‹ Évolution du Traitement Chirurgical du Cancer UtérinChapitre 8 sur 53 · PE AS PRE · texte numérisé non relu

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fibromes, il est encore trop tôt pour parler d'autre chose, quand il s’agit de cancer : « Je ne parle d’amputer que le col et même que la portion intravaginale de cet organe. C’est dire assez nettement que dans les cas de cancer, je repousse comme inutile ou dangereuse l’amputation de la portion sus-vaginale du col et, à plus forte raison, l’amputation du corps ou l'extirpation de l'utérus en totalité. Malheureusement ces opérations ont eu assez de vogue à une époque, pour que la triste expérience que l’on a faite de leurs résultats permette de porter sur elles un jugement sérieux et qui me parait devoir être sans appel. La mort ayant toujours été la suite de l’extirpation dela matrice cancéreuse, surtout lorsque l’ablation a été pratiquée par le vagin, il est démontré, par l'expérience la plus directe possible, qu’une opération si meurtrière ne doit pas être tentée. Est-il besoin d’ajouter qu’à ce motif tout chirurgieal de rejeter l'opération vient s’en joindre un autre d’un poids plus grand encore ? C’est de tenter une opération si grave quand on n’est pas sûr d’emporter tout le mal, lorsque quelque localisation voisine de la principale localisation dans l'utérus peut nous échapper, lorsque enfin l'affection qui l’a engendrée persiste et que rien ne nous indique que l’action en soit épuisée. Un simple traitement palliatif prolongera plus sûrement les jours de la malade et devra être toujours préféré. » Voici donc où nous en sommes en 1872. |

Cependant que la thérapeutique du cancer res-

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tait toujours au même point, d’autres tentatives intéressantes étaient faites, à l'étranger notamment, contre une tumeur voisine, mais d'ordre plus bénin du même organe : le fibrome utérin.

Le 16 janvier 184%, Charles Clay, de Manchester, voulant pratiquer l’ovariotomie, déjà admise en Angleterre, pour un kyste de l'ovaire, se trouve aux prises, par suite d’une erreur de diagnostic, avec un fibrome utérin. Il s’agissait d’une tumeur de vingt livres ; Clay ayant fait son incision abdominale ne craint pas de l’enlever. L'opération fut rapide et facile et les suites s’annonçaient comme devant être parfaites lorsque le quinzième jour, la malade succomba à la suite d’une chute de son lit.

Heath, de Manchester, perd aussi sa malade en voulant pratiquer la même opération, de parti pris la même année, avant Clay, dit Storer, après lui, rapporte Kœæberlé.

Burnham (Amérique du Nord) sauva, le premier, sa malade malgré suppuration.

En 1853 Kimball exécute à nouveau, en Amérique, une abdominale pour fibrome.

Son opérée guérit complètement.

Pourtant ces succès, propres à encourager, étaient vivement combattus, même à l'étranger. A la Société médico-chirurgicale, de Londres, on se demande si au lieu de discuter, il ne valait pas mieux abandonner définitivement toutes ces tentatives « indignes de Part et propres à le compromettre ». En France où la Chardiesse de quelques-uns brûlait de s’affirmer », l'Académie refroidit ce beau zèle. Par l’organe de

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Velpeau, elle excommunia l’ovariotomie, des « opérations justiciables, quand même les guérisons annoncées seraient réelles». Cet anathème de l'Académie paralysa l'ardeur du bistouri français et cette période d'hésitation fit perdre une dizaine d’années à la plus belle conquête de Ja chirurgie moderne. Il fallut la lecture de nouveaux succès américains et anglais pour ranimer le courage de Kæberlé et plus tard, de Péan.

Le 2 juin 1862 Kœæberlé exécuta sa première ovariotomie. Ce fut une imposante cérémonie qui, suivant les paroles de Reverdin, fut comme le « Sésame ouvre-toi » de la gynécologie contemporaine. L’année suivante (1865) il pratiqua, de propos délibéré, une abdominale, pour fibrome, dont il est ainsi en France le véritable promoteur. :

Or, notons-le, tout cela se passait avant les travaux de Pasteur, avant leur application à la chirurgie, par Lister et ses émules.

Ne convient-il donc pas de dire que cette phase de régression, comprise, pour le traitement du cancer utérin, entre 1830 et 1858, est aussi une phase de préparation, si l’on considère, comme nousledisions dans notre introduction, que, si l’on n'ose plus s’attaquer à une tumeur cancéreuse, en revanche de grands pas sont faits dans la voie de l’ovariotomie, la voie curative des fibromes, et que ces progrès, rapidement accentués, conduiront à une perfection opératoire plus grande dont l'hystérectomie pour cancer bénéficiera naturellement peu après.

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L’anesthésie commençant à entrer dans la pratitique dès 18/7, les travaux de Pasteur devant jeter bientôt un jour nouveau sur la conception moderne du champ opératoire idéal ; on peut affirmer que si rien n’est créé de neuf pour le sujet qui nous concerne, tout est en voie de préparation, et qu’on voit poindre l'aube d’une ère nouvelle dela gynécologie.

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