‹ Évangile selon saint MatthieuChapitre 138 sur 350 · L’œIL INTÉRIEUR (LC. xt · texte numérisé non relu

L’œIL INTÉRIEUR (LC. xt

Le contexte de Le. est très naturel, tandis que dans Mt. ces deux versets sont comme une petite enclave. On peut se rendre compte de la suite des

idées dans Mt., mais le v. 24 se rattacherait mieux à 21 qu’à 23.

22) Il vient d’être dit que tout l'homme dépend de la direction que prend son cœur.

D'autre part on se dirige selon la lumière qu'on a. Chez les Hébreux le cœur - était le symbole de l'intelligence. Il était donc très naturel d'expliquer la

souveraine importance de la disposition du cœur en l’assimilant à une connaissance. Quant à la connaissance elle-même, elle a été souvent ἐοπιρϑτές à la

lumière, et par suite l'esprit à l'œil. Aristote (Top. τ, 17 p. 108 a) : ὡς ὄψις ἐν ὀφθαλμῷ νοῦς ἐν ψυχῇ, Philon (De opif. mundi 53, p. 12) ὅπερ γὰρ νοῦς ἐν ψυχῇ, τοῦτ᾽

ὀφθαλμὸς ἐν σώματι. Qu'en est-il de l'œil? Lorsqu'il est sain, il est pour l'homme

comme la lampe qui éclaire une maison. Tout le corps y voit clair, c'est-à-dire profite de l'œil pour se conduire, reconnaitre les personnes, etc. — ἀπλοῦς n’a

pas nécessairement en soi une portée morale; l'adjectif signifie simple au sens

physique, un objet distinct des autres et sans rien de plus. L’œil simple pourrait donc être l'œil qui voit net, et non brouillé; Jér : Lippientes solent lucernas videre numerosas : Simplex oculus et purus simplicia intuetur et pura, ou encore l'œil qui se fixe sur un seul but, en opposilion avec ces yeux louches qui semblent poursuivre deux objets. Mais le mieux est de traiter ἁπλοῦς comme l'équivalent reconnu de l’hébreu tam, « parfait ». Cette équivalence peut être établie sur l'usage d’Aquila et de Théodotion (par exemple Job 1, 1, Vg. sémplex), et sur ce fait que dans les LXX ἁπλότης rend tôm (II Regn. xv, 11), et dans le sens moral. Si bien qu'on peut penser que le mot ἁπλοῦς ἃ été choisi à cause

de l'application morale sous-entendue.

4 DER \ εἶν ὶ

τς ἜΨΆΝΟΠΕ SELON SAINT MATTHIEU, Vi, 23-24.

2 Car là où est ton trésor, là sera aussi ton cœur. ? La lampe du éclairé; #mais si ton œil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, quelles ténèbres! Personne ne peut servir deux maîtres; en effet, Li ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un q À ἣν et ne fera pas cas de l’autre; vous ne pouvez servir Dieu et l’ar- ΠΡῚ Ἐν

Ξ 23) On ἃ des exemples en grec de πονηρός au sens de mal physique, cf. Justin Ὁ (I Apol. χχπὴ ἐχ γενετῆς πονηροὺς ὑγιεῖς πεποιηχέναι, et déjà PLAT. (Prof. 313 a)" πονηρὸν σῶμα, et à propos des yeux ἀμόλυωπία où πονηρία ὀφθαλμῶν (Hippias min. 374 ο). Cet œil malade n’a rien de commun avec le mauvais œil de l'envie; cf Eccli. xv, 10 etc. et Prov. xx, 6; xxvinr, 22, où l’envieux et l’avare sont quali

fiés de « mauvais d'œil ». Rabbi Eliézer (n° s. ap. J.-C.) distinguait la bonne ef

Cependant ces locutions expliquent la figure dont se sert Jésus, par conforme à la tradition hébraïque : « Comme plusieurs sentiments : l'envie, l’orgueil, la compassion, le désir, etc. sont désignés par l'œil, on attribue à l'œil comme organe ce qui vaut pour toute la personne » (Gesenius, Dictionnaire, 145 éd. p. 529). | | | PE

Le parallélisme complet exigerait l'application spirituelle favorable et défavorable. Et en effet cette double application se trouve dans Le. Mais Mt. ne parle que du cas d’aveuglement spirituel, et termine par une phrase inachevée comme Ἢ par un soupir angoissé. τὸ σχότος πόσον ne peut guère signifier épsae tenebrae quantae erunt (Vulg.-Clém.), comme si la comparaison se faisait avec d'autres ténèbres, mais simplement : tenebrae quantae! Quelles ténèbres dans tout le ra corps! Notez que ni Mt. ni Le. ne parlent de l'œil intérieur, selon un parallélisme qui serait plus exact, mais de « la lumière qui est en toi ». L'œil sert pour la comparaison, mais n’est pas un symbole. Dans l’ordre spirituel, c'est la lumière qui figure comme métaphore, indiquant la faculté de discerner. Dans ce contexte, la lumière brille, c’est-à-dire que l'intelligence comprend lorsqu'elle apprécie à leur valeur les trésors du ciel et ceux de la terre. Si le cœur, intelligence et sentiment, s'attache aux biens de la terre, c'est l'obscurité; cf. || Eph. v, 8 et γι, 42, où Chrys. explique σχότος : ἣ πονηρία ἐν τῷ πάροντι βίῳ (P. G., [1 Lxu, 159). ‘RS

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