Voyez plus haut, chap. ix
ment non. Elles sont figées dans leur forme par leur squelette ; mais les nouveaux bourgeons qui vont se formel' donneront des feuilles ondulées épineuses à cause de leur condition topographique .
L'expérience sera encore plus frappante, si, au lieu d'en faire une bouture, je greffe à la base même de l'arbre le rameau détaché de la cime.
Réciproquement, je détache un petit rameau à la base et je le greffe à la cime du même arbre dans la région à feuilles ovales régulières. Les feuilles préexistantes, ondulées épineuses, resteront ondulées épineuses jusqu'à ce qu'elles meurent par envahissement squelettique *, mais, au bout de quelque temps, les feuilles qui proviendront des nouveaux bourgeons poussés sur le rameau greffé seront ovales régulières-. Ceci prouve la nécessité, surtout pour les espèces à encroûtement squelettique rapide, de bien tenir compte, pour s'expliquer la morphologie d'un organe, des conditions dynamiques réalisées au moment précis où cet organe se construit. Nous aurons à revenir sur cette remarque dans l'étude de la cicatrisation; il ne faut jamais oublier que l'individu est fonction du temps ; cet oubli est la source de l'erreur individualiste, comme nous le verrons souvent dans le prochain chapitre.