V. plus haut, ch. xix
autres éléments et que par conséquent elle est héréditaire. D'abord, les faits sont là qui infirment le plus souvent cette manière de voir*. Ensuite, il me semble que dans tous les cas de physiogénèse, c'est-à-dire, d'action directe d'un élément chimique sur tous les éléments du corps considérés comme indépendants les uns des autres, la variation obtenue nest pas héréditaire, la modification des œufs nest pas réversible. Un exemple immédiat de cette manière de voir est l'alcoolisme. L'alcool attaque tous les éléments du corps, y compris les éléments reproducteurs et cependant, les fils d'alcooliques sont fous ou épileptiques, mais jamais alcooliques. Il n'y a à pouvoir retentir sur les éléments génitaux, de manière à donner une modification réversible, que les variations qui sont répercutées sur tous les éléments histologiques par suite de la nécessité d'une corrélation nouvelle en rapport avec une coordination nouvelle guidée par les circonstances extérieures.
Je ferai la même remarque, au sujet du dernier cas étudié par M. Delage, des caractères acquis par les conditions •de vie: « Ici, comme dans les cas précédents, il n'y a pas transmission de l'influence somatique, mais action directe et similaire à la fois sur le germen et sur le soma-. » C'est bien la négation du rôle de la corrélation et, je le répète, dans tous les cas de physiogénèse, la variation qui atteint les éléments sexuels nest pas réversible, comme le prouve si bien le cas de l'hérédité alcoolique. Aussi restéje fort étonné de trouver, au paragraphe suivant, l'affirmation que, « en résumé, toute modification somatique se traduit par une modification du germen corrélative et rigou-
1. Je ne veux pas nier du tout la possibilité de la transmission héréditaire de l'immunité ; j"ai même essayé d'expliquer ailleurs comment l'immunité pouvait devenir spécifique par sélection naturelle {Bacléridie charbonneuse, p. 157) ; mais si l'on admet la manière de voir de M. Delage, celte transmission doit avoir lieu toujours quand les parents sont réfractaires au moment de l'accouplement, ce qui n'est pas vrai.