Voyez ch. xvi
272 FAITS ET THÉORIES AYANT RAPPORT A l'hÉRÉDITÉ
adulte est définitivement obtenu, unité de race entre les éléments. Dans le cas de l'être double formé d'une mère et de son fœtus, il est donc tout naturel que la race tende à s'unifier entre les éléments des deux individus unis ; et, comme la gestation est longue, cette unification peut être assez avancée au moment de l'accouchement pour que les autres éléments sexuels de la mère aient acquis beaucoup des caractères de la race du père, et les conservent assez longtemps.
De sorte que la mère elle-même, par le fait de sa gestation, acquerrait dans tous ses tissus quelques-uns des caractères de la race du père. « Mais, dit M. Delage, on ne voit pas que la mère revête elle-même ces caractères ^ » C'est que, par suite de l'état résistant du squelette de la mère adulte, ces caractères entrent dans la catégorie de ceux que j'ai appelés plus haut spécifiquement acquis mais morphologiquement latents ~. Et d'ailleurs ne cite-t-on pas souvent le cas d'une ressemblance assez vague acquise à la longue par deux époux qui ont eu beaucoup d'enfants ?
Il y a autre chose; on ne pense pas le plus souA''ent, quand l'utérus débarrassé de son fardeau reprend plus ou moins ses dimensions normales, on ne pense pas, dis-]e, qu'il puisse lui rester de trace bien précise de la gestation passée. Cependant, il ne faut pas oublier que les substances squelettiques ne se détruisent pas ; le squelette qui s'est construit dans l'utérus pendant la gestation ne disparaît pas; il se replie pour ainsi dire sur lui-môme, mais qu'une nouvelle gestation se réalise, et ce squelette persistant en modifiera les conditions et les rendra plus semblables à celles de la grossesse précédente.
Enfin, si le fœtus a une influence sur la mère, la mère a aussi, indépendamment de l'hérédité, pour les mêmes raisons de corrélation, une influence sur le fœtus, c'est-à-
• 1. Delage, op. cit., p. 365.