L ASSIMILATION
Dans le sang d'un animal charbonneux (condition n«> 1), les bactéridies se multiplient rapidement ; il suffit d'en inoculer quelques-unes à un mouton sain pour que, au bout de quelques jours, l'animal meure rempli de millions de bactéridies semblables aux premières ; ces bactéridies proviennent de réactions entre les substances plastiques a des bactéridies inoculées et les substances Q empruntées au mouton :
a -j- Q = Xa + R
est l'équation de l'assimilation, ou manifestation de la vie élémentaire à la condition n» 1, X étant un coefficient supérieur à l'unité, quelque court que soit le temps pendant lequel l'assimilation s'est produite. R est un terme qui comprend des substances variables avec la nature du terme Q, c'est-à-dire que, si la condition n° 1 peut être réalisée de plusieurs manières pour la bactéridie, les produits accessoires des réactions d'où résulte l'assimilation sont différents pour les différents milieux de culture. Or, parmi les substances du terme R, il y a des matières plus ou moins résistantes, visqueuses ou solides qui encroûtent la masse
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des substances plastiques de la bactéridie et lui constituent une membrane. Suivant la nature de cette membrane (et sa nature pourra varier, nous venons de le voir, avec celle du milieu de culture), les filaments, formés de bactéridies soudées bout à bout (par un ciment de substance R), seront plus ou moins capables de résister sans se rompre aux influences mécaniques extérieures. C'est pour cela que la longueur des filaments, résultant de la soudure bout à bout des bactéridies, est variable avec le milieu; dans le sang d'un animal charbonneux, il n'y a jamais plus de 4 ou 5 bactéridies réunies en chapelet ^ ; il peut y en avoir des centaines dans un milieu directement oxygéné 2.
L'influence morphologique des substances R sera d'une grande importance à cause des différences possibles entre les milieux réalisant la condition n° 1 . On peut avoir :
Ri et R2 étant différents si Qi et Q2 le sont, une assimilation rigoureuse pourra donner, avec le même point de départ, des résultats morphologiques différents dans des milieux différents C'est ce qui a amené certains auteurs à croire que le changement d'alimentation doit influencer l'assimilation elle-même. J'ai déjà insisté ailleurs^, à ce sujet, sur la nécessité de savoir distinguer les substances plastiques a des substances accessoires R qui peuvent encroûter la masse véritidjlement vivante des plastides; je reviens un instant sur ce sujet qui est d'une importance capitale pour l'étude de Thérédité.
Considérons par exemple la membrane cellulaire m d'un
1. Cela peut tenir aussi à l'agitation constante due à la circulation du sang, mais alors nous avons là un cas intéressant de variations morphologiques d'une agglomération poiyplastidaire suivant les conditions mécaniques réalisées dans le milieu.