‹ Évangile selon saint MatthieuChapitre 257 sur 350 · QUESTION SUR LA RÉPUDIATION (Mc. x · texte numérisé non relu

QUESTION SUR LA RÉPUDIATION (Mc. x

Fu critiques indépendants (encore et très nettement Klost. MeNeile) voient dans le texte de Mt. un remaniement de celui de Mc. Il nous semble au contraire assez clair que Mt. est primitif. On concède que dans son texte la question est posée sur le terrain du judaïsme, tandis que dans Mc. il s’agit simplement du droit humain, où la condition de la femme est plus envisagée. Dans ces termes la question devrait être tranchée en faveur de l’antériorité de Mi.

# τς Comment aurait-il eu l’art de transformer le récit de Mc. pour retrouver un ἊΝ coloris plus judaïque, qui fut sûrement celui de l'évangile primitif? Nous PU discuterons en détail les arguments de la critique sur ce point, renvoyant au “ : Comm. de Mc. et à Mt. τι, 31. 32. pour le fond des choses.

Ê 3) La principale divergence entre Me. et Mt. est dans la question posée. Dans À Mc. elle est absolue : « est-il permis à un homme de répudier sa femme? »

: Mt. ajoute : « pour une cause quelconque. » On objecte : les Pharisiens #0 à n'auraient pas demandé à Jésus son avis sur une question disputée entre Hillel 1 et Chammaï; car il eût pu prendre parti sans se compromettre. — Sans doute,

Ἶ mais ils espéraient qu'il dirait quelque chose de plus; le véritable juge d’ins-

À truction pose d’abord des questions inoffensives. Le πειράζω de Mc. peut signifier D un hardi coup de sonde, comme si les Pharisiens invitaient Jésus à se meltre τῆ en contravention ouverte avec la Loi. Mc. ἃ choisi ce mode, parce que seule À la solution. lui importe, et que la question ainsi posée y conduisait plus direc- 4 tement. Dans Mt. πειράζω indique l'embüche dissimulée. — Le droit de répu- * diation du mari n'était pas douteux; Josèphe (Ant. IV, vi, 23) : γυναικὸς δὲ τῆς ‘1 συνοιχούσης βουλύμενος διαζευχθῆναι καθ᾽ ἁσδηποτοῦν αἰτίας, et Philon (de spec. leg. ἣν π, 5) : ἐὰν δέ, φησίν, ἀνδρὸς ἀπαλλαγεῖσα γυνὴ καθ᾽ ἣν ἂν τύχῃ πρόφασιν. Tel Josèphe L qui répudia sa femme, mère de trois enfants, parce que ses mœurs ne lui __ plaisaient pas (Vita, 76), ce qui est peut-être un euphémisme, mais enfin le mari était le seul juge. Cependant il devait se former la conscience d’après τῇ le texte de la Loi. Parmi les rabbins on discutait, selon leur coutume, sur des

cas particuliers; l'avis de R. Aqiba (Guittin, 1x, 10) qu’il suffisait de préférer Ν une personne plus jolie était considéré comme excessif par plusieurs maîtres. - Cet avis en effet supposait que l'arbitraire du mari était la seule règle.

3 Kai προσῆλθον αὐτῷ Φαρισαῖοι πειράζοντες αὐτὸν χαὶ λέγοντες Εἰ

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