‹ Evolution individuelle et héréditéChapitre 108 sur 117 · Delage, op. cit., p · texte numérisé non relu

Delage, op. cit., p

366 FAITS ET THÉORIES AYANT IJAPPORT A l'hÉRÉDITÉ

Je continue la discussion de l'hérédité des caractères acquis dans la théorie des causes actuelles :

« Pour les maladies, dit M. Delage, notre théorie explique l'hérédité de tout ce qui dépend des atteintes portées à la constitution du protoplasma cellulaire, pendant un temps suffisant. Or, c'est précisément cela qui est héréditaire en dehors des transmissions directes de microbes ou de toxines, qui sont hors de la question. Ainsi, dans la variole, on observe deux choses : d'une part, un cortège de symptômes divers, une éruption de pustules, de cicatrices ; d'autre part, une immunité plus ou moins durable. Les premières ne sont pas héréditaires, et cela se conçoit •, car elles sont fugaces ou sans influence sur les cellules profondes ; la dernière est l'effet durable des substances immunisantes, agissant sur l'organisme pendant un temps suffisant pour les influencer ; elle peut donc avoir un effet semblable sur les substances identiques de l'œuf ; et celles-ci, en se développant dans les cellules de l'organisme futur, leur conféreront la même immunité pour le même temps ~. »

Ici encore, comme dans tous les cas précédents, l'auteur de la théorie des causes actuelles nous donne une vue incomplète des choses parce qu'il restreint la signification de la corrélation générale. J'ai montré plus haut^ comment cette corrélation permet d'expliquer l'immunité dans le cas le plus général : M. Delage veut voir dans le phénomène de vaccination l'influence directe d'une substance vaccinante sur tous les éléments du corps, quelque chose dans le genre de ce que Gope a appelé la physiogénèse '■*■ ; il admet que cette substance agit sur les œufs comme sur les

1. Il n'est pas le moins du monde impossible qu'elles soient héréditaires, comme toute mutilation peut l'être, mais ne l'est pas toujours.

Page 1