‹ Évolution Cellulaire et Parasitisme dans l'ÉpithéliomaChapitre 9 sur 14 · AS TT · texte numérisé non relu

AS TT

étudiées dans l’épithélioma par M. Cornil, qui a montré toute la fréquence des formations endogènes dans de pareilles cellules. —Illes a décrites minutieusement en s’élevant contre leur interprétation parasitaire.

Ces cellules à noyaux bourgeonnants résultent d'un processus d’accroissement et de lobulation du noyau dans l'intérieur d'une cellule qui ne se divise pas. Toutes les formes peuvent se rencontrer : tantôt on aun noyau à deux lobes ou à plusieurs lobes, tantôt le noyau principal se recouvre d’une série de bourgeons nucléaires (fig. 14). Suivant que la lobulation du noyau s’est produite dans une seule direction où dans plusieurs directions à la fois, les figures nucléaires sont variées, en bague, en croissant, en forme de mûre, etc. (fig. 1 à 16. PTS) |

J'ai appelé l'attention sur de pareilles figures dans un travail récent (Journal de l’A nalonue, 1892).

J'ai montré que ces noyaux, dans bien des cas, se comportent comme une unité nucléaire au moment de la division de la cellule et donnent naissance par division directe ou par karyokinèse multipolaire à 3, 4 ou un plus grand nombre de cellules (fera a PERLE

Au point de vue qui nous occupe les cellules à noyaux bourgeonnants sont intéressantes parce qu’elles contiennent très souvent des inclusions de nature cellulaire.

Dans la fig. 42, pl. I, on voit une série de bourgeons du noyau principal s'étirer et s'entourer d’une couche protoplasmique dans l’intérieur mème de la grande cellule.

Les fig. 43, 44, pl. 1, montrent ces cellules endogènes complètement formées. |

La fig. 2 a de lap/. III montre une pareille formation.

Ces inclusions de nature cellulaire évoluent pour leur compte dans l’intérieur de la cellule-mère. Il n’est pas rare de voir une figure de karyokinèse au milieu d'une cellule dont

TO

le noyau bourgeonnant est au repos (fig. 42, pl. I), ou bien encore une cellule réduite à l’état de bloc au sein d’une cellule vivante (fig. 46, pl. I).

Je n'insiste pas sur cette, catégorie d’inclusions, dans les cellules à noyaux bourgeonnants. M. Cornil les a étudiées à fond. .

Le même processus de formation endogène se passe souvent aux dépens d’une cellule à noyau simple.

C'est cette catégorie de figures qui a le plus soûvént prêté à confusion, si jen juge par les descriptions de parasites données par certains auteurs.

La figure 11 cmontre un élément sphérique très net, avec une membrane à double contour ; au centre se trouve un noyau entouré d’une zone de protoplasma plus où moins rétracté ; il ya un vide entre le protoplasma et la paroi du pseudo-kyste.

La mème figure montre une série de filaments radiaires qui partent de l’intérieur même du protoplasma, traversant l’espace vide et aboutissant à la paroi.

Le noyau de la cellule-mère est aplati en croissant à la périphérie.

Les filaments sur des préparations bien fixées sont très apparents. [ls caractérisent bien la nature épithéliale du pseudo-kyste en question. D'ailleurs la présence d’un noyau volumineux au centre confirme cette manière de voir.

M. Steinhaus (1) a décrit ces figures, et 1l s’est attaché à montrer combien elles peuvent prêter à confusion.

Le mème auteur a montré que bien souvent les cellules

(1) Steinhaus. — Archives de Virchow, 1892. « Des inclusions cancéreuses ».

Lo NO) EE

environnantes, pressées par le développement de la cellule, se tassent et s’imbriquent à la périphérie.

L'ensemble constitue un globe épidermique en germe, contenant au centre un élément sphérique qui se trouve être la celluie endogène primitive.

Cette disposition est fréquente dans les tumeurs épithéliales:

Pour montrer que de pareilles cellules ont été décrites comme parasites, il me suffit de citer ici la description de M. Louis Wickham, dans sa Thèse (p. 145) :

« A l’aide d'un fort grossissement, il est possible de reconnaître le siège intra-cellulaire de ces parasites... Ils offrent une enveloppe très particulière, un volume plus grand que celui des cellules voisines normales, une forme arrondie ou ovale, un protoplasma ne présentant pas la structure fibrillaire, souvent plusieurs noyaux irréguliers et volumineux.

» Un des caractères particuliers de la plupart de ces kystes est de présenter en dehors un noyau aplati. C'est le reste de la cellule contenante dont le noyau a été refoulé… Rappelons aussi la tendance des cellules voisines à se grouper et à s’allonger autour de la paroi des kystes qui peuvent devenir le point de départ et le centre de formation de globes épidermiques. »

Cette citation, tres explicite, montre bien l'erreur qu’à commise M. Wickham dans la description de ses parasites.

Lorsque ces éléments sont pris par la dégénération, leur véritable nature peut être difficile à déterminer.

Le réseau Chromatique du noyau se conglomère en une masse amorphe colorée en rouge sombre par la safranine, la fuschine ou le carmin. Autour de cet amas de chromatine se condense une masse protoplasmique dégénérée et vitreuse : la zone périphérique devient tout à fait transparente, tandis

que la paroi de ces pseudo-kystes reste intacte et présente un double contour très net {P/. LIL, fig.2e).

A mon avis, les figures dont la description vient de nous occuper, sont celles qui doivent le plus fréquemment être la cause d'erreurs d'interprétation.

Il en est d’autres pourtant beaucoup plus rares; mais que je crois devoir décrire comme figures singulières de développement cellulaire. |

Il s’agit encore de formations cellulaires endogènes. Les fig. 1, 2,3, pl. IF, proviennent d’un épithéliünia de 1a région malaire, qui m'a présenté en même temps les figures très spéciales que je décrirai dans la deuxième partie de ce travail comme étant des parasites possibles.

Les deux catégories de figures étaient souvent présentes dans les mêmes points de la préparation, et la distinction, dans bien des cas, n’était pas facile.

La tumeur était constituée par d'énormes bourgeons épithéliaux disposés dans un stroma conjonctif très dense.

La fig. 2, pl. III, représente la partie centrale d’une traînée épithéliale. — Les cellules, très hypertrophiées, montrent dans leur intérieur des figures sphériques très régulières, de dimensions variées et présentant où non uñ noyau.

Je ne m'expliquais pas tout ‘d’abord l’origine d'une disposition pareille.

L'étude attentive des coupes me montra que ces inclusions étaient dues pour la plupart à de véritables invaginations cellulaires résultant de l'accroissement et de la pression réciproque des cellules hypertrophiées.

La fig. 1, pl. IT, est intéressante parce qu'elle montre une partie du processus. — C'est une division du noyau dans une céllule énorme et à parois rigides. Toute la cellule ne prend pas part'à la division; la partie centrale, seüle, suit le noyau dans sa division et les deux nouvelles cellules, ainsi

Page 1