‹ Évangile selon saint MatthieuChapitre 196 sur 350 · om. εαν p. ο (TH) plutôt que add. (SV · texte numérisé non relu

om. εαν p. ο (TH) plutôt que add. (SV

33-37. LES ACTES ET SURTOUT LES PAROLES, MANIFESTATIONS DU CŒUR (Cf. ME. vu, 47. 18. 20; Le. vi, 43-45).

- Le. a une liaison d'idées, arbre et trésor qui ne se trouve dans Mt. qu'ici, mais

avec des traits qui ne sont que dans Mt. γι, 17. 18. 20, et il a le même contexte

que Mt. vu (discours programme). Si l’explication de ce fait est difficile, en dehors de la tradition orale, on conçoit assez aisément que Mt., ou que Jésus lui-même, ait appliqué à une situation spéciale une maxime générale comme celle de Mt. vx, 17-20.

Mais dans quel sens? 1) Hilaire, Chrys. Jér. Thomas (1° loco, avec faveur), Holtz. PL. pensent que le v. 33 reproche aux Pharisiens leur illogisme à l'égard de Jésus; Thomas : Aut vos, scilicet Pharisaei, facite, id est concedatis, quia sè fructus bonus est, quod arbor bona est; aut facite, id est dicite, quod fructus malus est, et ita arbor mala. Et hoc non potestis dicere. — ποιήσατε, au sens déclaratif, ef. Jo. v, 18; vin, 53; I Jo. v, 40, très commun en grec au moyen. — xatici « en même temps que ». L'argument procéderait mieux dans la forme que lui ἃ donnée saint Thomas, mais il était plus naturel de nommer l'arbre avant son fruit. — On dit dans cette première opinion que le second impératif

ποιήσατε est impossible; Jésus a bien pu leur donner l'avis d'être de bons, mais non d’être de mauvais arbres. La dernière partie du verset est bien le motif du

dilemme posé : neque enim fieri potest, ut eæ malo bonum, aut ex bono oriatur malum (Hier). |

2) Mais Aug., Thomas (2°), Mald. Schanz, Κα. Klost. pensent avec raison que

le v. 33 expliqué ainsi n'aurait aucun lien avec ce qui suit, alors que toute la péricope roule sur le même thème. Il s'explique en reprenant l'argument par la fin. D'ordinaire La bouche parle de l'abondance du cœur : un bon trésor fournit de bonnes choses, un mauvais trésor de mauvaises; d'où vient donc ce monstre moral des Pharisiens qui tiennent des discours édifiants quand leur intérieur est mauvais? qu'ils mettent donc l'harmonie entre leur pensée et leurs paroles, qu'ils soient entièrement bons ou mauvais. De toute évidence Jésus ne

les invite pas à être mauvais; c’est une facon paradoxale de les inviter à être

complètement bons.

33) La forme de Mt. vu, 17 est plus coulante, parce que c’est un principe

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ἐμ" Le : Ι wi *- | sera pas remis, ni dans ce siècle, ni dans le [siècle] à venir.

880. rendez l'arbre bon, et son fruit bon, ou rendez l'arbre mauvais δὲ son fruit mauvais : car l'arbre se reconnaît au fruit. 34 Race de vipères, comment pourriez-vous dire de bonnes choses, étant mauvais? Car la bouche parle de la surabondance du cœur. % L'homme bon tire de bonnes choses de son trésor qui est bon,

et l’homme mauvais tire de mauvaises choses de son trésor qui est

mauvais. % Or, je vous le dis, toute parole oïisive que prononceront

général, tandis qu'ici l'application est faite dans un sens donné. — ποιήσατε au sens normal, et non pas au sens déclaratif.

34) Explique pourquoi il fallait opter, c'était pour sortir de la situation monsirueuse de l'hypocrisie.

* L'apostrophe : « race de vipères » avait déjà paru dans la bouche de Jean (μι, 7); elle reviendra dans celle de Jésus (xx, 33). — δύνασθε « comment vous est-il pratiquement possible », ce qui correspond à notre subjonctif. Mt.

indique pourquoi cette situation est anormale par un principe imagé. Le cœur est comparé à un bassin dont le trop-plein s'écoule. Naturellement le trop-pleim a la même nature que le contenu du bassin (Jac. 11, 414). À Ἵ

35) Nouvelle comparaison pour suggérer la même vérité. Le trésor, c’est 18

| contenu.du coffre où l’on met ce que l’on possède. Si l’on «est riche, il en sortira

de or et des pierres précieuses; le pauvre n'en tirera que des guenilles. L'ordre de Le. vi, 45 est moins bon, car il fait de la première comparaison la preuve de la seconde. Cela n’est pas choquant cependant, à cause du caractère

vague de περισσεῦμα qui pouvait s'entendre du trop-plein du trésor. ἐκδάλλει (Mt) |

doit répondre, mais plus littéralement, au même araméen (523) que προφέρει

(Le.). Jésus n’a pas pris la peine d'expliquer que, à la différence des arbres et des objets du trésor, l’homme m'est pas bon ou mauvais par mature. Personne

n’y songeait chez les Juifs, où l'on savait que l'homme était doué du dibre

arbitre, 66 qui le rendait responsable et obligeait à le juger. Le Testament

d’Aser a employé (1, 9) θησαυρός et πεπλήρωται pour dire que si le trésor dela

conscience délibérante «est rempli d'esprit mauvais, une action même bonne

devient mauvaise ; ce qui dépasse le justepoint.

36 5.) Propres à Mt. La perspective du jugement avait déjà été évoquée à propos de la parole contre l'Esprit-Saint (v. 32). Une fois le principe posé que les paroles sont l'indice «et Le produit du cœur, ἢ} en résulte que 165 paroles elles-mêmes seront des motifs d'appréciation, et, ayant abordé ce point, le Sauveur déclare que les hommes devront rendre compte même des paroles

inutiles : quanto magis vos, qui opera Spiritus sancti calumniamini (Hier). Ὁ

Otiosum verbum est, quod sine utilitate doquentis dicitur et audientis (Hier:) ; omnis otiosi, id est inepti et inutilis dicti rationem Deo esse reddendam (Hil.). Cyprien suivait la traduction vacuum, moins bonne, car ἀργός est celui qui ne travaille pas, qui n’aboutit pas. Au v. 36, il n'y ἃ pas précisément anacoluthe (Schanz), mais construction araméenne commençant par 16 nomen

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