même esprit de charité, mais non dans les mêmes termes (Act, νπ. 60), tandis qu'on les retrouve sur les lèvres de saint Jacques de Jérusalem avant son martyre (Eus., HE. x, xxu, 16); ef. Is. zur, 42 (héb. mais non LXX). Il faut surtout se souvenir que la charité couvre la multitude des péchés (1 Pet. τν, 8).

34b) Le partage des habits comme dans Μο. et Μί.; cf. Ps. χι, 19.

35) Le., n'ayant pas fait figurer au procès l'accusation relative à la destruction et à la reconstruction du temple, n’en parle pas non plus parmi les insultes. Au lieu de citer celles des passants ct des grands prêtres, il divise les spectateurs en trois catégories : le peuple regarde, peut-être déjà dégrisé, sa fureur étant tombée une fois satisfaite par l'appareil du supplice; les chefs ont une moquerie insolente vraiment peu digne du pardon; les soldats plaisantent. — On pourrait objecter que καί avant οἱ ἄρχοντες montre les chefs se moquant « aussi bien » que le peuple : πάντες οἱ θεωροῦντές µε ἐξεμυκτήρισάν µε (Ps. xx, 8); mais Le. n'a pas entendu faire une citation pure et simple. Il ÿ α un point après θεωρῶν. L’attitude du peuple en général est ainsi fixée. Mais il y avait sans doute aussi des moqueurs, et même (καὶ) les chefs, qui auraient dû ne pas s’avilir à outrager un supplicié. — ἐξεμυκτήριζον, cf. xvr, 14. Les paroles sont un résumé un.peu froid de Μο. 31 et 32, où l'ironie est plus mordantlc. Peut-être Le. a-t-il vu une

font. » Et ayant partagé ses habits, ils Les tirèrent au sort. #Et le peuple était là, qui regardait. Or les magistrats eux-mêmes se moquaient, disant : « Il en a sauvé d’autres; qu'il se sauve luimême, s’il est le Christ de Dieu, l'Élu! » #6Les soldats aussi se jouèrent de lui, s’approchant pour lui offrir du vinaigre, et 5’ disant : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi dono! » SIL y avait aussi une inscription au-dessus de lui : Celui-ci est le roi des Juifs.

difficulté dans le « roi d'Israël », moquerie qui retombait sur les moqueurs, et qui conviendra mieux aux soldats. Il explique le mot de Christ par celui d’élu; cf. 1x, 85; Is. Χιπ, 1 etc.; Hénoch (Le Messianisme…. p. 90 55.).

36 s.) L'épisode du vinaigre est anticipé (Schanz, Kn.). Détaché de ce qui regarde Élie, il n’avait plus par lui-même d'importance. En le faisant figurer parmi les paroles de moquerie, Le. n’en changeaït pas le sens, et il laissait aux derniers moments de Jésus une gravité solennelle dans les ténèbres. — ἐνέπαιξαν (lecon critique) indique que les soldats intervinrent à un moment donné; ils s’approchent, attirés par le spectacle étrange de ce juif supplicié insulté par ses compatriotes. A l'ironie des chefs ils joignent leurs plaisanteries. Schanz est obligé de convenir que ce sont bien des soldats romains, mais on pourrait croire qu'ils étaient seulement chargés du service d'ordre! — Non, Le. n'avait pas l’intention de les mettre à ce point hors de cause. Ils étaient là parce qu'ils avaient crucifié les trois condamnés, selon l’usage. Le participe προσφέροντες met l'action sur le rang de Aéyovres, comme une moquerie (contre Schanz). Ce sentiment se fait jour dans les paroles de Μο. (v. 36); il n'exclut pas une certaine commisération, et sans doute les soldats ne refusaient pas une part de leur posca (cf. Μο.) aux crucifiés dont la soif augmentait le supplice. Mais enfin ceux-ci accompagnent leur action d'une ironie qui leur est suggérée par celle des chefs, mais qu’ils expriment de leur point de vue; « roi des Juifs » est bien ce qu'ils devaient dire. Dans leur bouche, σῶσον σεαυτόν n'évoque pas l'idée d’un pouvoir surnaturel; c’est simplement : « tire-toi d'affaire ».

38) On n'avait pas attendu ce moment pour placer l'inscription. Mais elle vient bien ici littérairement après le mot des soldats, comme une moquerie supplémentaire (καί). Et cependant Jésus était vraiment roi. Tandis que 165 ‘ soldats se moquaient de sa royauté, le bon larron y croyait. Cet enchaïnement est plein d’art, c’est écrit καθεξῆς, quoi qu'il en soit de la chronologie. — ἐπ᾽ αὐτῷ (Le. seul) précise que l'inscription était placée au-dessus de la tête du Sauveur.

39-43. LE MAUVAIS ET LE BON LARRON (ef. Μο. xv, 32b; Mt. Χανια 44).

Μο. et Mit. disent seulement que les (brigands Mi.) crucifiés avec Jésus linsultaient, ce qui paraît peu d'accord avec le récit de Le. — On a rétabli harmonie en supposant que le bon larron avait d’abord insulté, puis s'était converti (Chrys.), Mais de quel front aurait-il fait des reproches à son camarade sans s’accuser en même temps? Il faut renoncer à un accord strict et se contenter de la solution d’Augustin (de cons. ευ. Η1, xvr, 53). Les larrons forment une catégorie; ce que l’un d'eux seul a fait peut se dire au pluriel (RB. 1916

et e cf ὁ χριστο

ασφήµει αὐτὸν λέγων Οὐχ σῶσεν σεαυτὸν noi ἡμᾶς.

L μα VON f et ῃ -ω ! ë φοβῇ σὺ τὸν θεόν͵ ὅτι ἐν τῷ 5 ἨἩ καὶ ἡμεῖς μὲν δικαίως, ἄξια γὰρ ὧν ἐπράξαμεν ἄπολωμ.-

+ Έ 2 . 9 ; « ῥάνομεν οὗτος δὲ οὐδὲν ἄτοπον ἔπραξεν. Puoi ἔλεγεν ’Incod, μνήσθητί.

σήμερον μετ ἐμοῦ ἔσῃ ἐν τῷ παραδείσῳ. 3 Koi ἦν ἤδη ὡσεὶ ὥρα ἕκτη καὶ

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