‹ Évangile selon saint MatthieuChapitre 279 sur 350 · LE GRAND commanDEmENT (Mc. xir · texte numérisé non relu

LE GRAND commanDEmENT (Mc. xir

Ba question est traitée par Le. dans un autre contexte-(x, 25-29). Les. diffé-

… rences entre Mc. et Mt., qui ont été et sont encore une difficulté pour les: exé-

gètes catholiques, devraient prouver du moins que Mt. ne dépend. pas- de: Me. C’est: une: controverse succincte, duthème de Ma...

34) Propre à Mt. Nous lisons ἐπ᾽ αὐτόν avec DO af it syrsin.-cur: et mon ἐπὶ τὸ αὐτό avec tous les autres témoins et les éditions. Raison de cette dérogation à notre: critère habituel : le ps: 11, 2::: συνήχθησαν ἐπὶ τὸ adré a: été: entendu très justement par les premiers chrétiens de la conjuration: des: ennemis du Christ (Act. 1v, 26,8:). Il était donc inévitable que des copistes habitués à: réciter le psautier introduiraient ici cette leçon. De même ceux qui lisaient. en: grec.èx αὖτόν devaient naturellement traduire « contre lui »; ef: adversus: eum: Q: (de la vg.)b ὁ ὦ ὁ 775 ἢ, et demêmeHilaire. Mais syrsin: et cur. e d:f ont: compris que ἐπ᾿ αὐτόν signifiait près de lui,. ad: eum, exactement comme dans. Mt. v;, 24, et cette lecon sans signification accentuée nous parait de beaucoup la meilleure pour le sens, comme celle qui avait le-moins de chances de résister à la poussée de l'opinion des copistes sur l'hostilité fatale: des Pharisiens: Car ce-m'est pas le cas ici. Les Pharisiens de doctrine ne pouvaient qu'être: satisfaits de: voir les Sadducéens réduits au silence (litt. muselés), et par conséquentils devaient être tentés de mettre Jésus de leur côté, La question n'avait pas, comme les précé-

par Dieu en-ces termes : Je suis Le: Dieu d'Abraham, οἱ Le Dieu d'Isaac, et le Dieu de Jacob? IL n’est: pas le Dieu des morts, mais des vivants. » # Ce qu'ayant-entendu, les foules furent saisies d'admi+ ration pour sa doctrine.

3%0r les Pharisiens, ayant appris qu'il avait imposé silence aux Sadducéens; se groupèrent autour de lui. $Et l’un d'eux, un docteur, lui demanda dans l'intention de le mettre à l'épreuve : %« Maître, quel est le [plus] grand commandement: dans la Loi? ». #Il:lui dit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et de toute

dentes, le caractère d'un piège. Les évangélistes ne s’arrêtent pas à: noter des .

nuances qui cependant ont dù exister. Les Pharisiens qui proposent une question. spéeulative. peuvent. être très: distincts. de- ceux qui, unis aux.Hérodiens, avaient abordé un point brûlant de la politique; ils se réunissent, non pas pour comploter, mais pour écouter. Les: copistes: ont naturellement préféré’en masse le texte du Ps., rappelé par les Actes:

33) Le scribe de Mc. paraît interroger de bonne foi, et Jésus reconnaît ses

bonnes intentions. Dire qu’un interrogateur perfide est devenu si vite un disciple docile, ce serait une échappatoire mal avisée. Mais sur quoi s’appuie ici l'accusation de perfidie, tellement poussée au noir par Jérôme? Sur πειράζων de Mt. Or ce mot peut avoir un sens plus anodin : sonder, éprouver, pour'savoir, et non toujours en mauvaise part. On le reconnaîtrait (Plum.), n’était’ que

l'homme 56 présente au nom des Pharisiens. Mais ce Pharisien: est peut-être

pour le moment bien impressionné. D’après Mc. il ne vient pas pour réparer la déroute: d’alliés, mais pour trouver un allié éventuel contre d'anciens adversaires. On n’a donc pas le droit de dire que Mt., en haine: des Pharisiens, a transformé le bénévole: scribe de Mc. en tentateur sournoïis. Il est d’äilléurs étrange que Mt. dise ici seulement vopeés (Le. au moins: six fois), mot’ dé Le:, qui l’emploie précisément avec éxxepétwv dans le réeit analogue (x, 25); comme εἷς (pour τίς) ἐξ αὐτῶν est'une désignation suffisante, on peut croire-que les déux autres mots sont venus de Le: et dus à des copistes; νομικός est'om. par fäm 1, af syrsin: De toute facon, Me., selon son génie, a pénétré et rendu lés dispositions-individuelles conerètes du docteur, tandis que dans ΜΗ: il n'ést guère qu'un Pharisien quelconque.

36) Mt: aenvplus διδάσπαλε et ἐν τῷ νόμῳ, qui donnent bien à la question! le cachet d’un problème d’écolé. — μεγάλη, positif pour le superlatif, beaucoup plus sémitique (21) que πρώτη πάντων, cf: II Chr. χχιν, 11 où le-prêtre tête est lé grand-prêtre.

37) Comme Mt. mais avec ἐν (au lieu de ἐξ, trois fois), ce qui est plus près:dé l'hébreu (Dt. vr, 5) et sans ἐξ ὅλης τῆς ἰσχύος σου. Il est clair en effet que ces mots ne-fônt pas partie du texte authentique de-Mt. Mais au lieu de διανοίᾳ on trouve

ἰσχύϊ dans Clénr. Paed. ΠΙ; xu; 88 (304) dans Orig: ur, 30 et 1v, 618 soit 2 fois.

contre 2, dans Zénon de Vérone (P.L. XI, c. 274), syrsin. et cur., et le:ms. c. Cette lécon est conforme à l'hébreu : «dans tout ton cœur, dans toute ton âme,

Δ. ὃ DRE

En,

τ + sos

Wie HEirev Κύριος τῷ χυρίῳ μου Κάθου ἐχ δεξιῶν pou ἕως ἂν θῶ τοὺς

Het οὖν Δαυὶδ καλεῖ αὐτὸν χύριον; πῶς υἱὸς αὐτοῦ ἐστίν ; 16 χαὶ οὐδεὶς. ᾿ ἐδύνατο ἀποχριθῆναι αὐτῷ λόγον, οὐδὲ ἐτόλμιησέν τις ἀπ᾽ ἐχείνης τῆς ἡμέpas ἐπερωτῆσαι αὐτὸν οὐχέτι.

39. om. de p. δευτερα (TH) plutôt que add. (SV) — αὐτῇ (TSV) ou om. avec B plutôt 1 que αὕτη (H). ζ 43. om. οΤησους p. αντοις (THV) et non add. (8). . 44. om. o à. Κυριος (TH) plutôt que add, (SV).

dans toute ta force », mais si l'on a pu corriger Mt. d’après l’hébreu, il est tout

aussi probable qu'on l’ait retouché d’après Mc. De toute façon ἐν au lieu de ἐξ"

indique un recours à l’hébreu (LXX ἐξ) qui a peut-être réagi sur Le. x, 27. Si le ca traducteur Mt. ἃ vraiment écrit διανοίᾳ, on peut croire que ne voulant conser- ver que trois termes avec l’hébreu (au lieu de quatre dans Mc. et dans Le.) il a préféré « l'esprit » qui correspondait mieux à l'âme et au cœur que la force 4 qui est un mode. ν : 38) Propre à Mt., car il n'aura pas été emprunter πρώτη à Mc. χη, 28. 39) Comme Mc., mais ὁμοία αὐτῇ (Mc. αὕτη) montre que le second commande- __ méntest fondé sur le premier, La ressemblance est dans la charité qui ne se porte sur le prochain qu’à cause de Dieu. : 40) Au lieu de μείζων τούτων ἄλλη ἐντολὴ οὐχ ἔστιν te. ), contenu virtuellement dans le titre de premier commandement auquel le second est assimilé, Mt. a une vue originale qui se relie au point fondamental du discours inaugural (v,17) sur la Loi et les prophètes. On comprend maintenant quel était cet ordre divin ge “ : que Jésus n'était pas venu détruire, mais perfectionner; c'était essentiellement ὦ la loi de la charité, et cela est dit dans des termes qui rappellent un programme qu’on prétend être judéo-chrétien (v. 17)! à £ = La doctrine de Paul (Gal. v, 14) vient de celle de Jésus. — Quant à l'image : on. À peut être pendu contre un mur, appui solide du clou (Is. xxrr, 24), en étant suspendu à un clou : le grec emploie ἐξ (Gen. xxiv, 30; Judith, vin, 24); ἐν est donc un sémitisme pour 3. Or on trouve précisément cette tournure dans le Talmud : « Quel est le petit commandement auquel est suspendu tout le corps de la Loi». (na pôn ain 91 bow)? Et il cite Prov. nr, 6 : « Pense à Lui dans toutes δε voies, et il aplanira tes sentiers. » Ce mot — qui ne fait aucune allusion au

dépendent de ces deux commandements. »

ton âme, et de tout ton esprit; c’est le [plus] grand et le

" RCA “à Ë “A ἈΝ L 1 HR

ΠΟ ÉVANGILE SELON SAINT MATTRIEU, xx, 41-43, 1330008

premier commandement. %Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. #Toute la Loi et 165 prophètes

Les Pharisiens étant groupés, Jésus les interrogea, “disant :

«θὰ vous semble-t-il du Christ? De qui est-il le fils? » Ils lui disent:

voit que Jésus répond au docteur avec bonté, pour l'éclairer, et Mt. n'indique

embarrassé comme celui de Le. S’il n’a pas la conclusion tout à fait sympathique

« De David. » #11 leur dit : « Comment done David le nomme-t-il

en esprit Seigneur, disant : 7

: Le Seigneur a dit à mon Seigneur; Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je mette tes ennemis sous tes pieds ?

#Si donc David l'appelle Seigneur, comment est-il son fils ὙΠ τὶ 4

Et personne ne pouvait rien lui répondre, et de/ce jour per- Ὁ sonne n'osa plus l’interroger. ΗΝ

ΕἸ prochain — est attribué ἃ Bar Qappara, après l'an 200 (Berakoth 63 2). — On το ΑΝ pas le moins du monde que le docteur ait été pris dans son piège ou seulement

de Mc., c’est sans doute qu'il ne dépendait pas de lui.

41-46. L'oRGIxE pu Messie (Mc. χπὶ, 35-37 a; LC..xx, 41-44), |

La question est la même dans les trois, et elle est posée de la même façon dans Mc. et dans Le., tandis que Mt. se conforme à la situation qu'il a esquissée dans la péricope précédente. C’est une controverse directe avec les Pharisiens, selon le thème si fréquent de Ma.

41) συνηγμένων s'accorde bien avec le v. 34 tel que nous l'avons compris. Les ja Pharisiens élaient groupés, non pour comploter, mais pour savoir à quoi s’en Ὁ tenir sur Jésus. L'un d’eux avait posé une question sur la Loi, Jésus va en poser Re + une sur le Messie. Cet arrangement très naturel ne peut être tiré de Mc. qui a ΜῊ ici un début à nouveau. Dans Mc. et Le. Jésus exprime son étonnement sur ne. l'opinion des Scribes. Le but serait donc seulement de mettre la foule en doute sur la valeur de leur enseignement à tout le moins incomplet, d’éveiller son JS attention, car elle ne pouvait guère résoudre un point si délicat. ἌΡ:

42) Dans Mt. la question est posée aux Pharisiens, dans son style habituel,

ἱ “A 1 τί ὑμῖν δοκεῖ, οἵ. xx1, 28 elc. — ἐστίν, présent juridique (cf. xxiv, 43); « de qui nt doit-il être le fils », plutôt que style des oracles, le présent pour le futur Rs (Küh.-G. 1, 1, p.138). Dans la bouche du Christ ce présent est plus impression- Les nant. La réponse était à prévoir; c'était aussi la foi du peuple qui avait acclamé ΤΑΝ À Jésus, mais elle ne disait pas tout. | 43) οὖν, style argumentatif de Mt, cf. v. 21; interrogation pour continuer les. même rythme. — ἐν πνεύματι ne peut pas être secondaire Par rapport à ἐν τῷ πνεύ-᾿ F4 : past τῷ ἁγίῳ (Mc.). La question est posée plus nettement Pour aboutir à l'ergo implicite du v. 45, où il y ἃ inclusio avec πῶς. ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU. 28

ἢ PP, 1 bg ré Ἷ PO AE ΑΝ ΧΗΣ ἀν RAT A UEE ΝΟ UE ÉVANGILE SELON SAINT MATT xx, 44]

4%) Le texte de ML. est certainement ὑποκάτω, peut-être réminiscence du Ps. voi, 7. Mais peut-être était-ce un équivalent araméen de Ma., traduit littérale- r ; ment par Mt. — κύριος sans art. quoiqu'il soit dans les LXX, pour désigner le ἫΝ Seigneur comme unique et déterminé par lui-même; cf. τ, 20.22 ; ΠΙ|, 3. Dans Mc. et Le. plus probablement ὁ Κύριος. ἽΝ 46) Propre à Μί., pour clore toutes ces discussions. Personne ne pouvait [ répondre, s'entend surtout des Sanhédrites (xxr, 23-27) et des Pharisiens (xx, 158-22; 41-46), auxquels leurs ‘questions avaient procuré des interrogations embarrassantes. Mais ceux qui n'avaient rien su répliquer, comme les Sadducéens et le docteur, sans être aussi humiliés, n’en revenaient pas moins bredouilles. À

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