‹ Évolution des troubles de l'intelligence et du caractère à la pubertéChapitre 30 sur 33 · LES RAPPORTS ENTRE LA PUBERTE PHYSIQUE ET LA PUBERTE MENTALE · texte numérisé non relu

LES RAPPORTS ENTRE LA PUBERTE PHYSIQUE ET LA PUBERTE MENTALE

Une question se pose pour terminer : Y a-t-il interdépendance entre les modifications physiques de la puberté et les modifications de l’intelligence de la sexualité, que nous avons étudiées ?

On admet généralement des rapports très étroits de cause à effet entre puberté mentale et puberté physique :

Pour les uns, les modifications mentales sont la conséquence directe de la maturation sexuelle (hormones sexuelles, modification de la cœnesthésie causée par les transformations physiques).

Pour d’autres, pubertés mentale et physique sont toutes deux sous la dépendance d’une cause plus profonde (où les glandes endocrines, et l’hypophyse en particulier, joueraient un rôle considérable).

A l’opposé, on pourrait se demander si pubertés mentale et physique ne sont pas deux phénomènes indépendants, les modifications psychiques résultant :

— d’une part, de facteurs extrinsèques : modifications sociales séparant de plus en plus l’enfant de l’appui et de la contrainte familiales ;

Le

— d'autre part, de facteurs intrinsèques : l’acquis de souvenirs, de connaissances, d’expériences amassé par l'enfant devient tel que de nouvelles formes de raisonnement deviennent inéluctables ;

— et peut-être aussi d’un certain désaccord entre sa vie sociale qui se modifie et sa vie psychique : d’où insatisfaction et compensation par des processus psychiques nouveaux.

La puberté physique jouerait peut-être un rôle, mais indirectement, obligeant le sujet, par l’appétit sexuel qu’elle apporte, à modifier sa vie.

C’est par l’étude des faits que nous essaierons d’élucider la genèse de la puberté mentale, en allant des cas inbabituels aux cas véritablement pathologiques.

Les faits sont, comme nous allons le voir, contradictoires, mais il ressort d’eux une certitude, celle-ci :

Il n'y a pas de parallélisme absolu entre la puberté physique et la puberté mentale.

Déjà, TRAMER a fait remarquer cette indépendance relative entre :

Puberté somatique, — sexuelle, == intellectuelle, — du caractère,

en signalant que, en cas d’écarts trop grands entre ces différents éléments, on observe des troubles du comportement (troubles faciles à comprendre, étant donnée la discordance entre les besoins physiques et psychiques, plutôt que troubles du comportement, il y aurait anomalie par rapport à nos habitudes sociales, par exemple, désir de vie indépendante à onze ans).

L'observation confirme les données de TRAMER.

a) C’est ainsi qu’on peut observer dissociation des deux pubertés en cas de puberté sexuelle précoce ou tardive :

— Une fillette de 10 ans pubère (qu’elle soit ou non évoluée d’habitus extérieur) peut conserver une mentalité puérile, et se plaire à des jeux enfantins (1).

(1) Ce fait se retrouve chez les animaux domestiques. Letard, dans un rapport à la Société de Sexologie, signale que, chez le

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