‹ Evolution individuelle et héréditéChapitre 52 sur 117 · Voyez p · texte numérisé non relu

Voyez p

ioppement conduisant à A. C'est ce qui arrive pour les êtres inférieurs, pour les colonies de protozoaires ou de protophytes, comme les colonies de bactéridies charbonneuses par exemple.

Mais tel n'est plus le cas dans les espèces supérieures ; il y a de telles variations, au cours du développement, que l'on ne peut ne plus considérer, au bout de quelque temps, aucun plastide comme étant identique à a.

Ces variations peuvent être simplement des variations apparentes dues aux conditions mécaniques réalisées aux liivers points de l'agglomération polyplastidaires, mais elles peuvent aussi être des variations quantitatives, et elles le sont certainement en effet dans le cas de quelques tissus...

Pour des éléments qui n'auraient subi qu'une variation apparente, la conclusion suivante s'impose immédiatement: dès que, dans l'organisme polyplastidaire, se réaliseront des conditions analogues à celles dans lesquelles s'est formé le plastide initial a (et il ne faut jamais oublier qu'il s'est formé dans une agglomération de plastides de son espèce^, précisément comme celle qui résulte maintenant de son développement) les éléments qui ont subi une simple variation apparente redeviendront identiques au plastide initial a dont ils n'ont d'ailleurs jamais différé quantitativement ou qualitativement.

Mais c'est faire une hypothèse gratuite et que les méthodes de la chimie moderne ne nous donnent pas le moyen de vérifier puisque nous ne savons pas faire l'analyse complète des substances plastiques, que d'admettre une simple variation apparente dans quelques-uns des éléments histologiques, où, en d'autres termes, de considérer certains éléments histologiques comme dérivant du plastide initial par une série ininterrompue de conditions n» 1.

1. Voyez plus haut la définition de l'espèce des plastides, p. 58.

136 l'iié[iédité chez les êtres polyplastidaires

Plaçons-nous donc clans le cas plus général * où nous supposerons que tous les éléments histologiques ont subi diverses variations quantitatives, comme cela a lieu pour une culture de bactéridies charbonneuses souvent réensemencée sans précautions spéciales; a,, Qj..., a^ seront quantitativement différentes de a; mais, précisément, la comparaison avec les bactéridies charbonneuses va nous donner la clef des phénomènes d'hérédité.

Rappelons-nous en effet le retour à la virulence ^ d'une culture de bactéridies atténuées dans laquelle il n'y avait plus aucune bactéridie \drulente (ce qui rcAdent à notre cas actuel de a^ a^..., On, tous différents de a). Nous injections ce mélange dansunétreoùde nombreuses conditions n» 2 permettaient de nouvelles variations quantitatives, et où, en même temps, une sélection naturelle s'opérait dans le sens de la virulence (c'est-à-dire, précisément, de l'aptitude à prospérer dans le milieu vivant considéré).

Dans le cas actuel, ces conditions sont sans cesse réalisées dans l'animal en voie de développement ; il se produit constamment diverses conditions n" 2, alternant avec des conditions n» 1, et déterminant ainsi des variations quantitatives guidées sans cesse, comme nous l'avons vu 3, pur une sélection naturelle qui adapte chaque tissu aux conditions mécaniques et chimiques existant en chaque point.

Quand donc seront réalisées, en un point P de l'orga-

1. Dans toutes les lignes qui vont suivre, je m'abstiendrai, avec intention, de toute considération relative à l'hérédité des caractères de race qui fera l'objet du chapitre xv. Je ne veux établir dans le chapitre actuel que l'hérédité des caractères spécifiques, et c'est pour cela que je laisserai avec intention dans l'ombre, pour le moment, les chances de ressemblances individuelles entre les enfants et les parents en exagérant de parti pris la possibilité des différences quantitatives entre l'œuf fils et l'oeuf père par suite d'alternatives de condition n" 1 et de condition n" 2.

Page 1