CONCLUSIONS
De l'étude qui précède et de la lecture de nos observations, nous ferons ressortir les conclusions suivantes :
1° Le cancer de l’utérus, malgré la gravité de son pronostic, n’est pas une affection incurable. Nos moyens d’action sont faibles maisils seront d’autant plus efficaces qu’ils auront été employés tôt. Une large exérèse praliquée pendant la première période de développement de la tumeur, c’est-à-dire quand elle est encore localisée, peut même être suivie de guérison. |
20 Le résultat d’uneintervention chirurgicale dépendant uniquement de l’heure où le mal a pu être extirpé, il est detoute nécessité de poser un diagnostic précoce. À cet effet, il est bon qu’une propagande intelligemment faite, enseigne que toute perte, si insignifiante soit-elle, même non douloureuse, et surtout faible, continue, distillante, survenue chez une femme ayant eu sa ménopause, doit avoir sa cause précisée dans le cabinet du médecin.
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3° Pourles cas douteux, il est facile :
a) Pour une lésion du col, de prélever un fragment destiné à l'examen microscopique ;
b) Pour les cas de cancer cavitaire, de faire un curettage après dilatation préalable, et de soumettre les produits ramenés, à l'examen d’un histologiste.
4° T1 faut faire table rase des opinions professées par les auteurs de la période pré-antiseptique. L’application de caustiques doit être formellement rejetée. Les sérums sont loin d’avoir fait leurs preuves. Les amputations partielles sous et même sus-vaginales ne peuvent plus être que des souvenirs. A la thérapeutique parcimonieuse, il faut substituer une intervention large et précoce qui sera l’hystérectomie totale, vaginale ou abdominale.
5° L'idéal est d'opérer tôt, avant que les cellules cancéreuses aient eu le temps de franchir la zone utérine. Dans de telles conditions, c’est l’hystérectomie vaginale qui est l’opération de choix, parce qu’elle donne d’excellents résultats, aussi bons que ceux de la voie abdominale, tout en étant beaucoup moins grave que cette dernière.
6° Pour les cas déjà avancés (infiltration des culsde-sac, col friable et excavé)l’hystérectomie vaginale peut donner parfois encore de bons résultats, mais c'est la rareté.
Viendrait-on cependant à l’adopter comme moyen de traitement qu'il ne faudrait pas hésiter, s’il est absolument nécessaire, à pratiquer une incision auxiliaire, suivie de la dissection du vagin et de l’en-
lèvement de la tumeur, en sac clos, suivant la manière de Schauta.
7° L’hystérectomie abdominale pour cancer ne sera réservée qu'à certains Cas, espérés aussi rares que possible, où la voie basse sera rendue impraticable : grosse augmentalion de volume du corps utérin, prise difficile à l'excès d'un col rongé par la tumeur, involution sénile très accentuée du vagin, étroitesse ou atrophie congénitale de ce conduit, etc., l’une au moins de ces conditions coïncidant avec un envahissement déjà marqué des traiînées néoplasiques, sans qu'il y ait néanmoins diffusion.
. Dans un cas semblable, ïl est bien indiqué de faire une ablation aussi large que possible des tissus malades et de cueillir ies ganglions qui viendraient à s'offrir à la vue ou au doigt ; mais nous repoussons toute tentative préméditée d'évidement pelvien à la manière de Wertheim et Jonnesco ; restant fidèles à la formule de Pozzi.
« A lésion petite : opération étendue ef vice versa ».
S'il y anécessité,ou indications on pourra employer la méthode mixte et faire précéder le temps abdominal d’un temps périnéal destiné à circonscrire nettement les limites. inférieures du mal par le vagin.
8 Dans les cas où le chirurgien se trouve en présence d’un cancer pour lequel toute tentative d'intervention radicale serait vaine : immobilité complète de l'utérus, induration large des parties voisines, destruction entière du col, réduction du corps de
l'organe à une simple coque remplie de fongosités, un curetiage prudent mais consciencieux, suivi de cautérisation ignée, constitue la meilleure des thérapeutiques palliatives.
Etant sans danger, ce traitement peut être appliqué à plusieurs reprises, dans l’intervalle desquelles des pansements régulièrement faits, sous forme de badigeonnages au pétrole constituent le meilleur antiseptique et le meilleur désinfectant.
Vu par le Président de la thèse :
POZZI Vu, le Doyen,
DEBOVE Vu et permis d'imprimer:
le Vice-Recteur de l'Académie de Paris,