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pratiquer le cathétérisme de la cavité utérine avec l'hystéromètre et de se guider dans cette recherche en ne mettant cet instrument en place que sous le contrôle des yeux. On écartera les parois du vagin soit avec un spéculum, soit au moyen de valves. Lorsque l'hystéromètre sera dans le col, on lui imprimera une direction différente selon que l'utérus aura été reconnu en attitude droite, en anté-flexion ou en rétro-flexion, etc.
On aura quelque peine, chez certaines malades, à franchir l’isthme, car chez les femmes âgées ce point est souvent rétréci et les cas d’atrésie sont loin d’être rares. Quand on aura franchi cette partie resserrée, on pourra pénétrer jusqu’au fond, librement.
L'important alors est de voir s’il s'écoule du liquide à la suite du retrait de la tige de l’hystéromètre. Il sera utile d'introduire une ou deux fois cet instrument, d'exercer une pression modérée sur le fond de l'utérus et d'attendre pour voir s’il s'écoule du mucus ou du pus. Dans cette dernière alternative, il est sage de dilater la cavité, de faciliter ainsi l’écoulement puis de faire un lavage intra-utérin et de donner quelques coups de ecurette tranchante appelés à détruire la muqueuse infectée.
Le chirurgien, à la veille de pratiquer une opération d'hystérectomie, par l’une ou l’autre des voies en usage, ne peut avoir trop de renseignements sur l'importance de son intervention ; ilne peut prendre trop de précautions, en vue du succès, il doit s’efforcer de réduire à leur minimum tous les risques que doit courir la malade.
La recommandation que je fais dans cette étude n’est donc pas dénuée d'intérêt et, c’est après avoir pris connaissance d'observations publiées dans la Presse médicale et après avoir constaté moi-même plusieurs cas de pyométrite par rétention, que j'en suis venu à pratiquer systématiquement l’exploration, à l’hystéromètre, de l'utérus cancéreux.
Que l’on en fasse le premier temps d’une hystérectomie, ou que cette investigation soit faite antérieurement et comme complément de diagnostic, peu importe : l'essentiel est qu'on y ait recours dans la pratique courante.
Voici une observation concluante :
Mme B...,soixante-trois ans, atteinte d’un cancer de l’utérus dont le diagnostic ne peut laisser aucun doute.
Le col est détruit en partie par un ulcère fongueux, absolument typique.
Le corps de l’utérus remonte à deux travers de doigts audessus de la symphyse pubienne.
Il n’est pas induré ; mais en raison de la nappe adipeuse qui le recouvre, il est difficile d’être bien édifié sur ses qualités de dureté ou de mollesse.
J'introduis un hystéromètre dans le col, et j'éprouve un peu de résistance au niveau de l'isthme. Après quelques tâtonnements la tige pénètre d’un seul coup dans la cavité et Je vois sourdre du pus.
J'introduis dans la même direction que l’hystéromètre une pince Jonguette dont je fais écarter les mors. Aussitôt le pus
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coule abondamment, et, j'estime à un grand verre à boire. la quantité qui s’est échappée de la cavité utérine.
Un nettoyage avec la sonde de Doléris est fait avec soin ; je fais un curettage de la muqueuse. Je lave de nouveau avec la solution à l’oxycyanure de mercure, et Je laisse une mèche de gaze, aseptique à l’entrée: de la cavité utérine, pour assurer le drainage par capillarité.
Deux jours après, je pratique l'hystérectomie vaginale et la
malade guérit dans les meilleures conditions. »
«Je conseille donc de ne jamais négliger cette pratique, et, si l'observation qui précède démontre son utilité, il suffit d’une simple réflexion pour comprendre combien elle est salutaire, lorsqu'il s’agit d'enlever par l'abdomen un utérus cancéreux ainsi contaminé.
Je lisais dernièrement l'observation relatée par un de nos confrères de province, d’un cas d'hystérectomie abdominale, où l’abcès intra-utérin s'était rompu au moment de l’application, sur le fond de l'organe, d’une pince devant servir à l’attirer dans l’incision abdominale. L'utérus s'était rompu en raison de sa friabilité et de la distension qui avait aminci ses parois ; Lout le pus s'était écoulé sur les compresses placées sur les intestins. On dut éponser en toute hâte, renouveler les compresses, néanmoins la malade guérit.
L'hystérométrie suivie d'expression du globe uté: rin peut encore être utile dans les cas où il existe dans la cavité des fongosités mal soutenues, flottan-
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tes en quelque sorte. Il y a à se demandersi un curettage préliminaire ne serait pas recommandable.
En tout cas, il me paraît indispensable de n’entreprendre une hystérectomie pour cancer qu'après avoir fait une exploration méthodique à lhystéromètre. Si les cas où le pus n’y est pas retenu forment la grande majorité, il suflit de quelques exemples de rétention pour légitimer la recommandation que je viens de formuler. »