‹ Évolution de l'éducation physiqueChapitre 12 sur 61 · AM OROS ET CLIAS · texte numérisé non relu

AM OROS ET CLIAS

Les mesures qui ont lieu depuis lors sont des mesures de détail mais il faut toujours se reportera cette période active pour comprendre 1 importance de la reforme et la valeur des hommes qui y ont contribué.

Amoros était d’origine espagnole ; il introduisit vers 1819 la gymnastique en h rance, le gymnase normal militaire de Grenelle était un des plus complets et des mieux outillés qui ait existé. La méthode employée était admirablement adaptée à sa destination, elle forma des sujets d’élite pleins d’audace et de ressources, mais trop athlétique elle devait se modifier pour convenir à l’enfance et aux femmes. Celte évolution se fit sous l'influence de Pestalozzi continuée par Glias. Ce dernier introduisit la gymnastique dans les écoles de la ville de Paris, mais cet enseignement fut interrompu en 1833 et il n’en est plus question jusqu’en 1846. Le gymnase d’Amoros lui-même avait été fermé en 1837.

De l’avis de Daily l'antériorité de Clias comme propagateur de la gymnastique est incontestable. « Depuis dix ans, Clias était gymnasiarque à Berne tandis qu’Amoros, d'a pires ses états de service qu’il a publiés, était chef de bureau secrétaire de Charles IV, colonel, commissaire à l’armée de Portugal etc., mais la faveur inexplicable dont il jouit soudain en France de 1818 à 1830 ne laissait aucune place à Clias qui fut appelé en Angleterre... Quand ce dernier revint en France vers 1840 il se consacra à la propagation de la gymnastique d’une façon toute désintéressée, à Besancon d’abord à Paris ensuite où il fut chargé de l’enseignement dans les écoles communales. Clias reçut le prix Montyon et retourna dans sa patrie. »

La somascétique naturelle (Besançon, 1842), la callisthénie appropriée à l’éducation physique des jeunes filles (1843) avaient été précédées d’un des premiers manuels didactiques (1819), Amoros dont l’ouvrage n’a paru qu’en 1836 a largement compilé les descriptions et copié les dessins de Clias. (F. Daily, Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales. )

Amoros et Clias sont donc les maîtres de l’Ecole française. Napoléon Laisné leur succéda et l’école militaire de la Faisanderie fut fondée par le colonel d’Argy. L’instruc-

L ECOLE FRANÇAISE

tion pour l’enseignement de la gymnastique dans les corps de troupe parut en 1 8 *7 ; très complète au point de vue des applications militaires elle ne s'adresse point à l’enfance et n’a pas de valeur pédagogique,' du moins dans l’école.

Alors se fondent des établissements particuliers : le DrBlache introduit la gymnastique à la Salpêtrière ; il obtint avec Laisné des succès dans le traitement de la chorée. Triât (de Nîmes) organise son gymnase modèle de l'avenue Montaigne où il déploie un luxe inusité d’appareils de toutes sortes. On y voit figurer tous les appareils portatifs, les agrès et les machines à contrepoids.

Triât était un ancien hercule forain, mais un athlète génial. Il avait une manière à lui d’enseigner; il se revêtait d’un costume rappelant celui d’un chevalier sous Louis XIV et commandait le rythme au tambour. Il cherchait surtout à provoquer une transpiration abondante chez ses élèves et il y arrivait à souhait. Jeunes et vieux tournaient en rond à la suite l’un de l’autre en sautant et s’agitant les mains chargées d’haltères. La séance était très animée, peut-être un peu trop violente pour quelques-uns ; les sujets époumonnés et ruisselant de sueur étaient envoyés sous la douche où les retrouvait la main du maître et quelle main ! la friction n’était pas douce et vous achevait complètement.

Malgré ces exagérations, Triât avait de l’éducation physique une notion assez juste; d’une force herculéenne, il daignait s’occuper des faibles et des malades ; mais, illettre, il n’a rien laissé après lui qu'un projet colossal d’ Académie de tous les sports qu’il voulait édifier dans l’île de Billancourt. Il avait demandé pour cela à la ville de Paris une somme considérable qui lui fut refusée.

Il existe encore une lithographie de ce projet dont MM. Sansbœuf et Christmann possèdent un bel exemplaire. Le gymnase de l’avenue Montaigne était également une école artistique d’acrobatie où se dressaient les sujets destinés aux jeux du cirque; mais la clientèle devenait rare et ce magnifique gymnase de l’avenue Montaigne fut démoli.

Triât en établit un autre rue du Bouloi dans un quartier sombre et populeux, ce fut le dernier et il disparut à son tour.

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