‹ Évolution du Traitement Chirurgical du Cancer UtérinChapitre 23 sur 53 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

Cancer du col de l'utérus. — Opérée le 12 octobre 1903.— Hystérectomie vaginale. — Sortie le r* novembre. — Au-

cune trace de récidive ni de métastase cancéreuse.

B... A., quarante-cinq ans.

Cette malade est présentée à l'Hôpital International de Paris par le D' Degoix. Elle appartient à l'administration d'un des théâtres du boulevard.

Réglée de bonne heure, mariée à vingt-deux ans, mère de deux enfants, cette malade n’a éprouvé de troubles du côté

des organes génitaux qu'après l’âge de quarante ans.

C'estalors qu’elle a éprouvé une sensation de gêne, de lassitude et que les rapports sexuels sont devenus un peu douloureux.

Veuve à quarante et un ans, elle n’a plus pratiqué le coït depuis.

Pas de ménorragies. Pas d’aggravation sensible à l’approche de la menstruation, ni au cours de celle-ci.

Depuis six mois la sensation de poids devient de plus en plus marquée et obsédante. La fatigue est mal supportée : elle exagère ie mal et détermine chez la patiente, une tristesse qui contraste avec son excellente humeur d'autrefois. Pas de déchirure de la vulve. Utérus situé à la hauteur normale. Col dur, ligneux, hypertrophié.

Le D: Degoix a donné des soins gynécologiques très suivis et malgré les pansements, une ulcération survenue sur le col, ne s’est pas modifiée.

Le toucher la fait aisément reconnaître : elle a les dimensions d'une pièce d’un franc. Elle est peu douloureuse à la pression.

Les culs-de-sac sont libres. L'utérus est sensiblement augmenté de volume. Il est mobile, mais les mouvements qu'on lui imprime sont douloureux.

L'examen au spéculum fait voir une ulcération fongueuse, saignant au moindre contact et donnant issue à un liquide sanieux. La plaie a tout à fait l'aspect d'un épithélioma ulcéré.

Plusieurs cas de cancer dans la famille et particulièrement dans la ligne paternelle. Une sœur est actuellement en traitement pour un cancer de l'utérus.

Le D: Degoix propose de pratiquer l'hystérectomie vagi-

nale, et de profiter de la concentration d’un mal encore restreint à la lèvre antérieure du col, pour obtenir, au moyen d'une exérèse rapide et complète, les meilleures chances de salut. | | :

La médication iodurée a été instituée sans résultat.

Une médication spécifique n'aurait pas eu plus de succès, puisque rien n'en indiquait l'emploi.

L'hystérectomie a été pratiquée le 12 octobre 1903. Hémostase au moyen de pinces et de clamps.

Les suites furent excellentes et il n'y a qu’à se réjouir de la décision prise, puisque l'examen histologique, pratiqué au laboratoire de l'Hôpital International, nous a donné l’indication suivante :

Plusieurs prises ont été faites sur le col et sur l’utérus, enlevés par hystérectomie vaginale. Celles qui proviennent du fond de l'organe ne peuvent être considérées comme différant de l’état normal.

Au contraire, les deux fragments prélevés l'un sur la lèvre antérieure, l’autre sur la lèvre postérieure, indiquent que la dégénérescence a les caractères de Fépithélioma pavimenteux ét cylindrique du col.

Cette malade a été suivie attentivement et revue tous les six mois.

Sa santé est parfaite : elle a repris son emploi au théâtre.

Elle s’est remariée il y a trois ans. Le coït ne donne lieu à aucun malaise. La sensation de pesanteur a disparu.

. Rien, absolument rien, ne peut faire songer à une récidive.

: La guérison date de trois ans et neuf mois.

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