NICOLAS AN DRY
pratique nous manque ; on voyait plus clair dans ces questions au temps de Platon qu’aujourd’hui, questions que les pseudosavants modernes ont singulièrement embrouillées.
Cependant, on semble l’oublier, la France a sa part dans le mouvement éducatif du XVI 11° siècle et celte part est beaucoup plus importante qu’on ne le croit généralement. Notre pays comme dans tant d’autres questions a été un précurseur, il a apporté dans celle de l’éducation physique sa note juste et précise.
Il nous sera facile de le prouver en rappelant le nom des principaux auteurs qui ont été nos devanciers, en faisant de leurs ouvrages quelques extraits les plus saillants qui apprendront peut-être aux ignorants e! aux sceptiques à ne pas être trop empressés à ne trouver les bonnes choses qu’à l’étranger.
Nicolas Andry.
Le fondateur de la Cinésie en France est sans contredit Nicolas Andry de Boisregard (IC58-1742). Il était médecin et doyen de la Faculté de Médecine de Paris, il a laissé deux ouvrages importants : une thèse soutenue le4 mars 1723 et le 23 mars 1741 intitulée. « L'exercice modéré est-il le meilleur moyen de se conserver en santé ? et « I’Orthopédie» ou V art de prévenir et de corriger dans les enfants les difformités du corps, le tout par des moyens à la portée des pères et mères et des personnes qui ont des enfants à élever (deux volumes avec figures, Paris, 1741). Le premier de ces ouvrages a été reproduit dans le livre de N. Daily ; on n’y voit pas figurer une seule (ois le nom de gymnastique parce qu’il avait de cet art une notion toute différente (Je l’athlétisme et voulait l’étendre au développement normal du corps, à la conservation de la santé et au traitement des maladies.
Le second traité est le premier qui parut sur l'orthopédie, il donne à son auteur droit de priorité et mérite que l’on s’y arrête un instant.
Après avoir montré les principales déformations que peuvent présenter les différentes organes, il indique les
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proportions du corps humain qui constituent la beauté. Le centre de la figure humaine se trouve au pubis; si l’on trace deux cercles égaux ayant pour diamètre chacun la moitié de la taille, le centre du cercle supérieur se trouve à la base du cœur et le centre du cercle inférieur vis-à-vis la jointure du genou.
Les cercles décrits des plis du bras, les bras étendus horizontalement avec un rayon allant jusqu’à l’extrémité du grand doigt de la main, se rencontrent au milieu de la poitrine entre les deux clavicules.
Il insiste constamment sur le développement de la poitrine des enfants. « La conformation extérieure du coffre de la poitrine, lorsqu’elle a les conditions nécessaires, fait une des plus grandes grâces de la taille. Une poitrine avancée, par exemple, pourvu qu’elle ne le soit pas au delà d’un certain point produit un bel effet à la vue, une poitrine au contraire déprimée et aplatie en produit un très désagréable ; outre que cette figure est moins convenable pour la santé et pour la longue vie ».
Après avoir bien recommandé de ne pas serrer les enfants dans leur maillot et de se servir de vêtements amples « dont l’ouverture des manches puisse jeter suffisamment les bras au dehors », il revient sur le développement de la poitrine par les attitudes et les mouvements. « Il faut souvent faire avancer aux enfants la poitrine en avant et ne point se lasser de les tenir dans cet exercice. Les mouvements qui se feront pour en venir à bout repousseront les bras en arrière et par une suite nécessaire forceront les clavicules à s'étendre.
« Une poitrine bien proportionnée est celle... qui est suffisamment avancée en devant par en haut, surtout aux femmes; qu elle est surmontée de clavicules qui ne sont pas trop courbes ; qu elle ne fait point la voûte en arrière ; qu’elle ne penche pas plus d’un côté que de l’autre et qu'enlin elle est comme une hotte c'est-à-dire avancée en devant par en haut et plate en arrière.
« Pour empêcher que les enfans n’avancent trop le ventre, il faut empêcher, quand ils sont assis, qu’ils ne se tiennent