Voyez la note 23 au ch. XV, 15, p
10. B poursuit : « A plusieurs jours de là, Jésus s'étant levé alla trouver les enfants et les bambins, à l'endroit où ils étaient réunis. L'ayant aperçu, tous ceux qui étaient là, allèrent joyeusement à sa rencontre. Les enfants se prosternaient devant lui et lui disaient : « Vous êtes le bienvenu, petit Jésus, fils d'un vénérable vieillard. Dites-nous pourquoi vous avez disparu, nous privant de votre présence, durant les longs jours que vous n'êtes pas venu ici. Nous tous... » [Ici une lacune dans le manuscrit ; après quoi le texte reprend] : ... ils arrivèrent là en pleurant et ils lui firent un grand deuil. L'enfant avait sept ans. Après une heure passée, les parents du petit demandèrent : « Où est ce jeune garçon qui a tué notre enfant d'un coup de pierre? » Tous dirent : « Nous ne le savons pas. » Sur quoi, les parents, ayant enlevé le cadavre, l'emportèrent dans leur maison. Et s'étant rendus chez le juge de la ville, ils lui racontèrent toute l'histoire. Celui-ci ordonna d'arrêter les enfants et de les lui amener. Quand ils furent arrivés, le juge les interrogea et leur dit : « Gars et enfants, grands et petits, qui êtes ici rassemblés dans la salle d'audience, voyez tous, regardez et considérez votre jeunesse! Ne
202 LIVRE ÂklviÈNIEN DE L'ENFÂNCË.
5. Et un jour Joseph et Marie tinrent conseil au sujet de Jésus (et diront) : « Que ferons-nous de lui,
vous imaginez pas que vos pleurs et vos larmes rrie décideront à vous acquitter par scrupule de conscience, où que je vais vous mettre en liberté, sur une intercession quelconque, en retour d'un présent, comme vous le croyez sans doute. Il n'en sera rien. Mais je vous ferai déchirer de mainte et mainte façon dans des tourments cruels et périr de maie mort. Ne vous faites pas illusion à votre sujet, vous disant : « Je suis un fils de famille » ; et un autre : « Je suis le fils d'un pauvre ; le juge aura pitié de qui il voudra. » Non! je vous jtire par la puissance de nos [texte : de mes] dieux et par la gloire de l'empereur notre souverain {piuaiui-nnU Uiuiuhn) que tous, tant que vous êtes, vous serez condamnés aujourd'hui. Ditesmoi (donc) qui d'entre vous a tué cet enfant, car vous tous qui étiez là, vous le connaissez. « Ils dirent d'une rhême voix : « O juge, écoutez-nous et remarquez que, les uns pour les autres, nous attestons sous serment que nous sommes innocents. » Le juge dit : « Ne vous l'ai-je pas déjà dit, comme je le répète maintenant? Ce n'est point par menace mais par bienveillance que je vous parle ainsi. Ne celez pas votre méfait, sinon vous périrez tous avec cet (enfant) et rien ne vous aidera. » Les enfants dirent : « 0 jilge, nous vous disons la vérité exactement comme nous la connaissons. Et ne pouvant connaître le (coupable), pourquoi, par un mensonge, livrerions-nous un innocent à la mort? « Le juge dit : « Je vous ferai châtier sévèrement, puis je vous ferai périr d'une mort cruelle, si vous ne me découvrez pas la vérilé. » Les enfants dirent d'iine même voix : « Nous voici rasserhblés devant vous. Tout ce que vous nous commanderez <de dire> et que nous savons, nous le dirons. » Au même instant le juge, pris de colère, ordonna de les dévêtir et de les fouetter avec des lanières crues. Or celui qui était le meurtrier de l'enfant, intimidé par le juge, poussa un cri et dit : « O juge, délivrez-moi de ces liens et je vous indiquerai, moi, le meurtrier de l'enfant. » Le juge ordonna de le délier et l'appelant [texte : et de l'appeler] auprès de lui avec des caresses et de bonnes paroles, il lui dit : « Dites-moi exactement et en ordre tout ce que volis savez. » Le jeune garçon dit : « Écoutez-moi, ô juge. Je më trouvais là, assis Idlri à
CH. XVIII, 5. PERPLEXITÉS DE îlAklfe ET DE JOSEPH. 203
puisque nous avons à supporter de tels embarras à
l'écart, et j'ai vu le petit Jésus, le fils du vieux Joseph l'étranger, qui, en jouant, frappait cet enfant à mort, d'un coup de pierre, et s'enfuyait de là. » Le juge dit : « Dites-moi bien exactement : il était avec vous autres quand cet enfant mourut, et vous êtes tous témoins qu'il est l'auteur du fait? « Tous dirent d'une même voix : « Oui; c'est lui qui a fait cela. » Le juge dit : « Et pourquoi ne me l'avez-vous pas dénoncé d'abord, quand vous vîntes ici? » Les enfants dirent : « Nous avons cru qu'il serait mal de le trahir, puisqu'il est le fils d'un pauvre étranger. » Le juge dit : « Quel parti convenait-il de prendre : condamner un innocent dans les formes légales et laisser libre celui qui est digne de mort? » [La suite de Vépisode semble calquée trait pour trait sur le ch. XV [, 10-15 \ cf. XVÏI, 12-1^1 : arrestation de Joseph, interrogatoire, perquisitions inutiles pour trouver Jésus, nouvel interrogatoire de Joseph; entrée soudaine de Jésus dans le tribunal; dialogue entre Jésus et le magistrat, qui finalement, pris de fureur, fait appeler les enfants et leur dit] : « Dites-moi la vérité pôtir que je sois renseigné. Est-ce vous qui avez causé cette niort ou bien est-ce le petit Jésus? » Ils dirent d'une même voix.,. [Nouvelle lacune, que la suite permet de combler : Jésas ressuscite le mort et lui commande de désigner son meurtrier. Reprise du texte]. Jésus éclate en reproches contre le juge. « Et l'enfant demeura en vie jusqu'à la neuvième heure du jour en sorte que [texte : auquel, jn^iiiLt? = tS] tous vinrent le voir, ressuscité d'entre les morts. Puis Jésus pirenant la parole dit au mort : « Saùl [Sawoul) fils de àawour, dormez maintenant et reposez-vous [Matth., xxvi, 45] jusqu'à ce que vienne le justicier universel, qui prononcera un jugement équitable. » Et comme Jésus disait ces mots, l'enfant laissa retomber sa tête et s'endormit. A cette vue toute la foule des gens qui se trouvaient là, pris de peur, se laissèrent choir comme morts. Ils n'osaient le regarder. Dans la violence de leur frayeur, ils tremblaient devant lui et leur étoimement redoublait à raison de son jeune âge. Jésus voulut se retirer de la foule; mais ces gens l'imploraient et disaient : « Rendez (de nouveau) à la vie le mort que vous aviez ressuscité. » Jésus refusa de le faire et dit : « Si vous aviez d'abord cru à ma parole et accepté mon témoignage, j'avais le pouvoir de faire tout ce que vous demandez.
cause de lui^^? » Joseph dit : « Que songez-vous à faire de lui, puisque ^^ vous m'interrogez? » <^Marie dit :>> « Vous voyez qu'il est devenu grand; il circule touj ours où bon lui semble et ne se tient pas à la maison . Si telle est votre volonté, nous lui ferons exercer la profession de scribe, pour qu'il soit placé sous la dépendance du maître et qu'il s'exerce en toute espèce d'étude et à la connaissance des lois divines, et que nous vivions dans le calme et dans la paix. »
6. Joseph dit : « Vous avez raison; que votre volonté s'accomplisse » [Matth., vi, 10]. Marie dit : « Et s'il ne lui reste plus rien à étudier ^'^, étant déjà très
Mais puisque vous conspiriez pour me condamner injustement et que vous vous acharniez indignement contre moi, au moyen de témoignages calomnieux, j'ai ressuscité cet (enfant) pour l'opposer comme témoin à vos imputations et ainsi j'ai échappé à la mort. » Ayant parlé de la sorte, Jésus se déroba à leurs yeux. On tira Joseph de la prison et on le mit en liberté. Plusieurs allèreiU à la recherche de Jésus et ne le trouvèrent pas. Ils suppliaient Joseph et lui disaient : « Où est votre enfant, pour qu'il vienne ressusciter notre petit garçon? » Et celui-ci dit : « Je ne le sais pas. » Le lendemain, au point du jour, Joseph s'étant levé prit l'enfant et sa mère [Matth., II, 21] et, sortant de la ville, ils partirent par la route. Jésus avait six ans et onze mois. Ils atteignirent un village appelé laïél (Oujjt^). Ils y séjournèrent durant de longs jours. Or un jour, Joseph et Marie tinrent conseil... {Voyez § 5.)
11. B ajoute : « ... de la part des gens dans toutes les villes et villages et nous (avons lieu de) craindre qu'on ne le saisisse de force (ou) en cachette pour le tuer et que nous ne périssions avec lui. »