‹ Évolution de l'éducation physiqueChapitre 17 sur 61 · LES REFORMES MODERNES · texte numérisé non relu

LES REFORMES MODERNES

fsheim destiné à encourager les ouvrages relatifs aux jeux scolaires.

Le fascicule ill contient les documents relatifs aux prix de la Société d’assistance pour les aveugles et le fascicule 87 est le discours sur l’Education physique prononcé par le Dr B la tin.

Une Commission de jeux scolaires fonctionnait en meme temps que la Commission de gymnastique et distribuait les prix du concours Bischoffsheiin.

MM. Demeny et le Dr Lagrange furent, à la suite de ces travj ix, envoyés en mission en Suède. La Ville de Paris créa eu 1801 le premier cours d’enseignement supérieur de l'éducation physi juj et en chargea M. Demeny. Une commission municipale Lu saisie de la réforme de renseignement dans la Ville (le Paris et M. le colonel Dérué, inspecteur des écoles, y introduisit les principes de la nouvelle gymnastique pédagogique.

En 1900 a lieu le premier Congrès international de l’éducation physique organisé par M. Demeny et, à la suite de ce C >ngrès très important, le général André ministre de la guerre, charge M. Demeny <L la réforme dans l'armée. Le règlement militaire de 1902 prend pour base le plan du cours de M. Demeny; l’esprit de la méthode est d’accord avec les effets physiologiques de l’exercice et les résultats des expériences de la Station physiologique. M. Demeny est également chargé de créer un enseignement régulier d ^s sciences appliquées au mouvement et de fonder un laboratoire de recherches à l’Ecole de gymnastique militaire de Joinville-le-Pont. La Marine suit ce mouvement et le réalise avec le plus grand succès. Le lieutenant de vaisseau Hébert organise l’enseignement à l'école des mousses et de fusiliers marins et obtient des résultats qui ne laissent plus rien à désirer, au moyen d’une méthode éclectique comprenant une partie des exercices d’application d’Amoros.

Sur la demande de M. Charles Cazalet, président de l’Union des Sociétés de gymnastique, le ministre de l'Instruction publique crée en 1903 le cours supérieur d’Education physique. C’est un cours de perfectionnement fait pendant les

L K COLE FRANÇAISE

vacances au personnel des lycées et collèges, aux instituteurs et aux candidats à la fonction de professeur de gymnastique dans les établissements d’enseignement public. La direction de ce cours a été confiée à M. Demeny et un décret du 22 décembre 1904 charge une commission intérimnistérielle d’établir les bases communes aux manuels de la Guerre, de l’Instruction publique et des Sociétés de gymnastique, cette commission propose l’admission comme élèves à l’Ecole de Joinville des instituteurs sous les drapeaux.

Le Conseil supérieur consacre le cours supérieur et propose la création d’un diplôme supérieur de professeur de gymnastique. Ce nouveau diplôme est institué par décret du 30 décembre 1907 et nul à partir de 1909 ne peut plus être nommé professeur de gymnastique dans un lycée ou un collège de l'Etat sans avoir passé les épreuves écrites, orales, pratiques et pédagogiques de cet examen.

L’enseignement de la gymnastique est dès lors mis sur le même pied que les autres branches de l’enseignement, celui du dessin et de la musique en particulier. Le nouveau manuel d’exercices de l’Instruction publique est établi sur le plan de la commission interministérielle et. conformément au Cours supérieur. La Chambre des députés, saisie de ces questions par la commission de l’armée, va proposer l'obligation de la gymnastique dans tous les établissements et la création d’une école normale civile. Son rapporteur, M. le L)r Lachaud, attache à la réforme un prix tout particulier.

Tels sont réunis en quelques lignes les faits importants qui ont amené successivement l’éducation physique en France au point où nous la voyons aujourd’hui.

L’Education et la Science.

L'évolution delà science de l’éducation physique marche de pair avec les mesures administratives qui la consacrent comme branche définitive de 1 enseignement, elle est aussi parallèle au progrès de la physiologie. On a pu remarquer que, parmi les noms d auteurs cités plus haut, nous avons

jl’ébucation et la science

mélangé ceux des physiologistes marquants qui ont contribué à établir la science de la vie. Les anciens avaient toujours devant les yeux le corps humain en mouvement, si leurs observations sont empiriques, elles sont naturellement justes et intéressantes. L’anatomie ou la connaissance de la structure des organes se développa ensuite mais lit détourner les yeux de la vie proprement dite ; le cadavre n est pas l’homme vivant et l’on ne peut déduire le mécanisme de nosmouvements de la structure anatomique comme on le ferait d’une machine dont toutes les pièces liées géométriquement peuvent être soumises au calcul. Cette science incomplète de l’être humain fut la cause des plus grandes erreurs, le système de Ling en est un exemple. On s’explique ainsi que les médecins modernes ayant cependant du corps humain une connaissance plus parfaite que les anciens, mais surtout une connaissance de sa structure, n’aient pas compris le corps en vie et en mouvement aussi bien que les anciens.

Leurs déductions sont des choses théoriques et les systèmes d’éducation nés des systèmes philosophiques sont instables comme eux. La physiologie avait besoin de se développer pour arriver à seconder la pratique; celle-ci généralement se suffit toujours à elle-même puisqu’elle embrasse les faits dans leur entière complexité, reste constamment du domaine de l’expérience sans rien préjuger des causes et constate les résultats sans en donner les raisons.

Les travaux de Claude Bernard, Vulpian, Marey, Bert. Brown-Sequard etc. vont alors établir la physiologie sur des bases positives et l’on aura seulement de la vie et de ses fonctions complexes une idée juste et synthétique. Ces notions nouvelles auront eu pour effet de montrer l’impuissance de l’anatomie; 11e sortant pas de la méthode expérimentale, elles se rencontreront forcément avec les observations des anciens qu’elles continueront avec plus de détails et de raisons définitives.

Tel est le rôle de la science dans l’éducation, elle vient après la pratique et sa portée est d’autant plus limitée qu’elle est plus théorique, plus hypothétique et moins expérimentale.

Le savant nepossèdeni talisman ni baguette divinatoire,

^ l’école française

il obseï ve , s il sait s entourer do loulos les préea u ti on s pour voir juste, sa constatation s’inscrira au registre des faits connus et remplacera les avis, les opinions et les préjugés acceptés sans examen, ces matériaux avec lesquels les esprits doctrinaires, dogmatiques et les rationalistes théoriques bâtissent leurs édifices éphémères.

L anatomie ne s’occupe que des régions du corps et des rapports des organes entre eux; l’éducation a pour objet de perfectionner l’individu et de lui donner des qualités et des aptitudes que le scalpel est encore loin de pouvoir découvrir. Les procédés de recherches et d'analyse qui doivent mettre en évidence la nature de a supériorité-physique d’un homme ne sont évidemment pas de ce domaine, mais du ressort de la physiologie et de la physiologie la plus avancée.

Voilà la raison qui nous fait trouver les travaux des anciens infiniment supérieurs à ceux qui procèdent d’une science incomplète et mal outillée des phénomènes delà vie; du moment que nous voulons tirer de la physiologie des conséquences pratiques, il est indispensable que cette physiologie embrasse le fonctionnement complet de i’èlre vivant et non pas un fonctionnement partiel.

Toutes les erreurs des soi-disant systèmes scientifiques d’éducation viennent de cette lacune. Mais, comme dans tous les arts et dans toutes les industries, la connaissance exacte de l’ètre humain sera la conséquence même de la pratique et des combinaisons infinies dans lesquels les procédés d’éducation et l'entraînement aux exercices de toutes sortes mettront notre organisme et nous permettront d’en constater les bons ou mauvais effets.

Cette manière de voir a pour conséquence naturelle l’éclectisme le plus large et une acceptation de tout ce que la pratique a consacré; c’est la condamnation du dogmatisme et du sectarisme intransigeant, mesquin et stupide au moyen desquels les systèmes construits par des théoriciens prétendent mettre une barrière à notre activité et à notre évolution. Le droit d’imposer des règles à la nature humaine ne serait admissible (pie chez l’homme qui aurait la science infuse et serait infaillible ; on n’a pas encore rencontré cet

être idéal, même en Suède, je le crois du moins. Nous ne ménagerons donc pas nos critiques aux» auteurs qui prétendent avoir donné la solution à des problèmes qu ils n ont pas même su poser.

Une petiteincursiondans lepassénousseratout à fait réconfortante, elle nous consolera des élucubrations indigestes et laites à côté de la question. Les quelques auteurs français que nous citerons seront pour nous des modèles de clarté et de précision, leur prétention ne va pas plus loin que le désir sincère d’être utile, de dire vrai et de voir juste ; ce sont nos maîtres et nous leur devons un hommage de reconnaissance en les tirant de l’oubli qui les guette. Ils ont vécu à une époque où la réclame tapageuse n’existait pas encore, ce qu'ils ont écrit est encore valable aujourd’hui. C’est un soulagement que d’entendre le bon sens couler de leur bouche sans pédantisme et sans forfanterie ; ils 11e parlent pas de science mais ils en font de la bonne, ils ont donné le pas et préparé tout le mouvement exploité par d’autres ; on retrouve leurs idées dans tout ce qui suivra, nous voulons qu’ils en aient l’honneur et nous le crierons bien haut. En voici quelques extraits.

Cheyne.

U n pet il 1 i \ re, intitulé Essais sur la santé et sur les moyens de prolonger la vie , par M. Clieyne parut en Angleterre ; on en trouve une traduction française portant la date de 1725. Nous devons le citer ici car il nous a semblé avoir inspiré Andry, Tissot et Londe que nous rappelons à la suite.

Ou voit nettement indiquée dans cet ouvrage l’influence hygiénique de l’exercice modéré, de la promenade et de bien d’autres mouvements : marcher, monter à cheval, aller en carrosse, faire des armes, danser, jouer au billard, à la boule, à la paume, travailler à la terre, pomper, sonner, etc. L’auteur précise le temps favorable à l’exercice, il voit le rapport entre le développement des muscles des artisans et les mouvements que nécessitent leur profession.

« Les jambes et les cuisses et les pieds des porteurs de

L KCOLK 1-KA.NÇAISE

chaise, les mains des bateliers, le clos et les épaules des porte-faix deviennent avec le temps épais, forts et charnus.

« Il est certain qu’en parlant haut sans se forcer, on rendra la voix plus forte et qu’on se fortifiera en même temps les poumons.

« Si l’on prenait assez de peine pour les organes de toute l’économie animale, par un travail convenable à chacun, on pourrait les fortifier tous généralement et les conserver en bon état.

« Pour asthmatiques et ceux qui ont les poumons faibles il faut des exercices de la parole et monter quelques endroits faciles; pour les rhumatisants il faut suer ; pour les bras et jarrets faibles, jouer tous les jours deux ou trois heures à la paume. Pour la débilité du dos ou de poitrine, sonner les cloches ou pomper.

« Ne pas prendre d’exercice après le repas et se reposer ensuite, prendre la douche pour ne pas s’enrhumer.

Il indique le maintien du corps pour les personnes qui par leurs études sont obligées de lire et d’écrire beaucoup : « posture droite, la tête et la poitrine ouverte » ; les inconvénients de la station prolongée, les nœuds qui viennent aux enfants par suite des mauvaises attitudes. « La posture penchée comprime continuellement la cavité de la poitrine et de l’estomac, ce qui doit nécessairement affaiblir leurs fonctions ».

Le livre contient encore les principes de l’hygiène pratique la mieux entendue, nous n’avons cité que ceux qui se rapportent à l’exercice pour montrer' mibien ces principes étaient simples, clairs et précis •

Sabbathier.

Sabbathier, professeur au Collège de Châlons-sur-Marne, fait tout l’historique des exercices du corps chez les anciens pour servir à V éducation d,c la jeunesse. Son ouvrage en deux volumes a été publié chez Delalain en 1772.

L auteur a pour intention de nous rappelerles manières de

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