‹ Evolution de l'éducation physique. L'Ecole françaiseChapitre 10 sur 37 · TRIA.T · texte numérisé non relu

TRIA.T

et Glias était retourné à Berne sa patrie. Triât fut 'secondé par N. Daily dans l’édification dejson gymnase, mais les événements de 1848 furent pour beaucoup dans les difficultés que subit cet établissement.

Nous avons connu personnellement Triât, nous avons^ même pris part aux exercices de son gymnase. C’était un excellent homme, intelligent, mais un peu excentrique, sa physionomie était mystique et douce, d’une beauté plastique remarquable, il unissait la finesse et l’adresse à une force herculéenne. Il avait créé l 'Ordre de VHumanité, dont il s’était fait Grand-croix, et portait cet insigne en sautoir dans les jours de réunion solennelle.

Triât s’éteignit obscurément emportant avec lui une grande connaissance des exercices athlétiques et sportifs, probablement aussi des secrets d’une longue expérience qu’il aurait été intéressant de publier. Nous rendons un juste hommage à la mémoire d’un homme de bien oublié comme tous lesprécurseurs d’un mouvement auquel le public n'était pasencore préparé.

Paz, élève de Triât, reproduisit son gymnase en 1868 et enseigna sa méthode ; les Soleirol, les Daily, les Alix, les Dusart, les de Jarry le suivirent tandis que Laisné et Pascaud, derniers disciples d’Amoros, continuaient sa tradition.

Dé Jàrrÿ de Bouffémont conquiert la région de l’est par son activité d’apôtre ; Laisné, s’inspirant de Clias, ajoute le chant, la musique, la danse et la callisthénie pour mettre l’exercice à la portée des jeunes filles. Paz fut envoyé en. mission en Belgique, en Hollande, en Allemagne et en Suède* et contribua à son retour à introduire la gymnastique dansles écoles publiques (décret du 18 juillet 1868)*.

Duruy .était un homme convaincu, il envoya le D r Hillairet: en mission à l’étranger. Son rapport très complet condamne la gymnastique amordsienne comme manquant de base scientifique. Dur:uy t ,ne voulait pas faire des bacheliers, mais des hommes. Il nomma des Commissions permanentes pour s'occuper de la question; la valeur des rapporteurs Bérard, Bouvier, Hillairet indique suffisamment la qualité de leurs travaux. Le diplôme de maître de gymnastique fut créé par un decret de 1869, et la gymnastique fit dès lors partie des programmes des écoles primaires, des lycées et écoles normales d'instituteurs avec un programme détaillé dés exercices.

Gymnase Triât qui existait avenue Montaigne en 1850.

La guerre de 1870 interrompit ces travaux, mais Jules Simon les reprit; des manuels d'exercices, dont un pour les filles, furent rédigés ; on y voit l’influence prédominante du D r Daily déjà si partisan des exercices respiratoires.

Le sénateur Georges rend, par une loi du. 27 janvier 1880, la gymnastique obligatoire dans renseignement mais Paul Bert remplace la Commission de gymnastique par la Commission d’éducation militaire et civique. Alors sont organisés les bataillons scolaires qui-furent ensuite abandonnés après avoir demandé de gros frais d'installation et n’avoir été qu’un fantôme de réforme.

Jules Ferry précise dans les circulaires aux recteurs ce que doit être uri enseignement gymnastique dans Les établissements publics et un mouvement sportif et scientifique se produit alors. Corra et Demeny fondent le cercle de gymnastique rationnelle en 1380 et ouvrent aux professeurs et instituteurs les premiers cours de physiologie appliqués à l’exercice. Une subvention de la ville de Paris leur permet de publier un bulletin du cercle : VEducation physique,, qui est envoyé gratuitement pendant six années aux institut< ni- de la Seine. En même temps des cours pratiques ont lieu dans le local du Cercle aux Ternes, et des' reehereh.es expérimentales commencent (1).

Les résultats obtenus engagent le physiologiste Marey à créer avec M. Demeny la station physiologique du Parc des Princes ; de ce laboratoire, rattaché au Collège de France et dirigé par M. Demeny pendant quinze années, sortiront les travaux les plus exacts sur les mouvements et la locomotion de l’homme. Les procédés les plus précis de la méthode graphique et chronophotographique, le cinématographe luimême, viennent de ces deux auteurs.

La comparaison et l’étude des sujets d’élite devinrent faciles, les discussions entre praticiens tombèrent devant l’analyse exacte des faits et la précision s’introduisît enfin

(1) Voiries articles dela France 17 octobre 1880; l’Evénement du 4 décembre 1880 ; la Tribune médicale , 19 septembre 1880 ; le Bulletin de la ville de Paris du il décembre 1880 ; la Gazette de Neuilly, du 26 septembre 1880

l'initiative privée

dans des questions soumises ëncore à l’influence du sentiment et de l’opinion.

Le plan d’études comprenait surtout des expériences sur les effets de l’entrainement chez l’homme et la recherche de la meilleure utilisation de la force musculaire dans toutes les applications (1).

Lés résultats de ces recherches furent très nombreux et très importants ; c’est sur eux que furent basées les réformes de l’éducation physique dans l’Université et dans l’armée. On assiste* en effet, depuis cette époque à un mouvement très actif; des arrêtés, des décrets se suivent coup sur coup et sont la conséquence de ces travaux.

L’initiative privée n’était pas restée en dehors de ce mouvement général. La première société de gymnastique fut fondée en Alsace à Guebwiller en 1880 et l’Union des sociétés de gymnastique de France date de 1873. Sous l’impulsion et la direction de Ziégler, Paz, Paul Christmann Sansbœuf, Félix Faure et Charles Cazalet elle a pris un développement considérable et eo more ad aujourd’hui plus de 1000 sociétés affiliées avec un effectif de 250.000 gymnastes. Elle donne chaque année une fête fédérale où sont invitées les fédérations étrangères et le chef de l’Etat. Jules Simon présida la première fête qui eut lieu à Paris en 1875.

Les sociétés de sports se créent ensuite à côté des sociétés de gymnastique et rendent les plus grands services en donnant le goût du plein air et de l’exercice naturel. Paschal Grousset avait publié un livre sur la vie de collège en Angleterre et des articles dans le Temps qui avaient été fort remarqués. Le baron Pierre de Coubertin publiait à la même époque son ouvrage sur l’éducation physique en Angleterre et ouvrait à la jeunesse française des horizons nouveaux et des plaisirs virils dans les jeux scolaires et les sports utilitaires. Diverses sociétés sportives contribuèrent à ce grand mouvement de régénération ; ce sont, en ne citant que les principales : le Stade Français, le Racing Club, l’Lift) Voir Bases scientifiques de leducation physique. Mécanisme et éducation-des mouvements (Demeny) et notes à la fin du volume.

l’école française

nion des Sociétés de sports athlétiques, le Tourîng Club de France, le Club Alpin, .’Union YélocipéJique, les Sociétés d’instruction militaire embrassant tous les jours un plus grand nombre d’adhérents et enfin les patronages..

MIvI. Smsbæuf et Sthrél y avaient organisé entre les élèves des lycées des concours où ils cherchaient surtout à conserver les traditions de la gymnastique aux appareils et en 1883 le D r Philippe Tissié avait fondé la ligue girondine de l’Education physique. Diverses écoles rivalisent ainsi pour se partager renseignement. L’Ecole sportive, l’Ecole de gymna’stiq te Aile nui le, l’Ecole éclectique qui prend tout ce qui est bon, enfin l’Ecole suédoise avec son rigorisme excessif. M. Liard, vice-recteur de l’Académie de Paris, encourage le mouvement général en dominant ces luttes quelquefois trop passionnées,

La Commission-ministérielle de 1837, réunie par l’initiative de Ma ray et de M. Buisson, était chargée de reviser les manuels de gymnastique scolaire; elle publia son travail en 18JL, le travail était précédé d’une introduction rédigée par M. Demeny, son rapporteur, et donnait déjà sur la valeur des exercices, leur choix et leurs,effets physiologiques dés notions très précisas. Les exercices de la barre fixe, du trapèze etdes anneaux étaient abandonnés, ne présentant aucun intérêt pour l’école, et les jeux et sports étaient joints à la gymnastique métho lique.

Les travaux d.3 cette commission sont résumés dans le fascicule 77 des Mémoires et Documents scolaires publiés par le musée pédagogique (1383) qui contient un rapport de Marey au ministre de l’Instruction publique, les propositions présentées par M. G. Demeny, rapporteur ; les propositions adoptées par la commission, les modifications aux programmes officiels, un rapport du D r Fernand Lagrange et un rapport de MM. Demeny et Q.iéuu sur les jeux scolaires. Le fascicule n° 43 de la même bibliothèque est un résumé de documents relatifs à l’enseignement de la gymnastique en France, une note de M. Damcny sur la gymnastique à l’étranger et un in lex bibliographique.

Le fascicule 86 relate les conditions pour le prix Bischof-

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