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—— Inversement, une fille réglée à 17 ans sera souvent, intellectuellement et affectivement, une femme, avant l'apparition de sa première menstruation.
C’est ce que MENDOUSSE exprime par cette phrase : « Une fille peut être pubère sans être encore adolescente ou après l'avoir été. » ais
— Si la puberté se produit à un âge normal, on peut encore observer une dissociation.
Dans les classes aisées, on voit assez souvent une mentalité d'enfant survivre à la maturation sexuelle, et le contraire dans les classes pauvres.
Il existe des cas de pubertés très précoces, franchement pathologiques, succédant en particulier à des encéphalites épidémiques ou morbilleuses. Elles ne paraissent pas dans la plupart des cas s’accompagner de modifications psychiques en rapport avec cette puberté précoce (1).
b) D'autre part, sous le titre « Adultisme mental et les états de maturité précoce de la personnalité », COUR- BON décrit une mentalité d’adulte chez des enfants de 12 et 13 ans : aversion et mépris pour les jeux enfantins et les livres puérils ; attrait pour les jeux et lectures d'adultes ; conception positive de la vie ; absence de l’égocentrisme illogique normal à cet âge. Ces enfants s’adonnent volontiers aux pratiques sexuelles d’adultes. Le développement somatique et sexuel de ces enfants: était également précoce dans un cas observé personnellement par COURBON ; dans: l’autre, il correspondait à son âge, non à ses tendances.
Ces enfants présentaient des anomalies mentales : fugues, prostitution, — ce qui confirme l'opinion de TRAMER.
Dans le cas que nous venons d'étudier, c’est l’ensemble de la mentalité (raisonnement, occupations, gestes sexuels) qui ne concorde pas avec l’état physique.
Dans d’autres cas, c’est une partie seulement de la
bétail, on est arrivé, par dec conditions de vie supérieures à celles , 2 s à ‘ A à
de l'animal sauvage, à avancer notablement l’éclosion de la puberté. Le sens génital ne suit par cette précocité physique. Il se manifeste plus tardivement.
aGh) Nous ne tenons pas compte des pubertés précoces par tumeurs cérébrales qui s’accompagnent de tels troubles psychiques qu’on ne peut rien en conclure, >
10 ER mentalité adolescente qui est en discordance avec le physique.
C'est ainsi qu’on peut observer des goûts sexuels à type adulte (normaux ou dépravés) chez des individus non puberes.
Nous en avons cité quelques observations à la sexualité infantile.
c) Plus que tous ces faits, il serait intéressant d’observer le comportement des sujets castrés,
soit avant la puberté : pour étudier s’ils présentent, vers l’époque où elles apparaissent chez des sujets normaux, des modifications mentales,
soit après la puberté : pour observer si se produisent chez eux des régressions rappelant la mentalité infantile.
I faut distinguer plusieurs types de castrats :
— Les eunuques orientaux : sur eux ont été réalisés, à une grande échelle, les deux types pré- et post-pubères. Ils seraient d’autant plus intéressants à étudier qu’on pratiquait une ablation des testicules, supprimant ainsi toute sécrétion interne possible. Malheureusement, dès qu’on aborde les travaux faits à ce sujet, on trouve plus de descriptions littéraires et de faits légendaires que d'observations objectives. Les auteurs ne distinguent généralement pas les castrations totales ou non. D’autre part, les avis sont souvent contradictoires.
Pour lintelligence, on trouve (Traité de Physiologie de Binet, t. XD) :
« Intelligence inférieure à la: moyenne (PÉZARD et CARIDROIT).
« Les castrats sont généralement peu intelligents. »
Ils perdraient les qualités masculines de l'esprit : initiative, pensée créatrice, invention artistique et courage.
Alors que, dans d’autres ouvrages, on fait remarquer l'intégrité intellectuelle de nombre de castrats, fréquemment conseillers du monasque.
Pour ce qui a trait à l'instinct sexuel, « on sait que l’impuissance ne tarde pas à se manifester chez les castrats >» (BUSQUET).
— Alors qu'ailleurs, on relate que les « spadones »
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(ablation des testicules, conservation du pénis), employés dans les maisons romaines, conservaient désir sexuel et puissance sexuelle.
Pour ce qui a trait aux modifications du caractère, ils seraient irritables, violents, envieux. Mais on conçoit qu’il s’agit peut-être d’une réaction bien légitime envers la société qui les a mutilés. ù
Les auteurs qui coneluent à la une de l'intelligence, la disparition totale de l’instinct sexuel, les modifications du caractère nous paraissent être surtout des physiologistes. Ils ont expérimenté sur l’animal et il est certain que chez l’animal l'instinct sexuel, le caractère, l'intelligence sont étroitement liés au fonctionnement des glandes génitales. Mais peut-être l’homme n'est-il pas comparable à un animal de laboratoire.
— L'étude des skoptzy, secte russe chrétienne où les hommes s’émasculent après la naissance du premier enfant mâle, serait plus intéressante, car on ne retrouverait pas chez eux cet élémént psychique surajouté. |
Mais ici encore les renseignements sont inutilisables.
Il en est de même des castrats chanteurs de la Renaissance.
Trois ordres de castrats observables actuellement et plus près de nous ont été mieux étudiés par des auteurs de langue allemande (LANGE et WoLr, de Berne), (et SCHIFF, de Paris, plus récemment).
— Les castrés pour lésions organiques des organes génitaux (tuberculose le plus souvent).
Ce sont des sujets idéaux, car ils sont d’un psychisme normal, et, contents d’être débarrassés d’une lésion grave, ne font pas de troubles névrotiques secondaires. De plus, il y a castration totale. Malheureusement, ces sujets sont rares (car, s’ils vont bien, on ne les voit plus), peu étudiés au point de vue physique, ou trop peu longtemps pour qu’on puisse juger des effets à longue date. Cependant, WoLr est arrivé à en étudier quelques-uns pendant des années.
— Les castrés traumatiques, nombreux depuis la guerre, mais qui, considérant leur mutilation comme un amoindrissement, font des dépressions plus ou moins durables, des névroses traumatiques, ou deviennent revendicants.
ER «De — Les castrés (vasectomie) en Suisse ou en Allemagne pour perversions ou psychopathies. Tous les sujets étudiés par Wozr, du travail duquel nous allons rendre compte, l'ont été volontairement. Wozr distingue les modifications de la sexualité, du caractère, de l’intelligence. ;
1° L'instinct sexuel, — La libido, le désir sexuel, a été diminué, parfois aboli, exceptionnellement non modifié. Si cet instinct devait être aboli, c'était dans les six mois.
L'action était presque nulle chez les schizophrènes, radicale chez les débiles mentaux.
L'influence était d’autant plus forte que le sujet était plus jeune. La libido était souvent conservée après 21 ans.
— La puissance sexuelle (aptitude à exécuter le coït plus ou moins fréquemment, et avec plus ou moins de jouissance) était toujours diminuée, allant parfois jusqu’à l'impuissance. Ici, l’état mental n’agit pas, les schizophrènes sont frappés comme les autres.
L'âge a la même influence. La puissance ne persiste qu'après 21 ans.
Ces deux éléments : libido et puissance, peuvent être frappés parallèlement. Quand il y a conservation de la première et disparition de la seconde, il peut y avoir (c'est rare) douleur morale, dépression pouvant aller jusqu’au suicide.
— L'objet du désir, représentation mentale, n'était généralement pas modifié. Cependant, certains homosexuels ont eu, souvent momentanément, des représentations féminines (MARAMON, dans un ordre d'idées analogue, aurait eu une guérison chez un homosexuel par ablation testiculaire, puis greffe d’un testicule d'homme normal. Mais il avoue aussi des échecs).
2° Le caractère — L'irritabilité serait moindre, si le sujet acceptait sa mutilation. Mais cette modification semble due à une vie plus tranquille chez les délinquants.
— Le sens moral pourrait être amélioré.
— En somme, il n’existe pas de modification du caractère qu'on puisse attribuer à la castration directement.
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— Sur les psychoses, elle n’a pas d'influence non plus.
La castration ne guérit pas la schizoïdie. Des hébéphrénies ont pu apparaître après l'opération chez des sujets déjà tarés.
3° L'intelligence n’est pas modifiée. — Il est difficile de savoir si les qualités créatrices «sont touchées, dit-il, car il n’y avait pas de sujets d’élite dans les cas étudiés.
Il paraît enfin intéressant de signaler, par analogie avec la période pubertaire, que les castrats peuvent présenter (au même titre que des individus normaux) des troubles mentaux à ce qu’on a appelé « l’âge critique », troubles mentaux qu'on attribue volontiers aux modifications génitales. On voit qu’elles ne semblent pas jouer un rôle primordial.
d) Enfin, certains faits naturels au pathologiques se rapprochent de la castration.
Faisons remarquer le peu d'influence de la ménopause sur la sexualité. Qui ne connaît au contraire la conservation, voire l’exaltation des instincts sexuels chez certains vieillards, sexualité qui, détournée comme celle de l'enfant du but sexuel, l’accouplement, rappelle aussi, comme celle de l’enfant, les perversions.
La ménopause réalise une castration qui n’est peutêtre que partielle, car si la suppression externe est supprimée, rien ne prouve que la secrétion interne l’est aussi.
C’est la même réflexion qu’on doit faire devant la parfaite conservation des instincts sexuels chez les individus à qui une orchite ourlienne, par exemple, ou une ectopie, a supprimé la sécrétion externe. L'instinct sexuel semble au contraire exacerbé, comme l’a fait remarquer OMBREDANNE ; il y aurait un balancement entre les deux sécrétions.
Pour conclure, quel paraît être le rôle de la puberté physique, ou plus simplement des glandes génitales dans les modifications psychiques de la période pubertaire ?
Il faut envisager la sexualité, le caractère, l’intelligence.
1° Sur l'instinct sexuel : l'influence de la puberté paraît indéniable. Il semble que la maturité sexuelle soit
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nécessaire, dans la majorité des cas, pour faire apparattre le désir sexuel et la puissance sexuelle.
Mais, une fois apparue, déclanchée, cette sexualité devient partiellement indépendante, de par la complexité des phénomènes psychiques qui s’y intriquent, surtout chez la femme. Citons cette phrase de BETCHEREW : « La cause première du désir est bien dans les organes génitaux, mais ultérieurement, des centres spéciaux se développent dans la moelle et le cerveau, et alors, l'acte se complique d’influences psychiques, qui placent le désir sexuel dans une certaine indépendance vis-à-vis des organes génitaux. » « Il est vraisemblable que les organes génitaux, par leurs hormones, érotisent le système nerveux. »
On peut ajouter que l'influence des glandes génitales semble d'autant moindre, cette érotisation obtenue, qu’on s'élève dans la série animale. Très importante chez les animaux, où ne survit aucun instinct sexuel à la castration du sujet même pubère, elle reste très importante chez l’homme qui se rapproche le plus de l’animal : l’imbécile, pour devenir presque nulle chez le schizophrène, qui s'éloigne peut-être le plus de l’animalité.
Certains faits paraissent en contradiction avec cette thèse (adultisme mental avec libido, chez des sujets non pubères), mais on peut penser qu’il se passe là quelque chose d’analogue au testicule ectopique, que la sécrétion externe manque encore, mais que la sécrétion interne, pour une cause indéterminée, a pris un fonctionnement plus important ou différent, en tout cas de type adulte (ceci n’étant d’ailleurs qu’une hypothèse).
Quant à l'influence de la puberté sur l'intelligence et le caractère, elle paraît singulièrement hypothétique.
— Ni l'intelligence, ni le caractère ne paraissent profondément transformés chez le castrat qui a accepté sa mutilation de bon gré.
— On conçoit d’ailleurs que la puberté puisse jouer un rôle tout à fait indirect sur la mentalité.
=— Tout d’abord, par la puissance sexuelle qu’elle détermine, elle pousse le sujet à sortir de cette phase intra-familiale, et à entrer dans la vie sociale. Changement d'importance, on le conçoit, et gros de conséquences, car il oblige le sujet à la lutte, à l’amour désintéressé,
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—— Par les modifications cénesthésiques qu'elle apporte, par la sensation de force nouvelle, elle peut entrainer des sentiments de satisfaction, de sûreté de soi, si elle s'effectue normalement, ou, au contraire, un sentiment de désarroi, si des discordances se produisent dans les différents éléments de la puberté physique. C'est ainsi (comme le fait remarquer WoLr) qu’une dissociation entre la libido et la possibilité d'exécuter l’acte sexuel peut être à l’origine de dépression, de tristesse, voire d’accès mélancoliques. Ces faits expliquent les anomalies mentales, passagères souvent, qu’on peut observer en cas de dissociations pubertaires.
— Un argument décisif, s’il était prouvé, de linfluence de la puberté sur l'intelligence et le caractère, serait l’existence d’un dimorphisme psychique entre les deux sexes, dimorphisme apparaissant pour la plupart des auteurs (MARAñON) à la puberté.
Nous avons vu, en effet, les principales différences alléguées entre homme et femme : esprit de logique, esprit créateur, d’un côté, esprit intuitif, de l’autre.
Certains de ces phénomènes psychiques paraissent, en effet, bien différents dans les deux sexes : amour materner, combattivité, mais il s’agit là d’une activité directement liée à la sexualité.
En ce qui concerne les autres sphères de l'intelligence, les recherches sérieuses sont difficiles et ont rarement été tentées.
Un travail de ce genre a été effectué pour établir des barèmes de travail entre jeunes gens et jeunes filles.
On a choisi des groupes d'individus des deux sexes aussi semblables que possible, par ailleurs, comme âge, milieu, éducation.
On a obtenu : des différences individuelles fortes, des différences de moyenne entre les deux sexes faibles, à l'avantage du sexe masculin. Mais, fait remarquer l’auteur qui relate cette étude, WEINBERG, il est difficile de déterminer si ces différences relèvent de facteurs biologiques ou sociaux (dès l’enfance, on différencie fille et garçon, et on les éduque différemment).
Pour pouvoir conclure certainement il faudrait, conclut WEINBERG :
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1° Comparer les facteurs psychiques de deux pays où les différences sociales sont extrêmes : la France, par exemple, et la Russie, où il existe une égalité absolue d'éducation pour les deux sexes. Si l’on observe encore un dimorphisme, il sera logique de penser qu’il est biologique. à
2° Faire, sur une grande échelle, des comparaisons entre les caractères biologiques sexuels et les facteurs psychiques. C’est ce qui a été tenté par PENDE en Italie et TouLousE à Henri-Rousselle.
En résumé, il est possible, mais non certain, que les glandes génitales aient une action sur les modalités de l'intelligence et du caractère. Il est impossible de conclure fermement à l’heure actuelle. Le rôle en tout cas de la puberté paraît réduit sur ce chapitre.
Conclusions
La puberté n’est pas une révolution ; elle n’est pas une renaissance. En réalité, depuis le moment où l'enfant vient au monde jusqu’au moment où il devient pubère, il subit une lente et longue évolution : et il serait plus juste de dire que l’enfance est une longue naissance.
Les tendances infantiles d'ordre héréditaire, les unes fortes et les autres faibles, sont influencées par le milieu, l'éducation, la censure sociale. L’action du milieu sur l'individu, les réactions de l'individu au milieu sont variables, suivant les circonstances. Ainsi se fortifient certaines tendances, alors que d’autres régressent. Peu à peu, la personnalité se constitue parallèlement au développement somatique.
La puberté marque le plafond de l'intelligence. Elle lui apporte cependant deux modes de pensées nouveaux: la rêverie imaginative et l’esprit de logique, ce qui ne modifie pas le niveau mental du sujet.
La puberté fixe le caractère ; elle ne le change pas. Elle l’aggraverait plutôt.
La puberté n'apporte pas la sexualité à l’être humain, si on ne comprend pas uniquement la sexualité comme l’aptitude à procréer ; elle la développe et la fortifie seulement. Toutefois, l’apparition à cette époque du désir sexuel peut favoriser l’action des influences extérieures bonnes ou mauvaises, et c’est alors que peuvent apparaître, sur un terrain prédisposé, certaines dépravations sexuelles. ;
Et, au point de vue physique même, on peut se demander si la puberté, ici encore, n’est pas autre chose qu’un plafond. Une à une, successivement, apparaissent les modifications physiques qui feront de l'enfant un pubère. Petit à petit, progressivement, les cellules s’approchent de leur forme définitive. — Le phénomène vraiment marquant, frappant, nouveau, chez la fille,