NICOLAS ANDRY
renversés sur leurs sièges et les obliger de s'y tenir à plomb sur leur séant. Il faut s’y prendre de la même manière pour conserver le dos plat, car dès qu’on est assis renversé, te
dos se courbe et se boucle. Les souliers à talons trop
hauts font encore courber la taille aux jeunes personnes ; les souliers trop étroits ou trop courts font .encore grand tort à la taille naissante. Pour s’épargner la douleur, on se penche les unes en devant, les autres en arrière, les autres sur le côté.
« On ne doit point souffrir que les jeunes filles cousent ou lisent autrement qu’en posture droite, il faut qu’elles portent leur ouvrage ou leur livre à leurs yeux et non leurs yeux à leur ouvrage et à leur livre, sans quoi leur taille se voûte infailliblement. »
Andry montre l’utilité d’accommoder le mobilier à la taille et à la forme des enfants, sur quelle table ils doivent écrire et comment on doit les coucher par rapport à leurs chevets.
« Lorsqu’un enfant avance trop le ventre, on croit bien de lui faire mettre sur le ventre un plomb ou quelqu’autre poids; mais on oblige par là l’enfant à se renverser davantage. Voyez les marchands ambulants portant un éventaire... Cela vous enseigne, pères et mères, à vous garder de mettre aucun plomb sur le ventre de vos enfants lorsqu’ils se renversent ; mais au contraire à leur charger le derrière ; ils ne manqueront point alors de reculer le ventre et ils ne se renverseront plus.
« Cet effet dépend tout entier de l’équilibre que la nature
observe en tout Comme la masse du ventre s’étend au
devant d’un côté à l’autre, cette masse se trouve balancée en arrière par une autre qui sont les fesses, sans quoi le corps pencherait trop en devant, c'est ce qui fait que les femmes ont naturellement les fesses plus grosses parce qu’elles ont le ventre plus gros.
Les personnes qui, sans avoir de grosses fesses ont un gros ventre se penchent en arrière; celles au contraire qui ont les fesses très grosses sans avoir le ventre gros se penchent en devant.Lesfemmes enceintes se penchent toutes en arrière, ce qui fait le contrepoids de leur gros ventre.
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Pour la même raison, les femmes qui ont la gorge grosse et avancée se tiennent plus droites que celles qui l’ont maigre et plate..... Les bossus se penchent tous en devant à moins que quelqu’accident ne les en empêche. Quand on sp baisse pour amasser quelque chose on recule un pied, ou du moins le derrière, sans quoi Ton tomberait parce qu’il y aurait trop de poids sur le devant.
« Il faut empêcher les enfants de porter mal la tête.
Celle-ci doit être portée droite, pour cela il faut porter le col droit, mais prendre garde cependant, en le voulant porter ainsi, de le contraindre car, encore qu’il doive être droit, il ne faut pas croire qu’il doive l’être à la dernière
rigueur. car ce serait alors avoir le col comme un pieu et
très difforme. La règle qu’il faut suivre en cela c’est de tenir le col de façon que la partie charnue de dessous le menton, laquelle se nomme petite gorge, fasse comme un second menton. L’affectation est ici à craindre, mais quand un enfant est accoutumé de bonne heure à porter le col droit, ce second menton vient de lui-même et sans effort. »
On trouve plus loin des observations très justes sur les épaules rondes, sur le col enfoncé dans les épaules, sur une épaule plus haute ou plus grosse que l’autre, sur une épaule qui penche de côté.
« Pour empêcher les épaules de rondir, il faut avoir soin de porter les coudes bien en arrière et de les poser sur lee hanches et d’avancer la poitrine...
« Si un enfant penche trop l’épaule sur le côté gauche, dites-lui de se soutenir sur le pied droit et inversement.
« Un autre moyen pour corriger un enfant qui lève ou qui baisse trop une épaule, c’est de lui mettre quelque chose de lourd sur l’épaule qui baisse et de ne point toucher à celle qui lève, car le poids qui sera sur l’épaule qui baisse la fera lever et obligera en même temps celle qui lève à baisser. L’épaule qui porte un fardeau monte toujours plus haut que celle qui n’est pas chargée.
« Telle est la méc.hanique que la nature employé dans cette rencontre pour soulager le corps. Méchanique qui fait voir l’erreur de ceux qui, pour obliger un enfant à baisser une
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épaule qu’il lève trop, lui mettent un plomb sur cette épaule, s’imaginant que le poids la lui fera baisser puisqu’au contraire c’est le moyen de la lui faire lever davantage... Si l’enfant lève trop une épaule, faites le marcher appuyé de ce côté-là sur une canne fort basse. »
Ces quelques lignes de citation, encore aussi neuves aujourd’hui, montrent la clairvoyance de nos devanciers. Tout ce qui suit concernant l’étude des scolioses et des difformités est empreint du même caractère de bon sens, de précision et d’observation rigoureuse. On peut donc dire sans aucun doute que Nicolas -Andry est le père de la gymnastique médicale, en France du moins.
Les Précurseurs.
A celte époque vers 1740, Frédéric Hoffmann fondait l’école allemande et posait ses sept règles de la santé avant que Rousseau (1712-1778) et Pestalozzi (1746-1827), eussent donné à l’éducation et à la pédagogie une nouvelle direction basée sur l’ordre naturel.
Ce mouvement avait été préparé de longue date.
Dans son abrégé chronologique de l’histoire de l’empire chinois le P. Amiot nous montre que 3.000 ans avant Jésus- Christ les pratiques d’hygiène par l’exercice étaient connues et pratiquées.
Le fondateur de la dynastie des Chang 1766 âns avant notre ère avait fait graver sur sa baignoire :
« Renouvelle-toi complètement chaque jour ; fais-le de nouveau , encore de nouveau et toujours de nouveau. »
Une méthode représentant des figures anatomiques et des exercices gymnastiques existait déjà (1), on y trouve le massage, la friction, la pression, la percussion, la vibration enfin tout une méthode de gymnastique médicale.
Le Cong-Fou consiste en diverses positions du corps, l’art d’en varier les attitudes ; l’art de respirer dans ces, diverses
(1) N. Daily, Cinésiologie.
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attitudes, c’est une véritable méthode scientifique pour guérir certaines maladies. Ces méthodes chinoises anciennes embrassaient également Le traitement des difformités, des luxations et d’autres cas chirurgicaux sans oublier l’application de l’eau froide.
L’Inde n’est pas restée en arrière de ce mouvement. Le Véda ou révélation de Brahma date de 1000 ans avant notre ère, on y rencontre les pratiques hygiéniques et médicales et des conseils pour acquérir la vigueur physique : se lever de bonne heure , purifier sa bouche, oindre son corps , se soumettre à l'exercice, du massage , à la friction, au bain. Les lois de Manou consacrent la diète, l’ablution, le bain, la friction comme des obligations religieuses. La secte des Yogi a poussé la connaissance des effets de l’exercfce aussi loin que possible. Les Japonais ont leur méthode d’entraînement : le Jiu-Jitsu, qui existe de toute antiquité; les Egyptiens avaient des danses sacrées dont l’effet sur la santé était complet.
Toutes ces coutumes pénétrèrent chez les Grecs puis chez les Romains; elles sont décrites dans Hippocrate, Galien et Platon avec un talent et une érudition que nous sommes loin d’égaler.
Puis un long silence se fit sur cette question. En 1275, Jules Alexandre, médecin de l’empereur Maximilien, publie un livre Salubrium sive de Sanitate tuenda où il décrit les exercices des anciens et en particulier les exercices du portique. La RenEfissance apporte son bagage important de travaux relatifs à l’éducation physique tant au point de vue historique qu’au point de vue philosophique et médical; nous nous contenterons de rappeler les noms des auteurs principaux :
Léonard de Vinci (1452-1519), homme complet, artiste et ingénieur, s’occupe du mécanisme de nos mouvements ; Champier (1472-1533) publie Rosa Gallica ; Rabelais (1495- 1553) nous montre dans l’éducation de Gargantua ce que doit être l’éducation d’un seigneur. André Vésaleet Gazzi [Florida Gorona 1514), Ambroise Paré (1517-1590) traitent la question des mouvements et de leurs ressources. Puis viennent Paul d’Egine (1532) ; Jules Alessandrini {de VEducation des en-
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fants, Zurich, 1559); Simon de Vallembert [De la manière de nourrir et de gouverner les enfants dès leur naissance; Poitiers, 1565) ; Fush (1565), du Choul (1567), Scévole de Sainte- Marthe ( Poème sur Véducation des enfants , Paris, 1584) ; les Essais de Montaigne (1580) ; l’ouvrage si remarquable de Mercuriales (1587) sur la Gymnastique des. anciens ; Faber (1595) ; Archange Tuecaro (1599) avec son traité sur le saut que nous avons déjà cité ; le traité d’hygiène de Joseph du Chesne, médecin de Henri IV (1606) ; l’encyclopédie d’Atsted (1610) où l’on trouve un résumé de la gymnastique des Grecs; le traité de Cornaro (1613) sur l’influence de la sobriété au point de vue de la longévité ; un traité de Fabrice d’Aquapendante publié à Vicence en 1614; un ouvrage par Gérard Vossius (Amsterdam, 1650) traitant des quatre arts populaires : la grammatistique, la gymnastique, la musique et la peinture ; puis une série de publications spéciales à la mécanique animale par Chrétien Fromann (Cobourg, 1658); Walter Charlton (Londres, 1658) ; Antoine Deusing (Groningue, 1661) ; Descartes, (1664) ; Stènon (Florence, 1667); Claude Perrault (1680); les Inscriptiones athleticae par Octave Falconieri (Rome, 1668).
Borelli fut pendant plus de dix ans médecin de la Reine Christine de Suède et apporta dans ce pays ses études sur le mécanisme des mouvements ; son traité De Motu animalium (Rome, 1680) marque une véritable époque dans la physiologie et semble avoir inspiré le fondateur de la gymnastique Suédoise, Les dissertations sur les gymnasiarques d’après des, monuments archéologiques par Antoine Van Dale (Amsterdam, 1702) ; les œuvres de Bohervave (Leyde, 1703) ; toute une série de Thèses académiques sur le mouvement et la gymnastique par Charles Paris (1626) ; le Sacq (1627); Jean Bérault (1630) ; Merlet (1635); Leconte (1041); Regnauld (1643) ; Jowin (1649) ; Jonquet (1666) ; Guérin (1667) Brisseau (1682); les Dissertations de Stahl (1698-1708) continuent cette longue série.
On doit à Pierre Burette plusieurs mémoires sur la gymnastique des anciens présentés à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres :
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De la Gymnastique des anciens (1717) ; des Bains considérés dans leurs rapports avec les exercices du corps ; de la Danse des anciens ; de la Sphéristique des anciens ; Histoire des Athlètes ; du Pentathle dans la gymnastique ; de la Lutte des anciens ; du Pugilat ef du pancrace ; de la Course à pied, à cheval et dans les chars. Ensuite paraissent les ouvrages de Pollini {Flagellum salutatis, 1692), de Tronchin (1706-1781) ; le grand dictionnaire historique de More ri article athlète (1725) ; le livre sur la santé de Cheyne (1725).
La médecine gymnastique de Francisce Fuller. (Londres, 1740). Les œuvres d’Hoffmann (Genève, 1740) ; l’Essai sur la perfection de l’espèce humaine de Vandermonde (Paris, 1756) puis Danet (1766) ; le travail important de Sabbathier (1772) sur lequel nous reviendrons ; la santé des gens de lettres par Tissot (Lausanne, 1772) ; Bienville (1775) ; Winslow l’anatomiste (1776) et le traité de Gymnastique de Tissot (1780) qu’il ne faut pas confondre avec le précédent.
Ducasse (1782) ; Cabanis (1791), médecin de Mirabeau, Rapports du physique et du moral; John Pügh (1794) avec le traité de la science de l’action musculaire. Tous ces auteurs avaient si bien préparé la voie qu’on vit s’ouvrir alors une période nouvelle où les éducateurs entrèrent en scène. Ce furent Basedow (1724-1790) qui fit renaître en Allemagne le goût des exercices et le système athlétique des anciens ; Pestalozzi (1746-1827) le grand apôtre de l’éducation naturelle; Guths-Mulhs (1759-1839) dont le système était plus pédagogique et plus adapté au but social ; Amoros (1770-1848), le fondateur de la Gymnastique de France, dont l’école s’ouvrit en 1820 ; Nachtegall (1777-1847), prédécesseur de Ling, fondateur d’une école de gymnastique pour femmes en Danemark dès 1808 ; Ling, le fondateur de la gymnastique Suédoise (1776 1839), commence ses études anatomiques en 1808 et ouvre l’institut de Stockholm en 1813; Jahn (1778-1852), le grand patriote allemand, sacrifia la gymnastique pédagogique à la gymnastique athlétique et militaire et Eiselen, Spiess (1810 1858) peu partisan de la gymnastique aux appareils et des excès athlétiques, se met à la portée de l’enfance en préconisant surtout les jeux.
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Bichat (1771-1802) fonda-la physiologie comme science indépendante de la médecine et ses travaux retentirent sur les productions ultérieures. On assiste en effet à une éclosion nourrie de thèses et de traités sur la question d'hygiène ou de l’éducation. Ce sont entre autres La gymnastique de la jeunesse, par Amar Duri-vier et Jauffret (1803); les Eléments d hygiène, de John Sinclair (Londres, 1805) ; Essai général d'éducation physique , morale et intellectuelle , par Julien (1808 .
Les mouvements musculaires du corps humain par John, Barclay (Edimbourg, 1808 ; les ouvrages de Balfour et de Brunard (1819] ; la thèse de Boulin sur la station (1820) ; la Gymnastique médicale de Londe(182l) ; la dissertation médicale sur l’exercice de la danse par Bémy (1824) ; de l’influence des agents physiques sur la vie par W. Edwards(Paris,1824) ; Des articles dans le sporting Magazine (Londres, 1822-1828) ; des observations sur les exercices gymnastiques comme cure de la danse Saint-Guy par Louvet Lamarre (Paris, 1827) ; les travaux de Broussais (1827) ; de Pravaz : Nouvelle méthode pour traiter les déviations de la colonne vertébrale (1827) ; du D r La Chaise : Courbures de la colonne vertébrale, guérison des difformités de la taille chez les jeunes filles sans le secours des lits mécaniques (1827 ; Dissertation sur l’exercice de l’équitation par Pierron (Strasbourg, 1828).
Puis vient l’impulsion donné par Clias (1819-1842) à qui la France doit beaucoup surtout au point de vue de la gymnastique des jeunes filles et de la gymnastique militaire.
La thèse de Paimparey sur les avantages de la gymnastique pour l’éducation des jeunes gens (1830); de Legay (Montpellier, 1832) sur l’équitation; le Dictionnaire de médecine de Ch. Londe (1832) ; la physiologie de Gerdy (1832) ; les publications de Mallet (1835) ; de Becquerel etBreschet (1835) de Bostan (1836); de Humbert- (de l’emploi des lits mécaniques et gymnastiques pour le traitement des difformités du système osseux (1835) ; de Foissac (de la gymnastique des anciens comparée à celle des modernes sous le rapport de l’hygiène, 1838); les beaux travaux des frères Weber sur la locomotion (1838) ; de Bentejac (de la nage sous le
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rapport de l’hygiène, Paris, 1839) ; de Maurel (des exercices dans lesquels le corps entier est en mouvement, 1840); de Jules Guérin (1340); de Villerme (tableau de l’état physique et moral des ouvriers, (Paris 1840) ; de Chevallier (du saut tangentiel chez l’homme et les animaux, 1840) ; de Levasseur (du saut vertical et de sa théorie, 1840) ; de Royer-Collard (organoplastie hygiénique ; essai d’hygiène comparée sur les moyens de modifier artificiellement les formes vivantes par le régime, 1842); de Chossat (recherches expérimentales sur l’inanition, 1842) du baron Larrey (1766-1842) ; de Shédel (examen critique de l’hydrothérapie, 1843) ; de Prichard (histoire naturelle de l’homme, 1843) ; de Maissiat (physique animale, 1843); de Magendie (1783-1855) ; de Champollion (Monuments de l’Egypte et de la Nubie 1833-1845) ; de Lehmann, (Leipzig, 1843) ; de Barbarin (effets de l’alimentation, Paris,. 1844), auxquels il faut ajouter une série d’ouvrages spéciaux sur l’attitude de l’homme dont voici quelques uns :
L’attitude et la position, Arbey (Paris, 1816) ; Influence de la pèsanteur sur quelques phénomènes de la vie, Bourdon (1819) ; Considérations pathologiques et thérapeutiques sur l’attitude de l’homme, Lacroix (1824) ; Dissertation sur la situation, Desgrand (1824); Attitude du corps comme cause et signe dans les maladies (Montpellier, 1825).
Principes de physiologie médicale, Bourdon ( 1828) ; Attitude par Bouvier (1829) ; sur l’Attitude par Gerdy (1833).
Puis des travaux encore plus spéciaux à la gymnastique : L’Art de se défendre ou traité des principes du pugilat anglais (Paris, 1843) par Cootes ; traitement moral, hygiène et éducation des idiots par Seguin (1843) et des arriérés (1846) ; Rapport sur la gymnastique populaire de M. Clias par Bouvier (1846) ^articles de la Presse, 9 février 1847 ; de l’utilité des appareils de mouvement dans le traitement des maladies articulaires, Bonnet (Paris, 1848) ; les travaux de Helmholtz sur la contraction et la chaleur musculaire (1848) ; de Thierry (1848) ; l’instruction de la gymnastique militaire (1849) ; Rapports de la gymnastique avec l’éducation physique et morale par Villain (Paris, 1849); de l’action comparative du régime animal et du
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régime végétal sur la constitution physique et le moral de l’homme, Segond (1850) ; de la Chorée par Germain Sée (1850); La Révolution dans la marche, par P. dit F. Lutterbach (Paris, 1850) contient une foule de recettes gymnastiques pour améliorer la conformation du corps, traite longuement des exercices respiratoires et de toutes sortes de massage, mais les qualités éminemment pratiques de cet ouvrage sont présentées dans un jargon que l’auteur semble rendre aussi excentrique et aussi obscur que possible ; les exercices institués à l’hôpital des enfants malades par Blache (1851) ; les articles du Moniteur universel (1851) ; de l’Alimentation insuffisante, Bouehardat (1852) ; la Thérapeutique par le mouvement par Neumann, Berlin (1852-1858) ; de la gymnastique au point de vue de l’hygiène et de son influence sur le développement général de l’homme, Duranchaux (1852); Rapport sur l’alimentation dans les lycées, Bérard (1853) ; Attitudes par le Pileur (1853) ; traité de la vieillesse, hygiénique, médical et philosophique, Réveillé Parise (1853) ; traité de physiologie comparée, Colin (1854) ; traité de gymnastique raisonnée, Charles Heiser (1854) ; Rapport sur l’enseignement de la gymnastique dans les lycées, P. Bérard (1854) ; L’influence du régime sur l’organisation animale, J.-B. Codet (1854) ; Duclos (1854) : Vistiana or Jhe oracle of the ring resuit of privât battles (1700 à 1854); Traitement de la chorée par la gymnastique, Blache (1855) ; des phénomènes de la contraction musculaire, Mateucci (1856) ; Manual of the sport, Stonehenge (Londres, 1856) ; N. Daily, de la Science du mouvement (1857) ;
Mécanique animale, Giraud Teulon (1858' ; de l’entraînement, de France (1859) ; traité d’hygiène thérapeutique, Ribes (1860) ; essai sur l’entraînement, Amourel (1860) ; entraînement par Bouley et Raynal (1860) ; de l’entraînement des pugilistes, Bouehardat (1861) ; Contraction et travail musculaire, Béclard (1861) ; traité de thérapeutique, Trousseau et Pidoux (1862) ; le travail et son influence sur la santé, Bouchardat (1863) ; Raige, Delorme et Bouley, article entraînement (1863) ; Letter on corpulence adressed to the public, William Banting (Londres, 1864) ; Travaux de Backwell et
d’André Sanson (1860); Thérapeutique de la phtisie pulmonaire, Fonssagrives (1866) ; de l’entraînement, Alexis Dambax (1866).
La physiologie des mouvements par Duchesne de Boulogne (1867)'; L’ouvrier de huit ans, Jules Simon (1867) ; de l’entraînement, par Jacquemet (1838); Zimmermann, traité de l’expérience en médecine (1868); Pliiüippeaux (1863); Rapport sur l’enseignement de la gymnastique dans les lycées, Hillairet (1889). Nous nous arrêtons à cette date, le nombre des ouvrages modernes connus étant devenu trop considérable.
Les auteurs modernes.
Parmi tous ces noms d’auteurs, pour la plupart Français, nous avons introduit par ordre chronologique quelques noms étrangers qu’il est impossible de ne pas citer, leur influence sur l’évolution de l’éducation physique étant indiscutable. Le rapport du D r Hillairet marque une époque en France dans l’histoire de la gymnastique ; c’est en effet en 1869, que Duruy, par décret du 3 février, organisa l’enseignement des exercices physiques dans les lycées, écoles primaires et écoles normales d’instituteurs.*
Cette décision avait été préparée depuis longtemps ; en 1845 M. de Salvandy avait chargé une commission de rechercher les causes qui avaient fait négliger les exercices physiques.dans renseignement. La loi du 15 mars 1850 (art. Id)* inscrit la gymnastique au nombre des matières facultatives de l’enseignement primaire ; le règlement du 24 mars 1851 la met au nombre des matières obligatoires de l’enseignement des Ecoles Normales primaires. M. Fourtoul en 1854 demande à une commission d’indiquer les exercices gymnastiques les plus convenables à l’enfance ; le règlement du 13 mars 1854 déclare que la gymnastique fait partie de l’enseignement des lycées et en 1839, après le rapport de Hillairet, Duruy l’organise dans l’enseignement primaire et secondaire.
AMOROS ET CLIAS
Les mesures qui ont lieu depuis lors sont des mesures de détail mais il fâut toujours se reporter à cette période active pour comprendre l’importance de la réforme et la valeur des hommes qui y ont contribué.
Amoros était d’origine espagnole ; il introduisit vers 1819 la gymnastique en France, le gymnase normal militaire de Grenelle était un des plus complets et des mieux outillés qui ait existé. La méthode employée était admirablement adaptée à sa destination, elle forma des sujets d’élite pleins d’audace et de ressources, mais trop athlétique elle devait se modifier pour convenir à l’enfance et aux femmes. Cette évolution se fit sous l'influence de Pestalozzi continuée par Glias. Ce dernier introduisit la gymnastique dans les écoles de la ville de Paris, mais cet enseignement fut interrompu en 1833 et il n’en est plus question jusqu’en 1846. Le gymnase d’Amoros lui-même avait été fermé en 1837.
De l’avis de Daily l’antériorité de Glias comme propagateur de la gymnastique est incontestable. « Depuis dix ans, Clias était gymnasiarque à Berne tandis qu’Amoros, d’après ses états de service qu’il a publiés, était chef de bureau secrétaire de Charles IV, colonel, commissaire à l’armée de Portugal etc., mais la faveur inexplicable dont il jouit soudain en France de 1818 à 1830 ne laissait aucune place à Clias qui fut appelé en Angleterre... Quand ce dernier revint en France vers 1840 il se consacra à la propagation de la gymnastique d’une façon toute désintéressée, à Besançon d’abord à Paris ensuite où il fut chargé de l’enseignement dans les écoles communales. Clias reçut le prix Montyon et retourna dans sa patrie. »
La somascétique naturelle (Besançon, 1842), la callisthénie appropriée à l’éducation physique des jeunes filles (1843) avaient été précédées d’un des premiers manuels didactiques (1819), Amoros dont l’ouvrage n’a paru qu’en 1836 a largement compilé les descriptions et copié les dessins de Clias. (E. Daily, Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales. )
Amoros et Clias sont donc les maîtres de l’Ecole française. Napoléon Laisné leur succéda et l’école militaire de la Faisanderie fut fondée par le colonel d’Argy. L’instfüc-
lion, pour renseignement de la gymnastique dans les corps de troupe parut en 1847 ; très complète au point de vue des applications militaires elle né s’adresse point à l’enfance et n'a pas de valeur pédagogique, du moins dans l’école.
Alors se fondent des établissements particuliers : le D r Blache introduit la gymnastique à la Salpêtrière ; il obtint avec Laisné des succès dans le traitement de la chorée. Triât (de Nîmes) organise son gymnase modèle de l’avenue Montaigne où il déploie un luxe inusité d’appareils dé toutes sortes. On y voit figurer tous les appareils'portatifs, les agrès et les machines à contrepoids.
Triât était un ancien hercule forain, mais un athlète génial. Il avait une manière à lui d’enseigner ; il se revêtait d‘un costume rappelant celui d’un chevalier sous Louis XIV et commandait le rythme au tambour. Il cherchait surtout à provoquer une transpiration abondante chez ses élèves et il y arrivait à souhait. Jeunes et vieux tournaient en rond à la suite l’un de l’autre en sautant et s’agitant les mains chargées d’haltères. La séance était très animée, peut-être un peu trop violente pour quelques-uns ; les sujets époumonnés et ruisselant de sueur étaient envoyés sous la douche où les retrouvait la main du maître et quelle main ! la friction n’était pas douce et vous achevait complètement.
Malgré ces exagérations. Triât avait de l’éducation physique une notion assez juste; d'une force herculéenne, il 'daignait s’occuper des faibles et des malades ; mais, illettré, il n’a rien laissé après lui qu’un projet colossal d’Académie de tous les sports qu’il voulait édifier dans l’île de Billancourt. Il avait demandé pour cela à la ville de Paris une somme considérable qui lui fut refusée.
Il existe encore une lithographie de ce projet dont MM. Sansbœuf et Christmann possèdent un bel exemplaire. Le gymnase de l’avenue Montaigne était également une école artistique d’acrobatie où se dressaient les sujets destinés aux jeux du cirque ; mais la clientèle devenait rare et ce magnifique gymnase de l’avenue Montaigne fut démoli.
Triât en établit un autre rue du Bouloi dans un quartier sombre et populeux, ce fut le dernier et il disparut à son tour.