‹ Évolution Cellulaire et Parasitisme dans l'ÉpithéliomaChapitre 10 sur 14 · LE · texte numérisé non relu

LE

formées, sont destinées évidemment à donner des figures d'inclusions cellulaires semblables à celles que montre le dessin fig. 2.

La partie la plus externe de la cellule primitive privée de noyau passe à l’état de lamelle cornée.

Dans ce tissu, où les cellules s'imbriquent si souvent, la coupe, suivant qu’elle passe par tel ou tel-point des diverses invaginations cellulaires, montre des figures variées d'inclusions, privées ou non de noyaux.

Le dessin montre bien une pareille disposition.

— La fig. 12, pl. III, etles photographies 3, 4, 7, se rapportent à une autre série de coupes d’un épithélioma de l'oreille.

Ici, les cellules n’ont aucune tendance à l’évolution cornée ; reliées entre elles par des ponts protoplasmiques très délicats, elles forment de grosses trainées disposées dans des alvéoles de tissu conjonctif. — Sauf le type malpighien des cellules, cette tumeur ressemblait beaucoup à un véritable carcinome par la disposition alvéolaire des bourgeons épithéliaux.

Sur certains points, les cellules prennent des dimensions énormes, le noyau acquiert un volume extraordinaire.

La fig. 12 a, pl. II, représente un de ces noyaux.

Il a ceci de particulier, qu'il contient dans son intérieur un élément cellulaire parfaitement constitué, avec un noyau au centre et une zone de protoplasma périphérique ; la photographie 3 et le dessin représentent le même point de la préparation.

Ailleurs, dans la photographie 4, on voit un de ces énormes noyaux en voie de désintégration et une jeune cellule toute formée dans la cavité formée par la désintégration de l’ancien noyau.

AND EEE

La photographie 7 montre une jeune cellule complètement sphérique.et libre.

Je n'ai aucune donnée pour savoir ce que signifient de pareilles images ; il est probable qu'il y a là un mode particulier de formation cellulaire que je ne connais pas.

Le fait m'a paru assez intéressant pour être signalé: d’autant plus que la tumeur de l'oreille en question contenait quantité de figures semblables.

Au point de vue qui nous occupe, de pareilles images pourraient bien, à un examen superficiel, être considérées comme des parasites inclus dans le noyau. s

Par cette étude des formes anormales de l’évolution cellulaire dans les épithéliomas, il est facile de se rendre compte que la quesuon est loin d’être simple, comme je l'ai dit au commencement de ce travail

Ce sont justement ces figures à interprétation difficile qui sont les plus fréquentes, et je ne suis pas étonné que certains auteurs, recherchant dans leurs coupes les figures parasitaires indiquées par M. Malassez, se soient laissé aller à les décrire conime parasites.

Les figures si spéciales qui vont nous occuper dans la seconde partie de ce travail, sont au contraire très rares dans les épithéliomas.

FORMATIONS INTRA-CELLULAIRES OÙ EXTRA-CELLULAIRES QUI POURRAIENT ÊTRE CONSIDÉRÉES COMME ÉTANT DE NA- TURE PARASITAIRE. — Les figures que je vais décrire proviennent exclusivement de deux tumeurs épithéliales.

Un épithélioma de la région malaire, et un épithélioma du maxillaire supérieur, le 1° m'a donné les figures les plus caractéristiques et les plus nombreuses.

La tumeur était constituée par une série de grosses trai-

nées épithéliales logées dans un stroma conjonctif très dense; elle n’était pas ulcérée.

Les traïnées épithéliales présentaient en certains points la structure normale de la couche de Malpighi, en d’autres points et surtout vers le centre, les éléments cellulaires s’hypertrophiaient et s’entouraient de véritables membranes rigides, avec des formations endogènes spéciales que j'ai décrites dans le précédent chapitre, et qui sont représentées fs. 13, pl. HI. |

Dans une pareille tumeur, la première figure qui appela mon attention est celle que j'ai dessinée (fig. 9, pl. IN).

C'est une grande cellule avec un noyau bien visible et bien coloré, dans laquelle on ne distingue pas de dégénération protoplasmique et qui renferme un nombre considérable de corps sphériques ou ovales très réguliers.

Dans le cas particulier, la plupart de ces corps avaient la dimension d’un globule rouge ; ils présentent une capsule très nette et.un relief qui ne permet pas de les confondre avec de simples vacuoles du tissu. Quelques-uns présentent une partie centrale plus sombre, dans laquelle à un fort grossissement on distingue une substance granuleuse incolore, parsemée de corpuscules plus ou moins gros colorés en bleu.

La cellule que j'ai dessinée très exactement contenait quinze corps de cette espèce, la plupart sphériques,quelquesuns légèrement ovales.

Le groupement de pareils corps dans une cellule est bien fait pour éveiller l’idée de petits organismes parasites.

J'aiessayé de rendre avec la plus grande exactitude leur disposition et leur aspect. La simple description ne peut pas suffire ; il faut les avoir vus pour être convaincu qu’il y a Jà des formations spéciales qu'il est impossible de rattacher à l'évolution cellulaire. Il ne peut être question ici de forma-

tions cellulaires endogènes, de dégénération de leucocytes introduits dans la cellule, etc.

L'hypothèse de M. Malassez me paraît les expliquer de la façon la plus satisfaisante.

Ce sont évidemment de pareilles figures qu’a décrites et dessinées M. Sodakewitch (pl. VI, fig. 2, 7, 8), sous le nom de cellules à parasites multiples « Mehrlings infection ».

La cellule 9, p!. III, est une des plus typiques que j’airencontrées, mais des formations semblables n'étaient. pas très rares dans les coupes.

Parfois les corpuscules intra-cellulaires avaient des dimensions beaucoup moindres, quoiqu'ils eussent le même aspect (fes. :69pr. TT).

La fig. 7, pl. III, représente une quantité de corpuscules dans l’intérieur d’une grande cellule dont le noyau a complètement disparu ; on serait tenté à première vue de prendre cette figure pour un kyste renfermant des spores. Je ne crois pas que ce soit là la véritable interprétation.

A côté de ces corpuscules réfringents qu'on rencontre dans es cellules épithéliales souvent en grand nombre dans une même cellule, et dontles dimensions ne dépassent pas généralement les dimensions d’un globule rouge, j'ai trouvé dans la tumeur et sur les mêmes points, des corps ronds absolument comparables, comme dimensions, aux cellules épithéliales kystiques dont il a été parlé dans la première partie de ce travail.

La méthode de Bizzozzero les colore admirablement et les différencie très bien dans le tissu; c’est pour cette raison que j'ai cru devoir décrire en détail cette méthode.

A première vue ces corps, sphériques pour la plupart, ont une transparence spéciale qui les fait reconnaître au milieu du tissu légèrement coloré en jaune par la liqueur de Flemming.

Ils présentent une membrane à double contour, d'une régularité parfaite. Le contenu granuleux, tantôt occupe toute la cavité, tantôt n’en occupe qu'une partie.

La fie. 14, pl. III, montre une substance granuleuse, légèrement colorée en bleu ; iln'y a pas de gros corpuscules chromatiques.

La fig. 13 semble indiquer une concentration de la substance granuleuse au centre.

Dans les corps s et 15, pl. III, iltexiste au centre deux où trois gros corpuscules chromatiques.

Ces éléments sont, le plus souvent, irrégulièrement disséminés dans le tissu ; quelquefois, ils sont intra-cellulaires ; (fig. 10, pl. INT)

J'ai recherché avec soin les formes intra-cellulaires de cette catégorie et j'ai pu constater que le noyau de la cellule ne présentait pas la disposition en croissant autour de la paroi du kyste.

Je l’ai déjà dit dans la première partie de ce travail, une pareille disposition me paraît caractériser une formation endogène de cellules, et non un parasite. (Fig. 2c. PI. III.)

Comme autre caractère différentiel des formations endogènes, je rappellerai que la présence d’un noyau. volumineux au centre d'une formation kystique endogène est suffisant pour affirmer qu'on n’a pas affaire à une formation parasitaire.

Le noyau, lorsqu'il en existe un dansnos éléments, est de très petite dimension et se différencie très bien du noyau des cellules épithéliales.

La présence de filaments radiaires me paraît être encore très caractéristique des formations cellulaires endogènes.

M. Sodakewitch a donné des figures qu’il considère comme parasites, et qui présentent des filaments radiaires. (Pl.

Page 1