FRAVAIE DU LABORATOIRE DE M. LE PROFESSEUR KIENER
RSR LSRSSNLRLRLNSSI LOL
La question des coccidies, parasites de l’épithélioma et du cancer, est loin d’être simple ; la multiplicité des opinions émises sur l'interprétation des formes en litige suffit seule à montrer toute la difficulté du sujet.
Cette difficulté tient à plusieurs causes :
1° Les parasites en question n’ont pas comme structure de caractéristique bien définie ; les formes de reproduction pourraient seules lever tous les doutes, mais personne jusqu'ici n’a vu, ou démontré du moins, des types indiscutables.
2° Les méthodes histologiques employées varient avec chaque auteur et on comprend sans peine que des fixations ou des colorations variées ne montrent pas les éléments histologiques sous le même aspect. Il est facile de s’en rendre compte, en employant différentes méthodes dans l'étude d'une même tumeur.
3° L'hypothèse étant émise, beaucoup d'auteurs se sont peut-être laissé entraîner au delà des conclusions permises, et
Be Tran
il est évident pour qui s'occupe attentivement de cette question, qu’on a décrit comme parasites des éléments d'origines diverses et dont beaucoup s'expliquent très bien par l’évolution de la cellule épithéliale dans les tumeurs.
Depuis quatre ans, je n'ai cessé de m'occuper de l'étude des éléments anormaux dans l’épithélioma, et j'ai pu me convaincre qu’à côté de figures dont l’origine cellulaire n’est pas douteuse, il existe des formations qui: méritent la plus grande attention.
Leur aspect bien spécial, en effet, ne peut. qu'encourager les recherches au point de vue du parasitisme dans le cancer.
C'est à M. Malassez (1) que revient incontestablement le grand honneur d’avoir soulevé cette question des coccidies parasites dans les tumeurs épithéliales.
Dans la séance du 23 mars 1889 à la Société de Biologie, il s'exprimait ainsi :
« J'avais été frappé, il y a longtemps déjà, de l'aspect tout particulier de certaines cellules que l’on trouve dans les épithéliomas et que l’on considère comme des cellules-mères oucommedes cellules en dégénérescence granulo-graisseuse. Peu satisfait de cette explication et cherchant alors si les tumeurs épithéliales n'étaient pas d’origine parasitaire, je m'étais demandé si ces cellules ou du moins quelques-unes d’entre elles, ne seraient pas des parasites, des organismes unicellulaires. »
M. Malassezne considérait pas. alors la question comme définitivement résolue.
Les recherches de M. Albarran (2), les travaux de M.
(1) Sur les nouvelles psorospermoses chez l'homme (Archiv. de méd. exp., 1890, 2).
(2) Sur des tumeurs épithéliales contenant des coccidies (Sem. méd., 1889, p. 117).
FLE Darier(r) sur la Psorospermose folliculaire végétante et sur la maladie de Paget, vinrent apporter de nouvelles preuves à M. Malassez en faveur de son interprétation.
A ce moment M. Louis Wickham (2) publia sa thèse sur la maladie de Paget. Déjà dans ce travail, on trouve des figures qui sont loin d’être démonstratives au point de vue de leur nature parasitaire : la fig. 12, pl. III, me paraît être un type de formation endogène plutôt qu’un parasite intra-cellulaire ; le noyau représenté au centre me paraît bien devoir êtré un noyau de cellule épithéliale plutôt qu'un noyau de parasite.
Dans la description qu’il donne de ses parasites (p. 101! l’auteur s'exprime ainsi :
« La seule altération qui existe et qui frappe dès l’abord, consiste dans la présence, au sein de la couche de Malpighi, de corps cellulaires qui manifestement ne sont pas des cellules épithéliales. Généralement plus gros que celles-ci, troublant par conséquent l’ordonnancement régulier des cellules malpighiennes, ils s’en distinguent encore par leur coloration différente, ordinairement plus intense sous l'influence des réactifs, et par l’absence de structure filamenteuse, propre aux cellules malpighiennes. Leur proloplasma a par conséquent un autre grain, leur noyau est plus grand, quelquefois bosselé ou multiple.»
Cette description montre bien que l’auteur a confondu des éléments cellulaires avec des parasites. Je ne connais pas de caccidies qui montrent un noyau plus grand que celui des cellules épithéliales et encore moins un noyau bosselé ou mul-
tiple.
(1) Ann. de Dermat. 1889, n° 7, p. 117).
(2) Maladie de Paget, thèse de Paris, 1890.