‹ Évolution du Traitement Chirurgical du Cancer UtérinChapitre 10 sur 53 · LA NE · texte numérisé non relu

LA NE

hémostase bien réglée et la stricte application des principes de l’antisepsie. Dès lors il faut diviser l’évolution de l'hystérectomie en deux parties, d'un côté celle de la vaginale, de l’autre celle de l’abdominale. Nous allons voir comment tour à tour l’une et l’autre vont être en faveur. Pendant une première période de près de vingt années (1878-1896), l’abdominale, quoique pratiquée par quelques fervents, surtout à l’étranger, reste une opération considérée comme presque inaccessible et est par suite absolument délaissée.

Au contraire la vaginale, non sans lutte acharnée, s'affirme, comme l'opération de choix, et, après de très importants progrès de technique, laisse loin derrière elle l’amputation partielle que lui opposaient encore, en 1886, quelques partisans de l’ancien régime.

Puis en 1896, les choses changent de face ; à la suite des communications de Terrier à Ja Société de Chirurgie, la cause de l’abdominale gagne du terrain; si bien que, dès 1899, Ricard dépose au Congrès de Chirurgie un rapport en sa faveur. La vaginale est pour ainsi dire détrônée et, bien qu’elle garde des partisans convaincus ; c’est pour ainsi dire comme l'avènement de labdominaie. Nous allons d’abord, dans deux paragraphes distincts, étudier l’histoire de ces deux périodes successives.

$ 1. — Première période (1858-1896).

Lorsqu’en 1858 Freund eut la hardiesse de faire revivre l’hystérectomie abdominale totale, il utilisa d’abord la voie haute seule : se contentant « d'isoler la vessie, de lier les pédicules vasculaires en masse et de libérer le col par uneincision circulaire ; il terminait en réunissant les deux tranches vaginales après avoir attiré dans le vagin les chefs de ligatures appliquées sur les vaisseaux ». Il opéra ainsi une série de dix cancéreuses, dont sept succombèrent rapidement. C'était peu encourageant. Mais, sans se laisser démonter, il reprit le cours de ses opérations deux ans plus tard et, sur les conseils de Rydygier et de Bardenheuer, commença par la voie basse «en faisant l’incision circulaire du col pour faciliter les manœuvres abdominales. De plus, au lieu de lier les vaisseaux en masse, il employait la ligature séparée des utérines et des utéro-ovariennes et drainait par le vagin ». Une nouvelle série de dix cas fut ainsi traitée. L'année d’après (1881), il proposait en plus de compléter l’exérèse par l’ablation des ganglions.

L'impulsion étant donnée, plusieurs chirurgiens imitèrent son exemple: Hofmeyer en Allemagne, Jacobs en Belgique, etc., mais, en France, on n’était pas encore déterminé à s’adonner à une pratique dont la statistique accusait l’effrayante mortalité de

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