‹ Évolution du Traitement Chirurgical du Cancer UtérinChapitre 24 sur 53 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

Cancer de l'utérus. — Hystérectomie vaginale. — Guérison datant de sept ans.

M'"eF...C., quarante et un ans.

Cette malade est présentée à l'hôpital International de Paris par son médecin, le D' La Roulandie. Elle a reçu ses soins depuis plusieurs mois, mais sa situation ne se modifie pas d’une manière satisfaisante au gré du médecin et de la malade ; ils me demandent mon avis.

Des troubles utérins, inconnus de la malade jusque-là, ont

déterminé un écoulement leucorrhéique de plus en plus abondant et irritant les organes génitaux externes.

Sentiment de lourdeur dans les lombes et aux aines. Ce malaise n’est pas constant; mais, en raison de l'hérédité très chargée en matière de cancers, la malade est très préoccupée de cet état.

Jusque-là sa santé était donc des plus florissantes et lui permettait de mener une vie des plus actives et de collaborer très efficacement à la marche de la manufacture dirigée par son mari.

Le col présente deux points manifestement durs : ils rappellent la résistance du fibrome. Ces deux nodosités situées l'une à droite (lèvre antérieure), l'autre dans le plan médian (lèvre postérieure), sont les deux lésions caractéristiques.

Utérus mobile, mais très notablement augmenté de vofume : sa direction générale est bonne ; à peine existe-t-il une légère inflexion en arrière.

Les annexes ne sont nullement douloureuses.

: no rene &

Dans les antécédents nous notons un accouchement laborieux, sans suites fâcheuses. Pas de fausses couches. Pas de retards dans la menstruation, pas de métrorrhagies.

En somme on ne peut mettre cet état sur le compte de la métrite, ni sur des lésions annexielles inflammatoires, ni sur une déviation. Une seule chose est à retenir : les phénomènes éprouvés par la malade et la présence de deux masses indurées sur le col.

Après examens répétés et prise d’un fragment au niveau de la nodosité de la lèvre antérieure dont l’examen au microscope concluait à une dégénérescence épithéliale, l’'hystérectomie vaginale est décidée :

La malade est près de la ménopause et elle consent à perdre ses facultés de concevoir ultérieurement.

Je pratique cette opération Le 17 mai 1900,

Hystérectomie classique : je supprime l'utérus et les annexes.

L'hémostase se fait au moyen de ligatures disposées sur trois points, de chaque côté : utérine, artère de ligament rond, utéro-ovarienne.

Les suites furent des plus simples et la malade quitta l’'Hôpital*International au bout de trois semaines le 7 juin 1900.

L'examen histologique fut pratiqué de nouveau sur les pièces anatomiques provenant de l'opération.

Les annexes furent reconnues parfaitement saines.

Aucune modification de structure du muscle utérin.

Aucune altération de la muqueuse de la cavité utérine.

Prolifération de cellules embryonnaires dans la muqueuse

de la cavité cervicale.

Hypertrophie glandulaire en certains points de cette muqueuse .

Dégénérescence épiihéliale de l'induration siégeant sur la ligne médiane de la lèvre postérieure.

Depuis je revois la malade chaque année et, le 7 juin 1907, elle venait me faire une visite de reconnaissance: c'était justement l'anniversaire de sa sortie de l'hôpital.

Il y a deux ans elle avait été prise d’une constipation opiniâtre qui avait résisté à l'emploi des purgatifs usuels. L'administration d’un drastique et une surveillance du régime alimentaire ont fait cesser cet état.

A sa récente visite, mon ancienne opérée venait me demander de me rendre compte de son état et de voir si elle devait toujours être exempte de préoccupations.

La cicatrice vaginale est très belle. Elle est souple, non irritée etles parties voisines n'offrent absolument aucune trace d’envahissement néoplasique.

Pas ombre de ganglions dans la région inguinale.

La santé générale est parfaite et la seule chose qui soit à signaler, ce sont des mouvements d'impatience, de colère, qui n'ont rien de commun avec la récidive d’un cancer de l’utérus.

Cette opérée a donc actuellement une guérison datant de sept années révolues etrien ne peut faire prévoir qu'elle soit

menacée de récidive, quant à présent.

- api OBSERVATION VII

Cancer du col de l'utérus. — Uicération de la lèvre antérieure.

Utérus en antéflexion.— Hystérectomie vaginale. — Récidive.

MeV... de IL... âgée de quarante-deux ans, vient me demander mes soins le 20 septembre 1894.

Elle accuse une sensation de pesanteur dans le bas-ventre et se plaint d’une leucorrhée que les injections vaginales prises, matin et soir, n’ont pu diminuer.

La malade a exercé avant son mariage la profession de sagefemme ; elle peut ainsi donner sur son mal des explications : très précises.

Réglée à treize ans, mariée à vingt-trois, elle a eu quatre enfants actuellement en bonne santé. La dernière a quatre ans. Pas de fausses couches, pas de dysménorrhée. Règles normales revenant de vingt-huit en vingt-huit jours. Chaque retard a été l'indice d’une grossesse au début,

Forceps au premier accouchement. Les suites de couches ont toujours été bonnes. Un seul enfant, l'aîné, a eu l’allaitement maternel.

Bon état général jusqu’à il y a six mois : depuis, léger amaigrissement. |

J'examine la malade et constate que le col est d’un volume en rapport avec le nombre de grossesses ; mais il est dur, Higneux, surtout au niveau de la lèvre antérieure.

Au voisinage de l’orifice, et sur une étendue d’une pièce d’un franc, une surface grenue, framboisée, saignante, est facile

À reconnaître au simple toucher.

NROOEES

La pulpe du doigt ne peut être introduite dans l’orifice cervical, malgré les déchirures qui existent à chaque commissure. On sent que cet orifice forme un anneau induré, surtout en avant.

La lèvre postérieure est résistante, mais à un moindre degré.

Au fond du cul-de-sac antérieur, l'index de la main droite rencontre le corps de l'utérus fléchi à angle presque droit sur le

col. La main gauche exerçant au même moment une pression en arrière du pubis, je puis évaluer la hauteur et les dimensions du corps. Il est un peu plus gros que de raison. Il est mobile dans tous les sens ; les mouvements imprimés à l'or-

gane déterminent de la douleur.

Le cul-de-sac de Douglas est parfaitement libre.

Aucune trace d’induration, ni du côté du vagin, ni entre l'utérus etla vessie. Rien entre l’utérus et le rectum.

J'apprends de la malade qu’elle n’a jamais souffert des organes contenus dans le bassin, qu’elle n'a eu ni péritonite, ni phlegmon péri-utérin, ni salpingite, ni appendicite,

L'examen au spéculum laisse voir sur la lèvre antérieure du col une plaie sanieuse, saignant au moindre contact. Le liquide sécrété n'a pas de mauvaise odeur, à vrai dire, mais il est néanmoins un peu odorant.

En avant de l’ulcération, le col est décoloré, et de teinte un peu jaunâtre.

La forme de l’ulcération n'est pas arrondie comme le toucher semblait l'indiquer, mais demi-circulaire ; elle empiète un peu sur les commissures et en avant, elle semble s'arrêter à l’entrée du col dont l’orifice a une direction transversale.

Entre l'ulcération de nature suspecte -et l'insertion .supé-

Ni Qa

rieure du vagin, il y a un espace largement suflisant pour pratiquer l’incision antérieure de l’hystérectomie vaginale.

Pas d’hypertrophie ganglionnaire dans les régions inguinales.

L'état général s'est modifié d'une manière défavorable. Le teint est devenu moins vif, mais il est loin d’avoir la teinte jaune paille.

L’amaigrissement qui s'est produit, au dire de la malade, Jui aurait fait perdre cinq kilos.

Rien de suspect dans les commémoratifs de famille. Le père et la mère sont morts à l'âge de soixante ans, d’affections aiguës (pneumonie grippale, pneumonie) ne succédant pas à une cachexie pouvant faire redouter un cancer. Pas de néoplasme chez les collatéraux.

Une sœur, plus jeune que la malade, est en parfaite santé.

Je demande qu'il soit procédé à une analyse complète de l'urine et je conclus à une intervention rapide, si aucune lésion rénale ne le contre-indique.

Avec une petite curette, je prélève quelques fongosités, pour les soumettre à l'examen histologique.

Le rer octobre 1894, je revois la malade dont l'état général ou local ne s'est pas modifié.

Pas de sucre, pas d’albumine dans les urines. Légère diminution du taux de l’urée.

L'opération s'impose et je la pratique le 4 octobre 1894.

Quand les dispositions préliminaires sont prises, deux aides maintiennent les valves qui laissent découvrir le col, deux pinces de Museux sont placées sur la lèvre antérieure.

Désinsertion du col avec les ciseaux courbes, en avant

d’abord, puis en arrière suivant une ligne d'incision circu=

Bilhaut 7

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