Voyez p
nisme, des conditions semblables à celles où a pris naissance le plastide initial a, il s'y accumulera des plastides analogues à lui, de même que les bactéridies atténuées redevenaient analogues aux bactéridies virulentes ancestrales, quant à la propriété de virulence, c'est-à-dire à l'aptitude à prospérer dans un organisme animal ; ici les plastides accumulés en P sont analogues au plastide a quant à la propriété de pouvoir trouver la condition n° 1 en dehors de l'organisme maternel.
Ainsi donc, s'il n'y a eu que variation apparente, il se produira au point P des plastides identiques à a ; s'il y a eu variation quantitative, il se produira au point P des plastides analogues à a, mais pouvant en différer quelque peu au point de vue de la proportion des substances plastiques.
Quand il s'agissait de la bactéridie charbonneuse, nous avons vu que le retour à la virulence était possible tant que la bactéridie atténuée restait virulente pour la souris d'un jour. Si la bactéridie avait été complètement dépourvue de virulence (ablation totale de la substance hypothétique 6), nous ne savons pas si elle n'était pas condamnée à la mort élémentaire ; les expériences de mérotomie semblent prouver que si ; dans tous les cas, il est bien probable qu'une telle bactéridie n'aurait plus été susceptible de retour à la virulence.
Dans les êtres polyplastidaires, nous avons été amenés à considérer que certains éléments histologiques sont devenus incomplets^ c'est-à-dire ne peuvent trouver la condition n« 1 que grâce à un autre élément (l'élément nerveux) qui lui fournit momentanément une substance complémentaire ^ Naturellement il est à prévoir que de tels plastides incomplets ne pourront jamais redevenir plastides initiaux et c'est en effet ce qui résulte des recherches histologiques faites jusqu'à ce jour.
1. Voyez plus haut, ch. xi, et Théorie nouvelle de la u/e, op.cit.(F.Alcan).
138 l'hérédité chez les êtres polyplastidaires
Donc, en résumé, il peut y avoir doux cas dans l'hérédité :
Hérédité absolue, c'est-à-dire identité parfaite entre les plastides produits au point P et le plastide initial a, s'il n'y a eu que variation apparente dans les bipartitions suc- <;essivos, série continue de conditions n" 1 ;
Hérédité approximative, c'est-à-dire analogie mais non identité quantitative entre les plastides produits au point P et le plastide initial a, s'il y a eu variation quantitative dans les bipartitions successives, alternatives de condition n" 1 et de condition n" 2.
Le second cas semble plus fréquent que le premier ; il est probablement très rare que le fils soit identique au père (indépendamment de l'éducation').
Mais je considère les plastides accumulés au point P ; le plus souvent, ils proviendront, à la condition n" 1, après l'adaptation réalisée, d'un seul ou d'un petit nombre d'éléments adaptés, et tous ceux qui dériveront du même élément adapté seront identiques (ressemblance absolue entre frères d'une môme portée parthénogénétique ~).
Tout ce que nous venons de voir nous porte à considérer le plastide initial comme une sorte de type quantitatif moyen, dans lequel aucune substance plastique ne l'emporte considérablement sur une autre et qui, par conséquent, se trouve à la fois, et moins exigeant pour sa condition n"* 1, comme le prouve son aptitude à prospérer en dehors de l'organisme maternel 3, et plus propre à
1. Naturellement, puisque nous considérons ici l'hérédité d'œuf à -œuf et non l'hérédité d'adulte à adulte qui gène l'exposé général des faits à cause de la superposition des phénomènes d'hérédité et d'évolution individuelle. Voyez cependant plus haut la définition la plus Jarge du mot éducation.
2. Ou même d'une portée fécondée, si tous les spermatozoïdes fécondateurs étaient, comme les ovules, issus à la condition n» 1 d'un même plastide adapté (voir les hasards de l'amphimixie dans Traité de Bioloçiie).
3. Cette aptitude provient aussi dans une certaine mesure de la ■quantité considérable de substances de réserves, résultant de la con-
donner facilement tous les autres tissus par variation quantitative.
La plupart des auteurs ont été amenés, par des considérations différentes de celles qui nous ont guidés jusqu'à ce point du présent ouvrage, à envisager également l'œuf comme une sorte de t^q^e moyen de plastide.
Milne Edwards considérait les œufs comme des cellules non différenciées.
J'emprunte à M. Delage ^ le passage suivant :
« L'œuf nous paraît avoir des propriétés très simples, parce qu'il n'en a aucune prédominante au point de constituer une fonction spéciale, mais il a les rudiments de toutes 2 ; il est un peu contractile comme la cellule musculaire, un peu excitable comme la cellule nerveuse ; il forme en son sein certains produits comme la cellule glandulaire. Je ne vois pas que la cellule glandulaire soit plus compliquée parce que son pouvoir sécréteur sera devenu univoque et se sera accru, aux dépens d'ailleurs de ses autres propriétés, ni la cellule musculaire parce qu'elle aura produit dans son sein de la myosine qui y reste et y manifeste ses propriétés spéciales proportionnellement à sa masse au lieu de telle ou telle autre substance à propriétés moins frappantes. 11 est probable que l'œuf contient au moins un certain nombre des substances chimiques principales de l'organisme futur 3, et que la différenciation chimique ne repose pas seulement sur la fabrication de substances nouvelles ^ par dédoublement des anciennes ou par fixation sur celles-ci de groupes chimiques empruntés aux
dition n» 2 d'éléments voisins, et permettant à l'œuf de réaliser sa condition n" 1 dans un milieu pauvre ; on pourrait même se demander si ce n'est pas l'accumulation abondante de réserves dans la région où se forment les œufs qui détermine l'adaptation spéciale des plastides qui deviennent reproducteurs.