‹ Évangile selon saint MatthieuChapitre 321 sur 350 · FIN DÉPLORABLE DE Jupas · texte numérisé non relu

FIN DÉPLORABLE DE Jupas

Dans ce passage qui lui est propre, Mt. a voulu que la mort misérable de Judas fût moins une leçon par elle-même que l’occasion de montrer l’obstination et les scrupules hypocrites des chefs de la nation. Leur responsabilité est entière au moment où ils vont la rejeter sur Pilate. Il a voulu montrer aussi que cette ingratitude des chefs de la nation envers le pasteur que Dieu lui avait destiné avait été prédite. Rien n'autorise à penser que ce passage est une addition postérieure à Mt.

3) La position de l'incident est vaguement indiquée par τότε. Dans le contexte actuel, Judas qui voulait voir la fin, comme Pierre, mais dans d’autres senliments, a pu se convaincre en voyant passer Jésus enchaîné, qu'il était condamné par le sanhédrin et que sa mort était inévitable. Soit qu'il n'ait pas prévu d'abord que les choses iraient jusque-là, soit que la réalité, la vue du Sauveur maltraité et conduit au supplice ait secoué son âme, il éprouva un véritable sentiment de repentir. Judas connaissait trop bien les juges, leurs passions et les suites inévitables d’une condamnation moralement unanime, pour opiner qu’en rapportant l'argent il avait chance de faire révoquer la sentence (Jér.); mais il voulait du moins rejeter le poids intolérable de l’argent qu'il avait si mal gagné et de l’accusation qu'il avait implicitement formulée en livrant son maître. —

τότε est bien de M£., et aussi les grands-prêtres et les anciens (sans les scribes).

cf. v. 1; xx, 33; — παραδούς οἵ, x, 4. — στρέφω tout à fait comme nous disons : retourner un objet à son propriétaire; cf. Soph. ur, 20 (LXX).

La leçon ἀπέστρεψεν serait beaucoup plus facile; cf. Gen. xzur, 12, etc.

4) αἷμα δίκαιον, comme xx, 35, serait un indice de style, mais la tradition manuscrite est pour ἀθῷον. — τί πρὸς ἡμᾶς; cf. Jo. χχι, 22 s. Réponse de bourreau qui n’a pas à juger de la sentence; mais eux, les juges! — σὺ ὄψῃ,

« ES ν΄ Ἢ

“es 514 ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, XXVII, D-1.

αἷμα ἀθῷον. οἱ δὲ εἶπαν Τί πρὸς ἡμᾶς; σὺ ὄψῃ. yat ῥίψας τὰ ἀργύρια εἰς τὸν ναὸν ἀνεχώρησεν, χαὶ ἀπελθὼν ἀπήγξατο. δΟἱ δὲ ἀρχιερεῖς. λαβόντες τὰ ἀργύρια εἶπον Οὐχ ἔξεστιν βαλεῖν αὐτὰ εἰς τὸν χορβανᾶν, ἐπεὶ τιμὴ αἵματός ἐστιν. 7 συμβούλιον δὲ λαβόντες ἠγόρασαν ἐξ αὐτῶν τὸν ᾿Αγρὸν τοῦ Κεραμέως εἰς ταφὴν τοῖς ἕένοις. ὃ διὸ ἐχλήθη ὃ ἀγρὺς ἐχεῖνος ᾿Αγρὸς Αἵματος ἕως τῆς σήμερον. 9 Τότε ἐπληρώθη τὸ ῥηθὲν διὰ ᾿Ιερεμίου τοῦ ἷ προφήτου λέγοντος Καὶ ἔλαβον τὰ τριάκοντα ἀργύρια; τὴν τιμὴν τοῦ τετι-

tu videris; οἷ. v. 24; Act. xvnr, 48; Épict. II, v, 29 : ἐποίησα ἐγὼ τὸ ἐμόν, εἰ δὲ καὶ σὺ τὸ σὸν ἐποίησας ὄψει αὐτός, οἵ. IV, vi, 11.

5) Cette parole égoïste et sèche, qui laisse à Judas toute la responsabilité de son crime, le jette dans le désespoir. D'un mouvement brusque il jette l'argent, donc par terre, et non pas dans le trésor (MeNeile). Il est vrai qu'il y ἃ εἰς τὸν΄ ναόν, qui, à parler strictement, signifierait le Sanctuaire. Mais ce mot pouvait se dire des constructions qui entouraient le Sanctuaire, comme la salle Gazith où d’après la Michna (Midd. v, 4) le Sanhédrin tenait ses séances, et où Judas a pu rencontrer .quelques Sanhédrites comme dans un lieu de rendez-vous, même quand il n'y avait pas de réunion officielle. — ἀνεχώρησεν, terme de Mt. — ἀπάγχω

indique la strangulation, qui se produit ordinairement par la pendaison en cas 48 suicide. Dans la Catena, Apollinaire concilie ce récit avec Act. τ, 48 en sup-

posant que Judas avait été détaché avant de mourir. Il ajoutait le récit de Papias et, de son crû, des détails dégoùtants (cf. Comm. Act. ad h.1.).— Peut-être le commencement de repentir de Judas eût-il abouti à la pénitence, s'il avait été accueilli avec charité; c’est ce qu'insinue Jérôme en citant à ce sujet : Ne abundantiori tristitia absorbeatur fraler (1 Cor. n, 7). Il avait trahi la confiance de son Maître; c'est vers lui qu’il devait se tourner et non vers les Sanhédrites; cruellement déçu dans sa foi envers les chefs du peuple, il désespère aussi de Dieu.

6) Les prêtres ramassent quand même l'argent. Par un scrupule de légalisme très juste, ils ne veulent pas lui donner une consécration religieuse en le versant dans le trésor, vere culicem liquantes, et camelum glutientes (Jér.). Le trésor eût été profané par des dons venus d’une source impure (Dt. xxmm, 48); de même, pensent-ils, pour un argent qui allait causer la mort d'un israélite. — οὐκ

᾿ ἔξεστιν βαλεῖν, ce n’est pas l’action de Judas qu'ils jugent (MeNeile); ils décident

ce qu’il ne leur serait pas permis de faire. Sur le χορδᾶν, ici avec une terminai- ‘son grecque, cf. Comm. Mc, 176. ;

7) συμθούλιον λαμδάνω, style de Mt. cf. v. 1. Le champ du potier était probablement un nom traditionnel assez connu. — ταφήν, suivi du datif doit signifier

non pas la sépulture (qui serait suivie du gén.) mais un cimetière, comme on

compris les syriens, les coptes, l'arm., et c'est aussi le sens du grec(Soph., it.) Quels étrangers? On dirait d’abord les gentils, puisque les prêtres estiment cet argent si malpropre, selon la maxime que les tombeaux des gentils sont tellement profanes et hors de la sphère religieuse qu'ils ne souillent même pas (d’après Siméon b. Iokhaï, cité par Merx, p. 396). Mais on ne voit pas pourquoi

importe? c’est à toi de voir. » 5Et jetant les pièces d'argent dans le |; temple, il se retira, et alla se pendre. 6Les princes des prètres

prirent les pièces d'argent, disant : « Il n’est pas permis de les

verser au trésor, puisque c’est le prix du sang. » 7Ayant pris une délibération, ils en achetèrent le champ du potier, pour servir de cimetière aux étrangers. $ Aussi ce champ fut nommé le champ du sang, jusqu’à ce jour. Alors fut accompli ce qui avait été dit par le prophète (Jérémie) en ces termes : “+

$ MT Et ils prirent les trente pièces d'argent, le prix de celui qui fut mis à prix,

. le Sanhédrin se serait occupé de la sépulture des non-Juifs, qui regardait plutôt

l'autorité romaine. Ce sont donc plutôt des étrangers israélites, morts pendant

un passage à Jérusalem. L'inscription de Théodotos sur l’hospice en faveur des

étrangers (RB. 1921, avril) offre un intéressant parallèle. 8) Le champ du sang, NN ὉΠ, nom que 461. introduit ici Acheldemach.,

comme dans les Actes 1, 19 ᾿Αχελδαμάχ (cf. Comm. ad h. L.). — ἕως τῆς σήμερον

(cf. Gen. χιχ, 37, etc.) ne suppose pas toujours un très long temps. Il serait déjà notable qu'un pareil sobriquet ait duré une vingtaine d'années. En fait, soutenu d’ailleurs par la tradition écrite de Mt. et des Actes, il subsistait ‘encore au temps de Jérôme.

9 s.) τότε ἐπληρώθη x. τ. À. est bien dans le style de Mt. Plusieurs questions se posent.

ΑἹ De qui est le texte allégué? Sans aucun doute c’est Zach. x1, 13, avec les modifications que nous dirons. Tout ce qui rappelle Jérémie, c’est qu'il ἃ fait, une visite à un potier (xvm) et qu'il ἃ acheté un champ avant la captivité (aux (n), 7. 9). | ; Ÿ

B) Comment donc M. a-t-il attribué la prophétie à Jérémie? On peut répondre :

a) Qu'il n'en est rien, Mt. n'ayant en réalité nommé personne. C’est la

s solution de Merx, d’après l’omission dans 33, 157, syrsin. et pes. avec Tatien

arabe, chez les latins α ὃ. Mrs Lewis ajoute un lectionnaire d'Oxford (Gregory 185), une fois sur deux. Augustin (de cons. III, vn, 29) a rejeté cette solution

quia et plures codices habent Hieremiae nomen et qui diligentius in Graecis |

exemplaribus evangelium consideraverunt in antiquioribus.. L'omission s'explique pour disculper Mt. d’une erreur, l'addition serait inexplicable. Cependant cette raison d’Aug. qui doit plaire à la critique moderne n’est pas décisive, car il est

- impossible que Mf., qui a retouché le texte de Zacharie d’après l’hébreu, se

soit trompé au point de l’attribuer à Jérémie, tandis qu'un demi-savant ἃ pu être tenté de compléter son texte d’après ses souvenirs du champ et du potier

de Jérémie. — A moins que Mt. n’ait lu le texte sous le nom de Jérémiel

δ) En effet, d'après Origène, on peut se demander si ce n’est point une

prophetatur. Et Jérôme : legi nuper in quodam Hebraico volumine, quod

Nazaraenae sectae mihi Hebraeus obtulit, Ieremiae apocryphum, in quo haec ad verbum scripta reperi. Mais Jérôme lui-même rejette cette solution qui ne plait

LH

n à τ; ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, XXVII, .8-ἰ0. ΡΟ ΟΣ ΝΣ

citation d’un apocryphe de Jérémie : videat ne alicubi in secretis Τογρηγίαο hoc

à personne. Les conservateurs ne peuvent trouver bon que Mt. ait eu recours à un apocryphe; nous pensons que le prétendu apocryphe ἃ été rédigé d'après Mt. (cf. ΕΒ. 1922, p. 341 5.).

c) D’après Rendel Harris (Testimonies.… 1, P- 52 ss.), Mt. a suivi un recueil de Testimonia de l'A. T. où ce passage (reproduit par Bar-Salibi comme une citation de l'A. T. d’après Jérémie) était attribué à Jérémie. Mais la difficulté serait seulement reculée, et le texte paraît bien avoir été rédigé par Mt. en vue des faits; Jér. sed tamen mihi videtur magis de Zacharia sumptum testimonium; evangelistarum et apostolorum more vulgato, qui verborum ordine praetermisso, SENnSUs tantum de veteri Testamento proferunt in exemplum.

d) Mt. a dit Jérémie parce qu'il ἃ mélangé des textes de Zacharie et de Jérémie. C'est la seconde solution d'Aug., et celle de Knabenbauer. Elle est contraire à l'évidence. On a pu dire Jérémie par suite d’une réminiscence vague, mais l'intention de se servir de son texte ne peut être supposée d’après les faits.

e) Si donc on croit devoir admettre — contre une invraisemblance psychologique — que Mt. lui-même a*mis Jérémie, il faudra dire avec Aug. (première solution) : potuit enim fieri, ut animo Matthaei evangelum conscribentis pro Zacharia Hieremias occurreret, ut fieri solet. Après quoi, pour l'excuser d’erreur, on dira avec Aug. que te but de l'Esprit-Saint était d'enseigner l'unité d'esprit des prophètes, ou avec Schanz que cela n'est pas contre la doctrine catholique de l'inspiration.

C) Quel est le texte de Zacharie? « Et Iahvé me dit : jette-le au potier, (ce) prix magnifique (lité. cette splendeur de valeur) auquel j'ai (ou plutôt fu as) été. évalué par eux; et je pris les trente (pièces) d'argent et je les jetai dans la maison de lahvé au potier. » Tel est le texte massorétique, car le syriaque de l'A. T. et le Targum lisaient « trésor » ΟΥἿΝ) au lieu de « potier » (Ὁ), ce qui était suggéré par la maison de lahvé. Les LXX lisaient sûrement ἽΝ), mais ne sachant que faire de ce potier, ils ont traduit comme s’il y avait ὩΣ, « le fondeur », dont ils ont fait la fournaise : on jette de l'argent au fondeur, non au potier. Gependant le potier, leçon difficile, n’est point impossible; c'est le type de l'ouvrier qui vend sa marchandise à vil prix, et peut-être faut-il lire avec M. Van Hoonacker : « à son atelier » et non « à la maison de Iahvé », dont on ne: s'explique pas ici la mention. La lecon trésor, facile en apparence, est inadmissible : pourquoi Jahvé aurait-il fait verser dans son trésor ce prix ridicule, dont il ne veut pas?

D) Comment Mt. a-t-il transformé le texte de Zacharie? Deux opinions :

1) Klost. MeNeile etc. lisent ἔδωκα, et naturellement entendent ἔλαθον de la première personne. a) ἔδωλα est la leçon de δὶ 122 2&ov 31ev syrsin. pes. pal. (A). b) si c'est la première personne qui parle on comprend très bien la finale, χαθὰ συνέταξέν μοι Κύριος. ©) Mi. aurait transcrit Zacharie sans grands changements, se contentant presque de faire une seule phrase de l’ordre et de l'exécution : Celui qui parle a exécuté; il ajoute que c'était par ordre.

Cette dernière raison devrait être très sympathique aux conservateurs, Car il serait plus aisé de défendre le procédé de Mt. qui aurait comparé une situation εκ une situation, $ans trop transformer le texte pour le rendre plus conforme à la réalisation. Néanmoins il ne semble pas qu'ils y aient recours. Et en effet :

Il) a) Critiquement la leçon ἔδωχαν est la plus soutenue par la tradition, l'autre

étant suspecte d'assimilation érudite au texte de Zacharie. b) Il faut voir de plus

près comment Mt. a traité 16 texte. Il est probable (Κι. MeN.) que, au lieu

τ de pi ὝΤΝ «splendeur de valeur », il a pris ὝΤΝ dans le sens de prix, d'au-

tant que τίμη peut signifier honneur, et il ἃ lu pa, « l’estimé », τοῦ τετιμημένου.

Mais, pour une raison ou pour une autre, en lisant : « prix de l’estimé » il ne supposait pas que l’estimé lui-même prit la parole; aussi, au lieu de continuer par : « auquel j'avais été évalué », renonçant à la première personne, il ἃ lu ὃν ἐτιμήσαντο, dont le sujet est naturellement ἀπὸ υἱῶν Ἰσραήλ. Ces derniers mots ne peuvent être qu’un partitif, mais si on trouve cette tournure dans un complément (cum, 34 ἐξ αὐτῶν), elle est très dure pour un sujet et ne s'explique que comme une mise au clair de : « par eux » dans le texte du prophète. (IL est vrai que syrsin. suppose le sing. ἐτιμησάμην, mais avec un sens actif.) Enfin en se servant de δίδωμι, Mt. montre bien qu'il vise l’action des prêtres, ce qui se voit encore mieux par l’addition de &ypov, ajouté d’après l'événement (Schanz). On ne peut donc douter de son dessein de transformer le texte de Zacharie pour en voir la

réalisation dans l’acte des prêtres. Quant aux derniers mots καθὰ συνέταξέν μοι.

Κύριος, il faut les mettre dans la bouche du prophète, affirmant que ce qu’il

décrit a été prévu par Dieu, et qu’il le fait connaître pour obéir à sesordres

(cf. Ex. 1x, 12).

E) Comment donc expliquer le procédé de Mt? — D'abord il faut exclure l'appel à nos conceptions modernes sur la façon de traiter les textes. Schanz n’a pas hésité à dire qu’il a cité à la manière des targoumistes, selon qu'il convenait pour mettre en relief l’'accomplissement des prophéties. D'ailleurs le texte est bien en harmonie avec l'événement. Dans Zacharie, Dieu s’est choisi un pasteur pour paître en son nom les brebis d'Israël. Éconduit par les mauvais pasteurs, succombant à sa tâche, le bon pasteur reçoit de Dieu l'ordre de demander son salaire, si toutefois on veut le donner. Les mauvais pasteurs comptent un salaire dérisoire que Dieu lui ordonne de jeter au potier. Ce pasteur est le type de Jésus, dont la hiérarchie n’a pas voulu, qu’elle ἃ mis à prix pour une somme minime. La ressemblance est frappante, et le texte du prophète s'applique au sanhédrin comme une sévère condamnation. Il y avait de plus la coïncidence étonnante du potier de Zacharie, et du champ du potier. C’est peutêtre ce qui ἃ attiré l'attention de Mt. $ur ce texte, mais ce n’est pas le point central de la comparaison. — Expliquer la pensée de Mt. d’après le champ acheté par Jérémie en figure du retour de la captivité (Kn.), c’est fantaisie pure.

F) Toute cette péricope est regardée comme légendaire par certains critiques. Ils arguent de la différence des termes dans Act. 1, 18 et de l'influence qu'a pu exercer soit le texte de Zacharie, soit l'existence d’un cimetière des étrangers nommé Hageldama. — La conciliation précise des Actes et de Mt. appartient au commentaire des Actes. D'ailleurs dans les deux endroits le lieu dit Hageldama est mis en relation avec Judas. Le texte de Zacharie (χι, 12) pouvait bien suggérer le nombre des sicles, mais précisément sur ce point il n’est pas cité par Mt, xxvi, 45. L'argent jeté dans la maison de Iahvé par le bon pasteur ne pouvait guère suggérer qu'il ait été jeté dans le Temple par Judas, d'autant que dans Mt. le texte de Zacharie ne parle pas de la maison de Jahvé. Enfin l'argent jeté au

potier ne pouvait paraitre une prophétie que si le champ avait été réellement

HS tu SELON SAINT MATHIEU, xxvm, CUITE SM Cat

υνημένου ὃν ἐτιγήσαντο, ἀπὸ υἱῶν Ἰσραήλ, 10 χαὶ ἔδωχαν αὐτὰ εἰς τὸν ART

τοῦ χεραμέως, χαθὰ συνέταξέν μοι Ἰζύριος. ' 110 δὲ ᾿Ιησοὺς ἐστάθη ἔμπροσθεν τοῦ ἣγεμόνος" χαὶ ἐπηρώτησεν αὐτὸν ὁ ἡγεμὼν λέγων Σὺ εἶ ὁ βασιλεὺς τῶν Ιουδαίων; ὁ δὲ ᾿Ιησοῦς ἔφη Σὺ λέγεις. 18 χαὶ ἐν τῷ χατηγορεῖσθαι αὐτὸν ὑπὸ τῶν ἀρχιερέων χαὶ πρεσβυτέρων οὐδὲν ἀπεχρίvaro. 8 τότε λέγει αὐτῷ. ὁ Πιλᾶτος Οὐχ ἀχούεις πόσα σου χαταμαρ-,

SL

᾿πυροῦσιν; Thai οὐχ ἀπεχρίθη αὐτῷ πρὸς οὐδὲ ἕν ῥῆμα, ὥστε θαυμάζειν

ae

Page 1