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pas être dérivé du latin Petronius. C’est donc un nom nouveau qui paraît dans histoire. Le nom commun πέτρος signifiait pierre, et πέτρα rocher. Mais πέτρος convenait mieux pour un homme, et πέτρα convenait mieux COMME
- fondement de l’Église. En araméen, on ne pouvait réaliser cette élégance. Nous
savons par le N. T. que Simon était nommé Céphas dans l'Église primitive (Jo. 1, 42; Gal. 1, 18; Π, 9; I Cor. 1x, 5 etc.). Or NDN2 Où ΝΘ} OÙ #2) signifie plus ordinairement λίθος pierre, que πέτρα rocher, mais il a quelquefois ce dernier sens (Mt. xxvur, 51 Syrsin.; Onk. Num. xx, 8; cf. Dazmax, Gram. 450). On comprend donc très bien, malgré les scrupules de Dell (ZnTW. 1914, 18 55.: 4916, 29), que Jésus ait pu dire et Ma. écrire: Tu es Cépha et sur ce Cépha je bâtirai mon Église, et que le traducteur grec ait gardé en même temps πέτρα qui répondait mieux à la situation, et πέτρος qui avait prévalu en grec comme nom masculin. Le jeu de mots eût été plus caractérisé si Céphas avait déjà été un nom propre connu, ce qui est possible (inscription sinaïtique, Lid.), mais moins impressionnant que la création d'un nom propre dont le sens était rocher, ce qui ne veut pas dire que le nom ait été imposé par Jésus alors pour la première fois. Le changement de nom de Siméon en Céphas (Jo. τ, #2) ou en Petros (Mc. πι, 16; Le. vi, 14) est attesté par tous les évangélistes, mais peutêtre la tradition, sauf le témoignage de Jean, était-elle moins ferme sur la circonstance. En somme, Mt. ne dit pas : « Tu t'appelleras Pierre », mais « {u es Pierre », lebien nommé, car.
— yat ἐπὶ ταύτῃ τῇ πέτρᾳ ne peut s'entendre que de Pierre, autrement toute la pointe de la phrase disparaît. Jésus a été nommé la pierre augulaire (I Pet. m1, 4-8; Eph. n, 20; Gal. π, 9), mais il ne pouvait se désigner lui-même ἃ 66 moment. Osons dire que ce serait une mauvaise plaisanterie : Tu es Pierre,
. mais je bâtirai sur une autre Pierre! MeNeile cherche à revenir indirectement à
cette interprétation surannée du Protestantisme en faisant de cette pierre la foi de Pierre en le messianisme du Seigneur. C'est bien la foi de Pierre qui introduit la promesse, mais la promesse s'entend de la personne, dont la foi vient de se manifester. Si l'édifice est un groupe, le fondement est leur chef : ἀνίστησιν αὐτοῦ τὸ φρόνημα καὶ ποιμένα ποιεῖ (Chrys.) La situation de Pierre dans l'Église est celle du rocher sur lequel est bâti un édifice; grâce à ce fondement, l'édifice tiendra bon; grâce à ce chef, la communauté sera bien conduite. — Il a plu à M. Harnack (L. 1.) de supprimer toute l'incise καὶ ἐπὶ ….ëxxknolav. Mais comme ἃ fait remarquer M. Windisch (cf. AB. 1920, 298), le nom de Pierre appelait nécessairement l'idée d’un bâtiment. Enlevez l'acte de bâtir, tout le sel de la phrase disparaît.
D’autres, toujours nombreux, refusent à Jésus la notion d'Église, et surtout de son Église. Pourtant, sans parler de sa prescience divine, il a marqué plus d’une fois que ses disciples lui survivraient (Me. xur, 9; Le. xvn, 22 etc.); il pouvait bien les désigner comme un groupement. On donne dans le Talmud de Jér. (Maas. cheni τι, 53 4).le nom de sainte congrégation à deux rabbins. Une ΠῚ (aram.nn7y) n'était pas nécessairement toute l'Assemblée d'Israël (np ou ny); ce mot se rendait éxxAnola dans les LXX, tandis que l’aram. ΝΠ 55, avec le même sens se rendait plutôt συναγωγή. On ne saurait déterminer quel mot à employé Jésus en araméen, mais l’un ou l'autre se présentait naturellement. Nous n’entendons pas diminuer la grandeur de l'Église en prouvant que ce
mot était plausible pour désigner un groupe restreint de fidèles. L'ampleur ‘ Ki :
devait se manifester dans l'avenir, comme pour le grain de sénevé. Si Jésus dit
«mon » groupe, c'est qu'il connaît les dispositions des chefs du peuple, qui l'ont 2018
réprouvé et qui essaieront d'anéantir sa doctrine. Sans doute l'Église sera
l'Église de Dieu, mais elle ne sera pas seulement au Christ, elle sera le corps
du Christ (Eph. v, 23 ss., 29. 32; Col. 1, 18. 24). La déduction mystique de Paul suppose le lien manifeste entre le Maître et les disciples. Mt. ἃ pu écrire mon église, lui qui parle du royaume du Fils de l’homme (ur, 4), déjà dans la
bouche de Jésus.
La difficulté principale du morceau est dans la dernière incise, dont le sens
est controversé, même parmi les catholiques, surtout pour les portes de l’Hadès. M. Harnack les entend de la mort, et non moins résolument le P. Schepens. On pose l'équation : portes de l'Hadès — portes de la mort; portes de la mort = la mort. Il n'y aurait donc ici qu'une promesse d’immortalité. Harnack en
conclut qu’elle ne touche que la personne de Pierre, le P. Schepens montre 7 5000
que la mort ou l'immortalité peut se dire d'autres objets : Bossuet a dit que l'Église ne meurt pas. — D’après nous cette analyse logique, avec une apparence de rigueur, efface dans l'esprit le sens produit et voulu par les images du texte, dont le pathos inutile aboutirait à peu de chose. Pour dire à Pierre (Harnack) : « tu ne mourras pas », Jésus aurait dit : « Les portes de l’Hadès ne prévaudront point contre toi »; à propos de l'Église (Schepens), groupe
humain ou construction, l'expression serait encore plus emphatique, avec 125008 métaphore de la mort à résoudre. Pemphase qui serait déplacée si elle n’était
Re:
que le vêtement d’une idée simple, a sa raison d’être si le concept lui-même ἃ : .
quelque chose de mystérieux. Notons d'abord (contre Harnack) que l'absence d'article devant πύλαι n’atténue pas la force de l'expression, le mot étant déter-
miné par lui-même comme une entité distincte. À l'origine ces portes sont
celles du lieu souterrain, ville ou palais, où se rendent les morts. Les portes elles-mêmes signifient aussi le palais (cf. Dan. n, 49; Esther, 11, 19; un, 2. 33 1v, 2; v, 9). Il faut tenir compte de la raison qui a suggéré ces métonymies.
Les portes des palais et des forteresses sont, en tant que portes, des parties |
faibles; elles étaient devenues la partie forte, étant ordinairement surmontées
de tours et de travaux de défense. Prendre les portes, c'est avoir vaincu l’adversaire (Gen. xxv, 60). Il ne fallait qu'un pas de plus pour les traiter comme des puissances ; c’est ce qui a lieu dans notre texte où les portes entrent en scène et agissent. Elles représentent donc une puissänce, et cette puissance est celle de
l'Hadès. Or, au temps de Jésus, les Juifs ne regardaient plus la région souterraine et obscure comme l'asile de tous les morts. A mesure que l'idée d’une vie
bienheureuse auprès de Dieu gagnait dans les âmes, le séjour des ténèbres . devenait un lieu de perdition.
Il y a des textes clairs dans des ouvrages dont la date, antérieure à J.-C.,
n’est pas contestée. Ps.-Sal. xiv, 6 : διὰ τοῦτο ἡ χληρονομία αὐτῶν ἄδης χαὶ σχότος καὶ
᾿ ἀπώλεια, et de même xv, 11; et précisément Ps. xvi, 2 σύνεγγυς πυλῶν ἅδου μετὰ ἁμαρτωλοῦ. Jubilés, νπ, 29 : « ils iront au Chéol, et descendront au lieu de la condamnation »; cf. xxu, 22; xxiv, 81; Hénoch in, 7. 8. Dans Philon ce lieu ἀπ châtiment se nomme même Tartare : le coupable ὑποσυρήσεται χατωτάτω πρὸς αὐτὸν, τάρταρον xal βαθὺ σχότος ἐνεχθείς,.. (De execr. 6; Cohn, v, 371 ss.). Enfin et surtout
| PA at | τῷ Le. xw, 23, qui prouve que les Chrétiens ne voyaient pas d’inconvénient à nommer d’un nom mythologique le séjour du châtiment outre tombe. Les portes de l’Hadès doivent donc être prises d’abord dans leur sens naturel de portes du palais infernal devenu le séjour des réprouvés. Ces portes sont représentées en action, et en action contre l'Église (ainsi que nous le verrons, et que le concède
le P. Schepens). C'est donc la lutte d'un édifice qui est l'empire du mal, contre
non plus directement, ni même les puissances infernales. Mais si les portes sont agissantes, c’est qu’elles représentent la cité. L'usage en était bien établi. en hébreu; cf. Dé. xvr, 5, et surtout Df. xvur, 2; I Regn. vx, 37 où les portes en … hébreu ont été traduites par les villes, et la cité suppose son roi. En somme « la mort » conviendrait bien, s’il s'agissait d'une personne, mais . c’est l’Église qui est en jeu (contre Harnack); faire intervenir l’idée de mort … dans la lutte entre les deux puissances, c’est ajouter une métaphore qui com- plique la situation (contre Schepens).
La tradition est très favorable à l'interprétation naturelle.
Pour prouver que les portes de l’Hadès sont celles de la mort, et signifient la
. mort, le P. Schepens ἃ cité plusieurs textes de Pères qui établissent du moins
la première équation, C’est une conséquence de leurs lectures bibliques. Aucun __ deces textes n’est tiré d’un commentaire de Mt., ce qui revient à dire que les Pères jugent autrement quand ils sont sous l'influence du texte lui-même. Pour
(Moes, 154) : Tu es petra, illa petra qua erexi, ut Satanas in eam offenderet. Hilaire : O in nuncupatione novi nominis felix Ecclesiae fundamentum, dignaque ο΄ aedificatione illius petra, quae infernas leges et tartari portas, et omnia mortis claustra dissolveret. Jérôme : Ego portas inferi reor vitia atque peccata. Chrys. ne parle pas des portes dans son commentaire, mais son disciple Euthymius : πύλας δὲ ἅδου λέγει τὰς παρὰ τῶν “Ἑλλήνων καὶ τῶν αἱρετικῶν βλασφημίας, ὡς εἰσαγούσας ᾿ εἷς κόλασιν αἰώνιον.. ς Quant aux textes divergents des Pères, il faut se rappeler que de leur temps il n’y avait pas de séjour commun à tous les morts. Lorsqu'ils parlent indiffé- ᾿ς remment des portes de la mort ou de l'Hadès, ce n’est pas Hadès qui a pris le sens de mort naturelle, c’est la mort qui ἃ pris un sens religieux : Les portes de la mort ne prévalent pas sur Pierre ni sur l’Église, parce que la foi est inébranlable, ou que Pierre aura la vie éternelle. Il n’est done pas directement question de l’immortalité de l'Église. Sans doute la mort peut se dire au À sens métaphorique d’une institution et même d'une ville — mais lé sens métaτς phorique doit s'appuyer sur le sens propre qui est la mort corporelle. Quand
font — par un sens spirituel et religieux, ils ont donc en vue autre chose que la simple métaphore de la mort; une résistance victorieuse contre des puissances,
l'enfer d’une mort prématurée. Dans ce cas il est sous l'influence du cantique d'Ezéchias. Je ne crois pas qu’un seul ancien n'ait vu dans notre verset qu'une
résultera de la résistance victorieuse. \
À l'Église qui est la maison du Christ. Satan n’est pas nommé, et n’est pas désigné
Origène, les portes de l’Hadès sont les mauvais esprits et les hérésies. Éphrem Ὁ
"ἢ les Pères la remplacent — et le Ῥ. Schepens ἃ prouvé contre Harnack qu'ils le
religieuses ou non, mais antireligieuses. Saint Jérôme fait exception lorsque. dans le texte cité par Sehepens (sur Is. xxxvanr, 10), il entend les portes de
promesse d’immortalité, au sens immédiat bien entendu, car l’indestructibilité
LE Le tés
ter: à ὡς χα
ae été traduit par la Vg. praevalebunt, par l'Église réformé superabunt. M. Harnack s'est prononcé pour le premier sens, le R. P. Fonck
rigueur supposer des attaques, et le sens de superare est certainement possible. δ Si les portes représentent une puissance ennemie, on doit nécessairement sup- ts : poser des attaques infructueuses; mais on ne peut s'appuyer sur le sens de Ἀἀτισχθαθυδω pour déterminer celui des portes. ER — αὐτῆς. C’est encore sur ce mot que porte une difficulté. Quelques Pères ne. l'ont appliqué à πέτρα. La grammaire permet d'entendre le relatif d'un nom ps. plus éloigné, mais à la condition que de ce premier nom émane l'idée domi- 4 nante : ici c’est précisément le contraire; le rocher n’est là que pour porter de i l'Église; aussitôt qu'elle est nommée, elle est campée pour être en buîte à TE l'hostilité d’une puissance adverse. Mais l’exégèse de certains Pères, en particulier d'Éphrem et d'Origène, rapportant αὐτῆς à πέτρα, signifiant Pierre, nous explique qu'ils aient pu interpréter « toi » tout en lisant « elle ». Pour Origène cela est tout à fait certain, puisqu'il lisait le même texte que nous. Son cas explique celui d’Éphrem (Moes. p. 153 etc.), qui lisait aussi le passage sur 1 l'Église, rayé par Harnack. Il n’y a pas la moindre probabilité que σοῦ au lieu τὴ: 1 de αὐτῆς soit la leçon originale. Harnack ne l’attribue même pas au païen cité . par Macarius Magnès (ur, 22). Ce dernier, peut-être Porphyre, rapportait αὐτῆς. + “à πέτρα. Le sens était que Pierre ne devait pas mourir et cette prophétie aurait 4 donc été fausse. Éphrem et Origène ne Famant pas ὑπο cette conclusion se rejetaient sur la foi de Pierre. Me.
La leçon αὐτῆς étant certaine, la question pour nous, Le est de savoir 0 ᾿ s’il est raisonnable d'entendre ce mot de πέτρα. Si ce n’est pasle cas, ilnya qu'à traiter cette ancienne exégèse de contreseus, en laissant à M. Harnack la gloire de l'avoir reprise pour son compte (au moyen d’une correction du texte), gloire qu'il doit partager avec Wernle (Die synoptische Frage, 4135) citant une légende sur la survivance miraculeuse de Pierre (Iseun, Texte und Unters. xx, 26) : « vraiment tes yeux ne seront jamais fermés à la lumière du monde ». À LATE Le sens philologique et grammatical établi, les Ang τῆν font remarquer que la promesse est personnelle à Pierre; ses successeurs ne sont pas nommés. Et il faut convenir que cette prophétie est plus claire pour nous qu'elle ne le 12 fut d'abord, Jésus n'avait rien affirmé sur le temps que durerait son Église. Maïs tnt qu’elle durerait, elle devait avoir le même fondement, c’est-à-dire 3 que d’autres hommes, la même Église, auraient un autre chef, le même aussi, le chef comme le groupe constituant une unité morale dans chaque: ligne, les ee deux lignes demeurant unies. Cette unité successive dans le chef suppose une 4 7 perpétuité de l'autorité dans une certaine lignée, dynastique ou autre. La succession d'un évêque à un autre évêque comme pasteur suprême répond très bien à cette donnée. Il restait à Jésus de pourvoir à ce que ces pasteurs aient toujours la qualité requise pour un fondement de l'Église, une foi semblable à celle de Pierre. Ce fut le rôle et le privilège de l'Église romaine de définir cette foi sans jamais dévier. De sorte que la parole de Jésus ἄν ἢ Césarée est si manifestement une prophétie pis qu “elle est un puissant Par ‘4 argument de crédibilité. εἶ